| |
Actualité du 03 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le débat sur la réforme de la constitution bat son plein
Bujumbura le 03 janvier 12 (SurviT-Banguka)
C’est le Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, qui aura suscité un torrent de commentaires sur l’imminence de la révision de la Constitution de la République.
Il y a fait ouvertement allusion dans son discours de vœux, le 31 décembre dernier. Sans être explicite sur les dispositions précises à modifier coûte que coûte,
le Chef de l’Etat évoque simplement un débat sur la réforme de la constitution. Et les acteurs sociopolitiques de s’engouffrer dans cette brèche ouverte pour donner leurs
impressions sur la nécessité de revisiter la loi organique et les dispositions particulières qui méritent de l’être.
Malgré la crise interne qui secoue son parti et dont il est indubitablement la cause, le Président de l’UPRONA, Bonaventure Niyoyankana est le premier à exprimer ses
inquiétudes. « La constitution de la République est notre loi organique qui s’inspire de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation, si nous devons la retoucher
en remettant en cause les acquis d’Arusha, ce serait très dangereux pour la société burundaise car cela pourrait raviver le conflit ethnique qui commençait déjà à
s’apaiser », explique le président de l’UPRONA et député de ce même parti, élu dans la circonscription de Gitega.
Sans être ouvertement contre l’idée d’une éventuelle révision de la constitution, le vice-président du parti FRODEBU, Frédéric Bamvuginyumvira, estime que
le Chef de l’Etat aurait dû être précis sur les dispositions de la Constitution qui méritent d’être revues. « Nous pensons que certains aspects de la constitution sont
à revoir car on se pose déjà la question de savoir s’il ne faudrait pas un premier ministre en lieu et place des deux vice-présidents, s’il faut garder le système de
listes bloquées, de bulletins uniques, on se pose aussi des questions sur le fonctionnement de la CENI, etc », déclare le N° 2 du FRODEBU.
Contrairement au président de l’UPRONA, Frédéric Bamvuginyumvira ne fait aucune allusion au risque de laisser au rancart l’Accord d’Arusha et ses prescrits en matières
des équilibres ethniques dans les institutions.
C’est plutôt Pacifique Nininahazwe, Délégué Général du Forum pour le Renforcement de la société civile (FORSC), qui appuie énergiquement les propos
de Bonaventure Niyoyankana. « Nous nous inscrivons en faux contre une révision de la constitution qui bafoue les précieux Accords d’Arusha, notamment en ce qui concerne
les équilibres ethniques et de genre dans les institutions, il n’est pas encore temps de toucher ces dispositions », fait-il remarquer. En revanche, Pacifique Nininahazwe
est favorable à la révision de certains aspects de la constitution. « Nous souhaitons que la constitution intègre des dispositions qui consacrent explicitement
l’indépendance de la magistrature, car la magistrature est sous l’emprise du pouvoir exécutif, c’est pourquoi c’est Chef de l’Etat qui est en même temps président du
Conseil Supérieur de la Magistrature », poursuit le Délégué Général du FORSC.
Au delà de ces aspects à modifier, Pacifique Nininahazwe craint un éventuel agenda caché du Président burundais : « Nous avons l’habitude de voir des Chefs d’Etats
africains qui, lorsqu’ils sont au bout de leur deuxième et dernier mandat, revisitent la constitution pour s’offrir un troisième ; j’ose espérer que ce n’est pas le cas
pour Pierre Nkurunziza sinon le peuple s’y opposera vigoureusement », indique-t-il.
Actualité du 03 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le pouvoir CNDD-FDD poursuit son travail de sape des partis de l’opposition
Bujumbura le 03 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Les partis politiques de l’opposition ont décidément la vie dure au Burundi. La « nyakurisation aidant », le pouvoir est manifestement décidé de les saper
jusque dans leurs fondements. Du parti FNL à l’UPD-Zigamibanga en passant par l’historique parti UPRONA, la quasi-totalité des partis ayant pignon sur rue sont ailés ou
en voie de le devenir. Le travail de sape se poursuit.
Ainsi, alors qu’il était officiellement gardé par la police depuis mai dernier (date à la quelle le pouvoir a scindé le parti en deux ailes rivales), le bureau de la
permanence du parti UPD-Zigamibanga situé en commune urbaine de Rohero vient d’être mis à sac. Tous les équipements (machines, documents, chaises, divans, etc.) ont été
soigneusement volés. Chovineau Mugwengwezo, porte-parole du parti, se dit outré. « C’est ridicule car ces biens ont été volés sous l’œil complice des policiers qui
assuraient la garde de notre permanence hermétiquement fermée, le plus grave est que selon les témoins, ces policiers ont aidé à embarquer ces biens volés à bord d’une
camionnette, nous allons porter plainte, mais nous savons déjà que c’est un ridicule coup organisé par le pouvoir CNDD-FDD », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de
presse organisée le 2 janvier 12 à Bujumbura.
|
|