Actualité du 3 décembre 09 (SurviT-Banguka)

Burundi-politique

Les diplomates accrédités à Bujumbura s’inquiètent de l’enlisement de la situation des
droits de l’homme.

Bujumbura le 3 décembre 09 (SurviT-Banguka)

Le représentant du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme à réuni, le 2 décembre 09, tous les ambassadeurs et autres représentants des différents organismes internationaux oeuvrant au Burundi pour les briefer sur le tableau des droits de l’homme qui s’assombrit au jour le jour dans le pays. La réunion s’est tenue quasiment à huis clos car même les associations locales n’y étaient pas conviées pour des raisons de discrétion absolue.

La météo annonce un avis de forte tempête, au regard des éléments d’information qui ont fait objet d’échange par rapport au compte rendu de monitoring de l’évolution de la situation des droits de l’homme. Comme l’on pouvait s’y attendre, les diplomates sont unanimes à regretter la multiplicité des bavures et de dérapages maladroitement provoqués par les responsables politiques qui, même si rien n’indique qu’ils agissent sur ordre de leur parti politique (CNDD-FDD), lui font immanquablement en endosser la responsabilité.

Trois exemples majeurs illustrent cet myopie des commis de l’Etat estampillés CNDD-FDD : il y a d’abord l’assassinat de l’ancien vice-président de l’OLUCOME et vice-président de la commission d’attribution de marchés publics, Ernest Manirumva. Sa mort est sans doute liée aux investigations avancées qu’il était entrain de mener avec succès pour démasquer les coupables dans les grands dossiers de corruption et de malversation économique (marché de plaques d’immatriculation pour autos et motos, marchés des nouvelles cartes d’identité, détournement de l’aide extérieure, etc.). Au niveau de ce dossier, les enquêtes piétinent et d’aucuns y voient un manque de volonté politique.

Trois commissions ont déjà été mises sur pied et neuf personnes dont deux anciens combattants du CNDD-FDD, deux policiers, un opérateur économique et deux domestiques sont sous les verrous. Mais le grand pas qui reste difficile à franchir est de désigner du doigt les véritables commanditaires de cet ignoble assassinat. Et c’est là que le bât blesse car ce dossier implique les plus hautes autorités politiques et policières. Il y a ensuite la regrettable gaffe du gouverneur de Kayanza dont la garde policière a battu à mort un citoyen qui avait un litige foncier avec le gouverneur.

Ce dernier a visiblement et indiscutablement trempé dans ce crime. Il y a enfin l’ordonnance d’annulation de l’enregistrement du Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC). Ce dossier a aussi fait objet d’un débat nourri entre les diplomates et le représentant du Haut Commissaire aux droits de l’homme. « Rien ne peut justifier l’annulation de l’enregistrement du FORSC et comme c’est une mesure absurde, il y a lieu de lier cette décision au climat malsain qui prévaut aujourd’hui entre les associations de la société civile et le pouvoir, c’est donc une décision politique qui devrait être revue », fait remarquer le représentant du Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Burundi – Sécurité

Le ministre de la Défense se félicite de l’avancée de la réforme de l’armée

Bujumbura le 3 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Le lieutenant général Germain Niyoyankana, ministre burundais de la Défense et des Anciens Combattants est aux anges. Le projet de réforme de l’armée dont il affirme avoir toujours rêvé va son chemin. Ce baroudeur invétéré a fait ces révélations le 2 décembre à Bujumbura, à l’occasion d’un atelier d’échange sur la réforme des services de Sécurité. le haut commandement de la Force de défense nationale (FDN), les responsables des services centraux du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants, les attachés militaires accrédités à Bujumbura et d’autres acteurs de la vie nationale ont pris part à ce forum au cours duquel ils devraient échanger sur thèmes aussi variés que la réforme du secteur de sécurité dans la dynamique du changement, l’adaptation des lois et des règlements militaires, le renforcement des capacités pour une armée productive et le rôle des forces de défense et de sécurité dans le processus électoral.

Ils planchent aussi sur la mise sur pied de la nouvelle administration de la FDN, le renforcement de la gestion des carrières militaires, le respect des quotas des équilibres convenus dans l’accord d’Arusha, l’harmonisation des techniques des corps de défense et de sécurité et la poursuite du programme de démobilisation.

Mais il est difficile de débattre sur l’armée burundaise sans évoquer le feu qui y couve depuis des mois, avec comme ressort des revendications faites par les hommes de troupe et les sous-officiers notamment à travers des tracts lancés dernièrement dans la ville de Gitega (centre du Burundi). Le ministre reconnaît que la situation est explosive, mais il s’engage à la désamorcer.


 

 
     
     
     
     
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