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Actualité du 3 novembre
09 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections
Le Président sortant ne rate aucune occasion pour
battre campagne
Bujumbura le 3 octobre 2009 (SurviT-Banguka)
Pour rafler la mise en 2010, le président burundais Pierre
Nkurunziza a décidé de quitter son piédestal
pour se fondre ou plutôt se confondre avec le peuple qui
donne mandat. Participation aux très controversés
travaux communautaires de samedi, descentes improvisées
en plein milieu de semaine pour planter l’avocatier ou mettre
une charpente sur une école/dispensaire en chantier, ce
Chef est une perle rare et les Burundais auraient tort de le lâcher.
L’intéressé ne rate d’ailleurs aucune
occasion pour rappeler que c’est lui ou le chaos. C’est
aussi dans cette logique d’une campagne électorale
qui ne dit pas son nom que le président burundais mobilise
des foules pour un rien, juste pour du cosmétique, mais
dans l’unique but de vendre son image. Que dire de cette
campagne dite ‘Flambeau de la paix » initiée
en 2005 et rééditée annuellement en guise
d’éloge au leader pacifiste ? La dernière édition
a été lancée le 2 novembre 2010, et dans leur
grande majorité, les Burundais n’y voient que du feu.
Car au lieu de la paix ventée, le mandat qui s’achève
a été plutôt marqué par une insécurité chronique
et grandissante, une insupportable impunité sur fond de
complicité des corps de police et de sécurité coiffés
par le Chef de l’Etat Pierre Nkurunziza. Les deniers publics
ont été affreusement pillés, tant et si bien
que les bailleurs de fonds hésitent à mettre la main
da la poche, redoutant de tout verser dans les tonneaux des Danaïdes
en raison des rapaces qui contrôlent le pouvoir. Soit. Le
président fait abstraction de cette réalité qui
crève les yeux et continue à narguer son peuple,
notamment à travers un véritable simulacre de croisade
pour la paix. Pour revenir à cette dernière édition
du Flambeau de la paix 2010, Pierre Nkurunziza a naturellement
choisi un thème très à la mode pour caresser
la population dans le sens du poils :« des élections
propres sans armes, sans enfants soldats, vers une vérité et
réconciliation du peuple burundais ». « L’initiation
de cette activité, depuis 2005, vise le rassemblement de
la population autour des idéaux nobles de réconciliation
du peuple et de préparation des élections afin qu’elles
se déroulent très bien. Elle vise aussi le soutien à la
Commission vérité et réconciliation pour que
ce processus soit guidé par la lumière », a
laissé entendre le président burundais. Cette déclaration
a au moins le mérite d’être précise sur
un point : le président burundais est en campagne électorale
depuis qu’il est au pouvoir. C’est pourquoi il organise
chaque année cette course qui brasse athlètes, militaires, élèves, étudiants
et autres corps contrôlés par le pouvoir Nkurunziza.
Et cerise sur le gâteau, le Chef de l’Etat reste magnanime,
même en courant. « Pendant dix jours de parcours de
ce flambeau dans tout le pays, du matériel de construction
sera distribué pour la construction des écoles primaires
et secondaires ainsi que des centres de santé, notamment
20.000 sacs de ciment et 42.000 tôles », a-t-il rappelé.
Burundi-sécurité
Les criminels marquent des points dans divers coins du pays
Bujumbura le 3 octobre 2009 (SurviT-Banguka)
C’est sidérant : en dépit de l’autosatisfaction
du Chef de l’Etat burundais qui s’époumone à longueur
de journée en déclarant haut et fort que plus 80%
des armes illégalement détenues par les civils ont été récupérées
au moment de la campagne de remise volontaire, les Burundais sont
quotidiennement endeuillés par ces mêmes engins, signe
qu’ils pullulent encore. Les faits sont si têtus et
avérés que même la police finit par le reconnaître
en contrariant ouvertement le président de la République
dont l’optimisme est constamment béat.
Malgré la dernière campagne de sensibilisation sur la remise
volontaire et la collecte des armes contre les outils de réinsertion
sociocommunautaire qui vient de se dérouler à travers tout le
pays et après la date buttoir de remise volontaire des armes fixée
au 28 octobre dernier, deux personnes ont été blessées
par balles dans la localité de Maramvya en commune Bururi (sud-ouest)
au moment où trois autres ont été tuées par des
groupes de criminels toujours en cavale respectivement dans la commune Gisuru
de la province Ruyigi (est), en commune Rugazi de la province Bubanza et dans
le quartier Sanzu du centre urbain de Ruyigi », indique Pierre Chanel
Ntarabaganti, porte-parole de la PNB qui déplore aussi des cas de vols à main
armée commis en commune Mwakiro de la province Muyinga (nord-est) et
au quartier Mushasha de la ville de Gitega (centre). La dernière campagne
de sensibilisation sur la remise volontaire et la collecte des armes contre
les outils de réinsertion sociocommunautaire, qui vient de se dérouler à travers
tout le pays, a permis à la Commission de désarmement de la population
civile et de lutte contre la prolifération des armes légères
et de petits calibres (CDCPA) de collecter plus de 2.000 armes de toutes catégories
et plusieurs minutions. Mais ce ne serait qu’une goutte d’eau car
selon une étude menée en 2008 par la ligue des droits de l’homme
Iteka et une autre organisation suisse, plus de 300.000 armes seraient illégalement
détenues par les civils au Burundi..
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