Actualité du 3 mars 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-sécurité

Inquiétant phénomène de provocation au camp Mwaro

Bujumbura le 3 mars 10 (SurviT-Banguka)

A 79 jours du début des scrutins marathon attendus cette année, le paramètre sécurité semble faire de plus en plus objet d’une spéculation politicienne tant et si bien qu’aucun fait divers y afférent n’est a priori à banaliser. Ces derniers jours, la très tendance radio Rema-FM faisait par exemple état d’entraînements de plusieurs miliciens payés par l’ancien leader du CNDD-FDD, Hussein Rajabu, pour perturber le processus électoral. Le général Alain Guillaume Bunyoni, ministre burundais de la sécurité publique a tenté de couper l’herbe sous les pieds à ces oiseaux de mauvais augure en affirmant que la situation sécuritaire est au beau fixe dans tout le pays. Mais en dépit de sa sortie médiatique, les Burundais restent toujours obsédés par l’idée de violences imminentes consécutives auxdites élections et surtout à la velléité présumée du parti présidentiel, CNDD-FDD, de les tripatouiller à défaut de les gagner démocratiquement. Aussi, dans la foulée des débats sur l’insécurité ambiante et grandissante dans le pays, l’on apprend qu’un gang de malfaiteurs non encore identifiés serait entrain de provoquer les militaires du camp Mwaro pour les inciter aux représailles génératrices de violence et de confusion. A plusieurs reprises, les militaires de ce camp situé à trois kilomètres du chef lieu de la province se sont fait agresser, de nuit, par des inconnus en tenue civile, en rentrant paisiblement dans le camp. Ils ont été battus, malmenés et systématiquement dépouillés de tout : téléphones portables, argent et même des habits. Cela s’est déjà produit au moins cinq fois de suite. Aujourd’hui, la police s’attelle aux enquêtes pour identifier les malfaiteurs. Les militaires en ont raz le bol. Ils accusent la population des alentours de complicité et d’abriter ces groupes de malfaiteurs. La situation est si explosive que les agressés risquent de s’organiser pour riposter à leur manière. Dans l’hypothèse où ce phénomène inhabituel serait politiquement programmé pour pousser les militaires aux représailles, cela risque de constituer un banal déclic pour une autre vague de violences généralisées et de règlement de compte.

Burundi – Politique

Zoom sur la situation sociopolitique et sécuritaire


Bujumbura le 3 mars 10 (SurviT-Banguka)

Les ministres de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Environnement viennent de faire un gros plan sur la situation sociopolitique et sécuritaire qui prévaut dans le pays. L’état des lieux s’est fait dans le cadre d’une réunion qu’ils ont organisée le 2 février à Bujumbura à l’intention de tous les gouverneurs de provinces. Comme prévu, le bilan publiquement brossé fait volontiers abstraction des nombreux et répétitifs cas d’assassinats, de viols, de vols à main armée et autres abominations qui sont le lot quotidien des Burundais, de la ville au fin fond du pays. Les administratifs se satisfont de la situation qui est « globalement bonne en dépit de quelques meurtres à la grenade suite notamment aux conflits fonciers ». Les trois ministres qui conduisaient les débats ont naturellement évité les questions de fond et d’actualité, liées notamment aux élections en perspectives, à la restriction des libertés politiques dont sont quotidiennement victimes les partis politiques, autres que le présidentiel, etc. L’attention était curieusement polarisée sur les prisons, comme si le pays s’attendait à des vagues d’arrestations massives. Le gouverneur de la province Ngozi a notamment demandé qu’on change les brigadiers qui assurent la sécurité à la prison de Ngozi depuis plus de 10 ans. Son collègue de la province Bururi a plaidé pour le traitement rapide des dossiers pour transférer dans les prisons centrales les criminels avant qu’ils ne s’évadent. Quant à celui de Makamba, il a regretté qu’il n’ait plus de cachots. Le procureur de la même province se plaint de n’avoir pas les moyens de transférer régulièrement les détenus à la prison de Rumonge avec le quota de 20 litres accordés par semaine. Au chapitre essentiel pour le Chef de l’Etat, en l’occurrence celui en rapport avec les infrastructures et les arbres fruitiers, les gouverneurs sont, un brin, inquiets. Les travaux sont presque arrêtés dans les provinces par manque de matériaux comme le ciment et les fers à béton qui ne sont plus guère accordés par le chef de l’Etat. Comme si les deux milliards de francs burundais gérés de façon discrétionnaire par le Président Pierre Nkurunziza s’étaient volatilisés. Voilà qui va encore donner du grain à moudre à l’association de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME).

 

 
     
     
     
     
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