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Actualité du 4 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi – vœux
Inquiétude et incertitude pour 2010
Bujumbura le 4 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Bien qu’ils aient procédé au traditionnel
rituel d’échanges de vœux en ce début
d’une nouvelle année, les Burundais restent largement
partagés entre inquiétude et incertitude pour l’année
2010 considérée plutôt comme une année électorale.
Comme à leur habitude, les médias locaux ont promené leur
armada de micros baladeurs pour recueillir les attentes et les
autres impressions des uns et des autres. Une bonne partie de ceux
qui ont daigné s’exprimer avait le moral en berne,
en raison notamment d’une misère sans nom qui les
assaille, de la modicité des salaires pour les fonctionnaires
et surtout des appétits gloutons de hommes et des femmes
qui sont aujourd’hui aux affaires sous label CNDD-FDD. «Le
grand problème est que ces prédateurs ne pourront
pas céder pacifiquement le témoin à ceux qui
auront été élus pour les remplacer, ils ont
tellement pris goût à l’argent volé facilement
qu’ils veulent se maintenir au pouvoir coûte que coûte,
c’est ainsi que nous restons inquiets, car l’année
que nous démarrons est une année décisive
pour le destin de notre pays », explique un quidam, croisé aux
abords de l’avenue Nicolas Mayugi, en pleine ville de Bujumbura.
Les Burundais sont conscients que pour remettre le pays sur la
voix du progrès, il faudra absolument avoir un leadership
responsable, respectueux des principes de bonne gouvernance, de
bonne gestion de la chose publique et de respect des droits de
l’homme en l’occurrence le droit à la vie. Or,
fait observer un commerçant du marché central de
Bujumbura, c’est précisément ce genre de leader
qui nous manque aujourd’hui et pour être réellement
utiles, les élections de 2010 devraient nous permettre de
dénicher ces hommes/femmes capables de remorquer le pays
au lieu de jeter au fond du précipice. « C’est
révoltant de voir que, au moment où certains Burundais
serrent la ceinture pour essayer de nouer les deux bouts du mois,
d’autres se la coulent douce en devenant des vedettes dans
les spéculations et dans le détournement des deniers
publics », ajoute un autre. Sur les plans strictement politique
et sécuritaire, nombreux sont ceux qui fondent leur inquiétude
sur les slogans et autres codes langagiers utilisés par
les militants zélés du parti présidentiel,
CNDD-FDD. Il s’agit de mots ou d’expressions qui portent
en eux-mêmes les germes de violence et de la destruction
massive. « Lorsque les leaders du CNDD-FDD crient shirira,
guguna, zirye zose n’iziri mu magi, l’on comprend aisément
qu’ils ont un projet de violence et d’élimination
physique et systématique des ennemis et quand on sait ce
qu’il y avait, en 1993, derrière les mêmes expressions
utilisées par le FRODEBU et qui charriaient la haine et
la violence qu’on a vues par après, l’on est
en droit de s’interroger sur ce qui nous attend demain »,
devise un fonctionnaire médusé.
Burundi-développement
Les députés s’en font plein les poches, s’indigne
l’OLUCOME
Bujumbura le 4 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Les commentaires sur le budget 2010 fusent encore de partout.
Les réactions les plus indignées sont particulièrement
remarquées au chapitre des indemnités et autres avantages
qui reviennent, de droit, aux députés en fin de mandat
et aux autres membres du gouvernement en fin de fonction. Ils empocheront
un magot oscillant autour de 9 milliards de francs burundais. « C’est
un vol organisé par les garants de la bonne gestion de la
chose publique et cette disposition de la loi budgétaire
montre que le développement du pays est le cadet des soucis
des dirigeants actuels, car le montant total des indemnités à accorder à ces
dignitaires en fin de mandat est curieusement supérieur à celui
qui revient aux quatre ministères, notamment le ministère
du Commerce, le ministère des Droits de l’Homme, le
ministère de la Jeunesse et le ministère de la Solidarité Nationale,
c’est franchement révoltant », indique Gabriel
Rufyiri, Président de l’Observatoire de lutte contre
la corruption et les malversations économiques, OLUCOME.
Les députés s’en font plein les poches au moment
où le gros de la population burundaise tirent le diable
par la queue. La misère assaille la population et au lieu
d’investir dans la production agricole pour garantir la sécurité alimentaire,
voilà que le gouvernement réserve une part du lion à un
petit groupe de députés et ministres qui étaient
déjà très bien payés.
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