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Actualité du 3 août 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-justice
Le directeur de Netpress devrait prendre son mal en patience
Bujumbura le 3 août 10 (SurviT-Banguka)
Jean Claude Kavumbagu, directeur de l’agence de presse
en ligne « Net Presse » a encore des jours à passer
dans la prison centrale de Mpimba. Alors que les magistrats
du siège devraient se prononcer sur la demande de
sa libération provisoire, voilà que le ministre
de la Justice et Garde des Sceaux vient de muter l’un
d’entre eux, en lui demandant de quitter le Tribunal
de Grande Instance en Mairie de Bujumbura pour aller prester à la
Cour d’Appel. Certainement que c’est pour les
besoins de la cause. Car dans ces conditions, la délibération
dans le dossier « Kavumbagu » n’est possible
que si le magistrat muté est remplacé. Et le
ministre de la Justice est pertinemment convaincu que le
siège ne sera pas complet avant longtemps. Car le
mois d’août correspond traditionnellement à la
période de vacances judiciaires. Ainsi, au plus tôt,
les audiences devraient reprendre en septembre prochain.
Autant dire que le directeur de Net Presse restera au noir
pendant au moins tout un mois supplémentaire. C’est
hyper malin. Espérons qu’aux premières
heures de son nouveau régime, le Chef de l’Etat
reviendra à ses bons sentiments pour ordonner sa relaxation.
Car selon de nombreux observateurs, il n’est pas étranger
aux manigances qui ont conduit le commissaire David Nikiza, « chien
de garde du pouvoir », CNDD-FDD, à l’embastiller
dare-dare sous l’accablant chef d’accusation
de « crime de haute trahison ».
Burundi-malversations économiques
Le président de l’OLUCOME ne fléchit
pas
Bujumbura le 3 août 10 (SurviT-Banguka)
C’est un autre coup de gueule de Gabriel Rufyiri,
président de l’observatoire de lutte contre
la corruption et les malversations économiques. Cette
fois, son regard inquisiteur est porté sur la régie
de production et de commercialisation de l’eau et de
l’électricité, REGIDESO. Dans le souci
de continuer à répondre à la demande
de sa clientèle en électricité même
en période de saison sèche, les gestionnaires
de la REGIDESO ont décidé de louer une importante
centrale thermique au Rwanda voisin, pour une durée
de six mois. Jusque là, l’idée est naturellement
louable. Mais au Burundi comme on le sait trop, chaque dossier
commercial est toujours doublé d’une démarche
sournoise de malversation et de détournement de fonds.
Celui là ne fait pas exception et l’OLUCOME
le subodore déjà. « C’est une affaire
qui devrait coûter près de 5 millions de dollars
américains et une partie de ce montant sera grevée
sur le budget alloué au ministère en charge
de l’énergie alors qu’une autre équivalant à plus
d’un million de dollars est à charge de la REGIDESO,
or, nous savons que cette entreprise est en difficulté sur
le plan de la trésorerie, tout semble donc indiquer
que les gestionnaires de la REGIDESO misent sur l’augmentation
exponentiel du prix de l’électricité mais
cela risque de couler toute l’entreprise», s’indigne-t-il.
Sa réaction d’indignation vient comme en écho
au tollé de protestation du syndicat des travailleurs
de la REGIDESO qui demande instamment au gouvernement d’arrêter
ce projet exagérément budgétivore. « C’est
dangereux et absurde car le prix à payer en louant
cette centrale thermique équivaut au coût de
21 centrales thermiques qui seraient alors la propriété du
Burundi », fait remarquer le président du syndicat
des travailleurs de la REGIDESO. Bien qu’il soit manifestement
impopulaire et coûteux, le projet est quasiment à terme
et les responsables de la société refusent
de faire marche arrière. Selon Célestin Nduwamungu,
directeur général de la REGIDESO, la centrale
sera déjà fonctionnelle dans deux semaines.
Je n’exclus pas que le coût du KWH va grimper
sensiblement, mais tout dépendra d’un rapport
des experts de la Banque Mondiale que nous attendons incessamment »,
lance-t-il.
Burundi-politique
Le ministre de l’Intérieur flotte, s’agissant
du dossier FNL
Bujumbura le 3 août 10 (SurviT-Banguka)
Au lendemain d’un congrès controversé,
organisé par les dissidents du parti FNL pour éjecter
le grand opposant, Agathon Rwasa, le ministre de l’Intérieur
joue les philosophes comme pour montrer qu’il n’est
encore au courant de rien. « Nous n’avons pas à nous
immiscer dans les affaires internes d’un parti politique,
s’ils organisent un congrès, quoi de plus normal
? Nous attendons le rapport de ce congrès pour voir
si la loi a été respectée et dans ces
conditions, nous prendrons acte », indique-t-il. De
leur côté, les dissidents FNL dont le fer de
lance reste Jacques Bigirimana (très applaudi lors
du pseudo congrès alors qu’il n’était
que Secrétaire Général), Emmanuel Miburo(
moyennement applaudi alors qu’il est élu président),
ont directement sorti le rapport demandé par le ministre
de l’Intérieur. Selon toute logique, le ministre
devrait alors sortir rapidement de sa réserve pour
valider le rapport et les conclusions d’un congrès
que le CNDD-FDD aura organisé de bout en bout pour
venir à bout d’un opposant gênant. Mais
les royalistes du FNL mettent en garde le ministre. « S’il
touche à nos biens acquis tout au long de trente ans
de maquis, ce sera une guerre ouverte à mettre au
dos du CNDD-FDD », déclare Alfred Bagaya, vice-président
du FNL, version Agathon Rwasa.
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