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Actualité du 4 juin 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections
La commission électorale reste dans l’œil
du cyclone
Bujumbura le 4 juin 10 (SurviT-Banguka)
Les Burundais sont mécontents au lendemain des simulacres
d’élections communales organisées dans une
totale confusion et provisoirement gagnées par le parti
présidentiel, CNDD-FDD. Comme en témoignent leurs
différentes déclarations, plusieurs partis politiques
ont déjà retiré leur confiance à la
commission électorale nationale indépendante (CENI)
dont la partialité dans le processus est déconcertante.
C’est déjà décidé : pour eux,
la relance normal du processus est conditionnée par l’a
dissolution de la CENI et l’annulation des résultats
des récentes élections communales. Selon certaines
sources, le CNDD-FDD, rompu à l’achat des consciences
et au trafic d’influence aurait préalablement acheté les
membres de la CENI, le président au premier chef, avant
d’aller démarcher l’électeur Lambda jusqu’au
fin fond du pays. Le montant de trois milliards est souvent avancé.
C’est à ce prix que le bouillant ambassadeur Pierre
Claver Ndayicariye a dû lâcher pour laisser faire.
D’où son empressement à déclarer la
victoire du CNDD-FDD avant d’avoir eu le temps de consulter
les différents rapports des CECI. « Je demande aux
hommes politiques d’accepter les résultats du scrutin
du 24 mai, de ne pas mépriser le peuple qui a fait son choix
en toutes indépendance et liberté car c’est à eux
que revient le dernier mot et ils ont parlé ; personne n’a
le droit de les contredire », expliquait-il, un brin militant,
juste au lendemain du scrutin contesté. Le 4 juin, alors
qu’il reçoit officiellement une aide belge de 2000
euros pour appuyer le processus électoral, l’ambassadeur
Pierre Claver Ndayicariye a également profité de
l’occasion pour tacler les opposants grincheux.
«Je
dois dire que le processus poursuit son cours normal, dans quelques
jours, les Burundais seront encore convoqués pour élire
le président de la République, j’en profite
pour rappeler aux candidats qui désirent se faire élire
qu’ils ont encore du temps pour verser leur caution, la date
limite est fixée au 7 juin, par ailleurs les portes de la
CENI sont ouvertes à tous les partis politiques pour discuter
sur tel ou tel autre sujet controversé », a-t-il déclaré.
Mais même si la CENI fait sourde oreille par rapport à la
grogne trop sonore des partis d’opposition qui réclament
ouvertement son remplacement, la question de sa neutralité est
bel et bien sur la table. Et le malaise se généralise
dans le pays. Dans les provinces de Bururi, Muyinga, Kirundo, Cibitoke
et Bubanza, la police a saisi, ce vendredi, de nombreux tracts
largués par des inconnus dans la rue et qui appellent les
membres de la CENI à démissionner. En province de
Gitega, l’on a même assisté à un phénomène
plus inquiétant où des inconnus ont bloqué toute
la nuit la route Gitega-Bujumbura au niveau de la commune Giheta.
Comme souvent dans pareil contexte, le pouvoir va se chercher des
boucs émissaires dans les rangs de l’opposition arguant
qu’ils sont entrain de révolter la population. Ce
sera le sempiternel grief d’atteinte à la sûreté de
l’Etat qui sera galvaudé. Burundi – fraudes électorales
La communauté internationale donne son verdict.
Bujumbura le 4 juin 10 (SurviT-Banguka)
Le scrutin du 24 mai n’a été qu’une
mascarade d’élections. Des tas de preuves de fraudes
massives ont été données, mais le processus
semble prendre son cours normal. Même la communauté internationale
a pris l’option de supporter le vrai faux gagnant qu’est
le CNDD-FDD. Pour sceller leur position officielle, ils « félicitent
les Burundaises et Burundais pour leur participation massive et
paisible aux élections communales du 24 mai 2010 ».
Cette nébuleuse communauté internationale estime
par ailleurs que la large participation des Burundais aux élections
communales témoignage de leur ferme engagement civique et
de leur aspiration à une paix durable. Dans une déclaration
circonstancielle publiée le 4 juin, les partenaires du Burundi
représentés à Bujumbura indiquent que « les
observateurs indépendants tant nationaux qu'internationaux
habilités en la matière ont porté une appréciation
globalement positive quant au déroulement du scrutin communal ».
C’est pour cela qu’ils « encouragent la Commission électorale
nationale indépendante et ses démembrements à redoubler
d’efforts pour assurer la transparence dans la gestion du
processus électoral, ainsi qu’à veiller à une
communication constructive avec les acteurs politiques et de traiter
avec célérité et de manière appropriée
les recours introduits ». Par ailleurs, ils « regrettent
la décision de cinq partis politiques de se retirer des élections
présidentielles et les invitent à la reconsidérer ».
Ils « encouragent les partis politiques qui souhaitent entamer
des recours à le faire, selon les procédures et les
mécanismes institutionnels prévus par la loi ».
Les partenaires de la Communauté internationale présents
au Burundi « exhortent les partis politiques à s’inscrire
dans une logique de dialogue et à poursuivre leur participation
au processus électoral et demandent au gouvernement d’accélérer
la poursuite des enquêtes en cours sur les violences perpétrées,
afin de traduire en justice, dans les plus brefs délais,
les responsables des actes de violences ».
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