| |
Actualité du 4 août 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Adieu le contrepouvoir au Burundi
Bujumbura le 4 août 10 (SurviT-Banguka)
La démocratie est véritablement en danger
au Burundi. Du haut de son score brejnévien acquis
dans des conditions pour le moins contestables, le parti
au pouvoir s’attelle à désintégrer
systématiquement tous les partis d’opposition.
Après le parti FRODEBU de Melchior Ndadaye, le FNL
d’Agathon Rwasa se décline désormais
en trois ou quatre tendances. Le MSD d’Alexis Sinduhije
est miné du dedans par un sournois système
d’achat de militants. Ils migrent sans vergogne vers
le CNDD-FDD aux commandes. Exit la voix discordante sur la
scène politique. Selon Jean Marie Vianney Kavumbagu,
cette situation n’augure rien de bon sur le terrain
de la démocratie et de la liberté d’opinion. « Demain,
ce sont les associations de la société civile
qui vont imploser, sur le plan politique, on aura plus de
partis politiques pour attirer l’attention de l’opinion
nationale et internationale sur les dérives autoritaires
ou les autres dérapages du pouvoir et les trois piliers
du pouvoir seront dangereusement monolithiques tant et si
bien qu’il n’y aura plus de cloison étanche
entre l’exécutif, le judiciaire et le législatif,
c’est un net recul à l’échelle
de la démocratie », explique-t-il. Pendant cette
prochaine législature, le gouvernement devrait multiplier
les prisons pour embastiller les centaines de milliers d’insoumis
et autres libres penseurs à l’instar de l’autre
Kavumbagu, directeur de l’agence Net Presse, qui alterne
prison et liberté selon qu’il ose appeler chat
noir un chat qui est indiscutablement noir.
Burundi-droits de l’homme
Le pouvoir ne lésine sur rien pour dynamiter les
défenseurs des droits de l’homme.
Bujumbura le 4 août 10 (SurviT-Banguka)
C’est déjà dit. Il n’y a pas que
les partis politiques de l’opposition qui sont dans
le collimateur du parti présidentiel au Burundi. Les
organisations de la société civile qui sont
manifestement pointilleuses sur les brûlantes questions
de violations massives des droits de l’homme (talon
d’Achille du gouvernement burundais) sont aussi dans
l’œil du cyclone. Mais les acteurs les plus percutants
ne fléchissent pas pour autant, ils restent tous farouchement
déterminés à traquer sans relâche
toute entorse aux droits de l’Homme.
Mais à n’en pas douter, les cinq prochaines
années devraient être plus dures encore. Car
le pouvoir ne fait plus mystère de sa détermination à les
dynamiter ou, à défaut, les infiltrer pour
mieux les fragiliser. Les trois derniers mois regorgent d’exemples
de cette noire intention : création des syndicats
fantoches pour diluer l’intraitable mouvement syndical
des enseignants, création d’un barreau bidon à Gitega,
tentative d’infiltration d’autres organisation
par le biais des militants CNDD-FDD volontairement missionnés
pour jouer les taupes, etc.
Pour mieux résister à cette dangereuse tendance,
les vrais défenseurs des droits de l’homme viennent
de décider de mettre sur pied une association des
défenseurs des droits de l’homme. À vocation
régionale, cette dernière souhaite développer
des liens entre structures spécialisées pour
mieux résister aux manœuvres des pouvoirs en
place. "Le gouvernement nous assimile toujours aux opposants.
Certainement parce qu’il est embarrassé par
notre détermination à dénoncer les violations
des droits humains. Nous ne baisserons jamais la garde, mais
nous n’avons pas d’ambitions politiques",
fait encore remarquer Pierre Claver Mbonimpa, président
de l’APRODH. Dans le secteur de l’enseignement,
deux vrais faux syndicats ont été créées
en pleine grève illimitée déclenchée,
en mars dernier, par tous les autres syndicats de l’enseignement
pour obliger l'État à tenir ses engagements
financiers. D’entrée de jeu, ces nouvelles organisations
syndicales ont fait allégeance au gouvernement en
s’engageant publiquement à ne jamais observer
d'arrêt de travail, quel que soit l’objet de
leur revendication. Au même moment, les véritables
organisations syndicales ont crié à la supercherie,
accusant ouvertement le pouvoir de créer, ex nihilo,
des syndicats fantoches pour neutraliser leur mouvement.
Le même climat de fronde et de désintégration
s’observait au sein de l’unique ordre des avocats
du Burundi. Par le biais du ministre de la justice, le barreau
a été en quelque sorte dupliqué. Six
avocats ont fait bande à part et mis sur pied leur
propre barreau. Comme l’a immédiatement expliqué Maître
Isidore Rufyikiri, bâtonnier, tous les autres avocats
sont persuadés que le pouvoir veut les fragiliser
en mettant en place un barreau qui lui est soumis.
|
|