Actualité du 04 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Burundi-justice

Des magistrats tétanisés par un prévenu armé

Bujumbura le 04 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Quoi qu’on dise, le Burundi reste un pays de tous les dangers. Un espace proche de la jungle à la Jurassic Park. L’incident survenu le 3 janvier 12 au tribunal de grande instance en province de Bubanza illustre à souhait cette bestialité postmoderne dont le Burundi reste désespérément le théâtre. Les juges de ce tribunal étaient en effet appelés à plancher sur un dossier d’assassinat.
Joël Ndereyimana, la victime, avait été tuée en juin dernier par des policiers après avoir été brièvement interpellé par un certain Guillaume Magorwa, commandant de police dans ce secteur. Il s’agissait d’un petit motard, tué dans la récente vague d’assassinats des militants percutants et présumés du parti FNL. Sa mort a vivement choqué les voisins et les proches. Et par le biais de son président, Pierre Claver Mbonimpa, l’association de défense des droits humains et des personnes détenues, APRODH, a bien prouvé qu’il avait été froidement lynché par la police sur ordre du Commissaire régional. Ce dernier devrait donc être auditionné. Comme pour rappeler aux magistrats du siège qu’ils ont affaire au serial killer, le bouillant commandant s’est rendu au tribunal armé jusqu’aux dents.
Rien qu’en l’apercevant, les juges étaient littéralement tétanisés et les avocats de la famille du disparu étaient, de leur côté, tout aussi déstabilisés par la présence d’un prévenu armé. « C’est une situation inédite qui ne se produit qu’au Burundi ; en réalité il n’y a aucun tribunal au monde qui puisse accepter qu’un prévenu dans un dossier pénal ou pas, puisse comparaître en étant armé, imaginez-vous l’esprit du juge qui doit, dans le cas d’espèce, prononcer une peine de détention à perpétuité, le prévenu est imprévisible, a fortiori lorsqu’il est armé », explique Maître Emmanuel Hakizimana, avocat de la partie civile dans cette affaire.
Enfin, le très culotté policier a refusé de s’expliquer devant le siège, arguant que vu son grade, il ne pourrait être jugé au Tribunal de grande instance.


Actualité du 04 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Burundi-sécurité

Un officier de police prend le large et dénonce la tyrannie du pouvoir CNDD-FDD

Bujumbura le 04 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Après plusieurs mois de chantage et de menace de lynchage, le colonel (OPC2) Didier Nyambariza, officier de la police nationale du Burundi (Marine) a décidé de se barrer ou se mettre à l’abri dans un pays étranger. A partir de son pays d’accueil que l’on préfère taire pour l’instant, Didier Nyambariza se lâche et déballe tous les secrets (qui ne sont plus que de polichinelle) du pouvoir sanguinaire, tyrannique et autoritaire de Pierre Nkurunziza.
Il affirme que tout remonte au lendemain des élections générales de l’année dernière volontairement truquées par le parti CNDD-FDD qui fait toujours croire au monde qu’il les a gagnées haut la main. « En réalité, la police, en particulier la documentation, me soupçonnait toujours de collaborer avec le FNL d’Agathon Rwasa et le MSD d’Alexis Sinduhije ; j’étais même faussement considéré par le pouvoir comme un officier chargé des renseignements au sein de l’ADC-Ikibiri, ils m’ont emprisonné et menacé de me tuer, je savais que tout pouvait m’arriver car dans mes fonctions d’officier de police, j’ai été témoin de plusieurs cas d’assassinats programmés et tout semble indiquer que cela va se poursuivre encore ; je préfère me mettre à l’abri mais j’en profite pour demander au Chef de l’Etat et à sa femme qui se disent chrétiens, de tout faire pour arrêter ces tueries qui ne paient pas ; je sais que de nombreux officiers de police et de l’armée nationale ont déjà rejoint le maquis pour combattre ce pouvoir et je sais aussi qu’aucune rébellion ne peut prendre le pouvoir sans l’appui de la communauté internationale, tout comme tout pouvoir auquel la communauté internationale a déjà retiré sa confiance finit par tomber, or, la communauté internationale n’a plus confiance au régime CNDD-FDD et est au courant de toutes ses exactions, il finira donc par tomber, les exemples sont nombreux, qu’on se souvienne du sort de Khadafi», lâche le jeune colonel en fuite.

Le colonel affirme avoir échappé à plusieurs reprises à des attentats prémédités et dont il connaît parfaitement les auteurs. Mais pour lui, la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase de son indignation est que la police présidentielle (Documentation Nationale) l’a récemment interpellé pour lui dire qu’il aurait aidé le major Libère Nzeyimana (un ancien officier de l’armée burundaise) à se soustraire de l’hôpital BUMEREC en mairie de Bujumbura.


 

 
     
     
     
     
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