Actualité du 2 décembre
09 (SurviT-anguka)
Burundi-politique
Le CNDD-FDD encourage ses militants à l’obstruction
de la justice
Bujumbura le 2 décembre 09 SurviT-anguka)
L’un des réflexes cruels et ataviques pour les leaders
du parti présidentiel au Burundi (CNDD-FDD) est de s’empresser
pour couvrir leurs militants percutants, auteurs avérés
des crimes horribles et naturellement insoutenables. Les exemples
sont légion : après le carnage de Muyinga où plusieurs
militants présumés de l’ancien mouvement rebelle
FNL-PALIPEHUTU ont atrocement péri, le superviseur notoire,
en l’occurrence le colonel Vital Bangirinama, ancien commandant
de la 4ème région militaire (Muyinga), a gaillardement
pris le large sous l’œil bienveillant des autorités
qui lui avaient préalablement facilité l’accès
aux documents de voyage.
De nombreux autres cadres du CNDD-FDD
ont remarquablement siphonné la caisse de l’Etat avant
de se barrer, sans que le pouvoir ne sourcille. D’autres
encore tuent impunément, au vu et au su de la population.
Le plus révoltant est qu’au lieu de déplorer énergiquement
cette attitude, les leaders du parti qui contrôlent l’Etat
burundais incitent leurs nombreuses brebis galeuses à se
rebeller, en l’occurrence contre la justice.
La récente
et néanmoins tardive sortie médiatique de Jérémie
Ngendakumana, président de ce parti à sortir, illustre à suffisance
cet esprit de rocher et de rébellion qui, selon toute logique
est ontologiquement consubstantiel au CNDD-FDD. Parlant de la mort
de Salvator Sabiriho, un citoyen ordinaire de la province de Kayanza
qui a récemment subi une mort extraordinaire, frappé à mort
par les policiers qui assurent la garde du gouverneur de Kayanza,
Jérémie Ngendakumana suscite un tollé d’indignation
en invitant le gouverneur Senel Nduwimana de refuser obstinément
de collaborer avec la justice.
« Si c’était
moi, je ne dirais rien au magistrat, car un civil ne donne jamais
des ordres aux policiers ou aux militaires ; c’est ainsi
que le gouverneur de Kayanza ne devrait pas s’inquiéter
outre mesure », déclare-t-il. De tels propos font
froid au dos, surtout lorsqu’ils sont recueillis de la bouche
d’un responsable du parti présidentiel. En effet,
le gouverneur indexé a ostentatoirement ordonné aux
policiers qui assurent sa garde de frapper sans ménagement
Salvator Sabiriho.
Ce dernier est mort suite aux coups et blessures
qui lui ont été ainsi infligés et Jérémie
Ngendakumana banalise le dossier et dédouane a priori le
gouverneur, le dressant contre la justice. Pourtant, comme chacun
sait, le gouverneur de province et l’administrateur communal
sont responsables des éléments de police qui sont
détachés pour assurer leur protection. Le président
de la République est lui-même un civil qui commande
au sommet tous les corps de défense et de sécurité au
Burundi. C’est ainsi que les propos di patron du CNDD-FDD
sont vides de sens mais riches de révélations par
rapport aux réelles intentions du parti qui commande.
Sale temps pour le parti UPD
Bujumbura le 2 décembre 09 SurviT-anguka)
Le parti UPD-ZIGAMIBANGA fait certainement ombrage au parti présidentiel
CNDD-FDD. Déçus par son échec total, une bonne
frange de bons éléments migrent déjà vers
l’UPD. Pour les en empêcher, l’ancien mouvement
rebelle CNDD-FDD les tue ou, dans le meilleur des cas, les met
au noir.
C’est ainsi que l’ancien ministre Jean Bigirimana
et le conseiller principal du président de la République
Baudouin Ribakare viennent d’être mis à l’écrou.
Bien qu’ils aient les mêmes chefs d’accusation
que Hussein Rajabu, ils étaient libres depuis plusieurs
mois, simplement parce que le parti présidentiel attendait
leur repenti. Ils ont déclaré la flamme à l’UPD.
Tant pis pour eux.
Le peu de militants qui s’accrochent encore
au parti présidentiel ont déclaré la guerre à ceux
qui décrochent. Notamment pour aller grossir les rangs de
l’UPD ou du FRODEBU. A Muramvya, deux personnes armées
de pistolet viennent de subtiliser le drapeau de l’UPD Zigamibanga
qui se trouvait à 100 mètres de l’hôtel « Bois-Fleuri » au
chef lieu de la province.
Quelques jours plus tôt, un drapeau
du même parti avait été volé vers midi
sur la colline Kanegwa en commune Kiganda par une personne non
encore identifiée qui roulait à moto. Pendant ce
temps, de nombreux tracts en circulation menacent d’abattre
une femme veuve qui avait loué une partie de sa maison comme
permanence provinciale de l’UPD au chef lieu de la province
Muramvya. Ils sont curieusement signés par un certain « Lomelo
Tuzomwica ». Au début du mois de novembre, des personnes
non encore connues ont incendié la permanence provinciale
de l’UPD au chef lieu de la province.
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