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Actualité du 5 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
La guerre des gangs de jeunes politisés bat déjà son
plein à Cibitoke
Bujumbura le 5 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Le Rubicon est déjà franchi en province de Cibitoke
: après plusieurs jours de surveillance, de méfiance
et de joutes injurieuses, deux bandes de jeunes hyper politisés,
carburant respectivement pour le CNDD-FDD (Imbonerakure) et pour
le FRODEBU (Intakangwa) se sont finalement rentrés dedans,
dans l’après-midi du 4 janvier 10, au chef-lieu de
la commune de Cibitoke. Le ressort de leur discorde tient naturellement
aux enjeux politiques/électoraux. Les jeunes inféodés
au parti présidentiel, CNDD-FDD, voulaient en effet pousser
les membres du Conseil Communal à tenir, dare-dare, une
réunion dans le but de dégommer le Président
de cet organe en le remplaçant par un militant issu de leur
parti. Le pays s’approche inéluctablement de la décisive
période de campagne électorale et pour rafler la
mise, le parti aux commandes a décidé de placer en
première ligne ses éléments sûrs. C’est
d’autant plus stratégique que par les temps qui courent,
le désastreux bilant du CNDD-FDD et ses multiples dérapages
font que plusieurs militants lui glissent sous les doigts en adhérant
massivement aux organisations politiques qui ont pignon sur rue,
en l’occurrence l’UPD-Zigamibanga, le MSD, le FRODEBU
et, dans une moindre mesure, l’UPRONA. Alerté par
la police, Simon Bizimungu (militant FNL), gouverneur de la province
de Cibitoke, a tenté de calmer les ardeurs de ces deux gangs
enflammés, en compagnie de Jérôme Nibigirwe,
Commissaire de Police dans la même circonscription. La bande
du CNDD-FDD a feint d’entendre raison mais dès le
départ de ces deux autorités, ils ont redoublé d’ardeur
et la réunion du Conseil Communal a eu lieu. En violation
flagrante de la loi, ils ont imposé l’élection
d’un nouveau président du Conseil, issu naturellement
du CNDD-FDD. La situation est à vrai dire inquiétante,
car à ce rythme, c’est cette bande de jeunes militants
du parti présidentielle qui va faire respecter sa loi, nous
pensons qu’il est temps de mettre de l’ordre dans ce
genre de mouvements », confiera, plus tard, le gouverneur
de Cibitoke, tout en promettant de s’investir personnellement
pour faire barrage à ces hors-la-loi.
Burundi-politique
Le FNL remet les pendules à l’heure et se
met en travers du boulevard du CNDD-FDD
Bujumbura le 5 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Tout évolue, tout change, sauf la loi du changement, devisait
le philosophe. Le FNL-Palipehutu, dernier mouvement rebelle burundais
récemment commué en parti politique (FNL) en élaguant
tout ce qui fait allusion à son ressort ethnique (hutu)
illustre à souhait cette allégation philosophique.
Il vient d’en rajoute en débaptisant son mouvement
de jeunes en action, naguère appelé « Jeunesse
Patriotique Hutu, JPH ». Ils seront désormais appelés « Mouvement
de Jeunes Patriotes, MJP » pour faire bonne figure et être
davantage attractif. C’est sous ce label que les jeunes militants
enfiévrés par le légitime engouement pour
l’ex-mouvement rebelle que plusieurs dizaines de jeunes MJP
ont eu maille à partir avec les Imbonerakure du CNDD-FDD
en mairie de Bujumbura, précisément en commune de
Kanyosha (historique bastion des inconditionnels d’Agathon
Rwasa). C’était en période de fêtes de
fin d’année et les Imbonerakure du CNDD-FDD ont voulu
tester la force de frappe des garçons d’Agathon Rwasa
en allant trinquer leur bière dans leur carré. Ils
sont allés plus loin en décidant d’y planter
un drapeau du CNDD-FDD. C’est cet affront qui a fait déborder
le vase de l’indignation des FNL qui, sans crier gare, ont
dégainé leurs armes d’assaut. Il a fallu l’intervention
de la police pour ramener l’ordre et convaincre les jeunes
du CNDD-FDD de rebrousser chemin. Ce qu’ils ont fait, à leur
corps défendant. Mais d’aucuns estiment que ce n’est
que partie remise car les deux bandes se vouent mutuellement une
si vive haine qu’ils finiront par se rentrer dedans avant
la prochaine campagne électorale.
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