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Actualité du 5 mars 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections
Pas de répit pour la CENI
Bujumbura le 5 mars 10 (SurviT-Banguka)
Dans le souci de bien piloter l’imminent processus électoral,
la commission électorale nationale indépendante (CENI)
continue à mettre en place tout le dispositif nécessaire.
Au lendemain de l’opération d’enregistrement
des électeurs, elle s’attelle aux autres modalités
pratiques, en l’occurrence celle en rapport avec la déclaration
et le dépôt des différentes candidatures. Comme
prévu, le premier scrutin est attendu le 21 mai 2010. Dans
son arrêté numéro 17, la CENI vient d’être
explicite à l’endroit des candidats potentiels. Le
dépôt des candidatures s’effectue du 07 au 16
avril. La CENI devra procéder à la vérification
du respect des équilibres ethnique et de genre. Si liste
bloquée il y a, la CENI demande qu’elle comprenne
au moins quinze candidats au moins et 30 au plus avec, chaque fois,
30% de femmes. Les non résidents veilleront pour ne pas
dépasser 50% du Conseil Communal. La notification des listes
de candidats retenus se fera le 23 avril prochain. S’agissant
des dossiers de candidature, ils devront contenir une déclaration
de candidature dûment signée par le mandataire du
parti politique ou le candidat indépendant, un CV détaillé du
candidat, une attestation de résidence indiquant bien la
date du début de résidence, une attestation de naissance
ou un extrait d’acte de naissance, une copie d’attestation
d’inscription au rôle électoral, une attestation
de bonne conduite, vie et mœurs et une attestation d’aptitude
physique délivrée par un médecin du gouvernement.
De nombreux acteurs sociopolitiques burundais estiment que la CENI
a durci les conditions. Il sera en effet difficile aux candidats
conseillers communaux des coins reculés du pays d’avoir
toute cette gamme de documents. Certains ne s’obtiennent
qu’à Bujumbura (extrait du casier judiciaire qui conditionne
l’obtention de l’attestation de bonne conduite vie
et mœurs), le certificat médical leur sera aussi difficile à avoir
en raison du sérieux déficit des médecins
dans le pays.
Burundi-droits de l’homme
La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme
tarde à venir.
Bujumbura le 5 mars 10 (SurviT-Banguka)
Les défenseurs des droits de l’homme sont inquiets
au Burundi : la commission nationale indépendante des droits
de l’homme tarde à être mise sur pied. C’était
pourtant un des engagements du gouvernement CNDD-FDD qui est en
fin de mandat aujourd’hui. Selon Joseph Ndayizeye, le tout
nouveau président de la Ligue des Droits de l’Homme
Iteka, un projet de loi y relatif avait été déposé à l’Assemblée
Nationale. Personne n’est au courant de son sort aujourd’hui.
Pourtant, la commission nationale indépendante des droits
de l’homme est bel et bien un organe prévu par la
constitution de la République et recommandée par
la communauté internationale. C’est en effet un organe
indispensable pour le monitoring du respect et de la violation
des droits humains dans un pays. Cela est d’autant plus urgent,
qu’aucun autre organe n’entretient de correspondance
ni de rapports avec le Conseil des Nations Unies pour les droits
de l’Homme. Le pays risque d’arriver à un stade
où les Etats, sous prétexte de souveraineté,
vont rejeter les conclusions des enquêtes faites par des
ONGs ou des experts indépendants sur cette question de la
violation des Droits de l’Homme. Lorsqu’elle est réellement
indépendante, une Commission Nationale des Droits de l’Homme
peut diligenter des enquêtes sur n’importe quel sujet
en rapport avec la violation des droits de l’homme. La Commission
est également habilitée à tirer des conclusions, à imposer
des voies de recours et des indemnités pour les victimes.
Mais elle doit être totalement indépendante. C’est
précisément cela qui gêne le pouvoir qui voudrait
contourner le principe de Paris pour créer une commission
sous son contrôle. Selon Akich Okola, Expert Indépendant
des Nations Unies pour les droits de l’homme, « le
projet de loi actuel approuvé par le Conseil des Ministres
en novembre 2008 n’était pas conforme aux Principes
de Paris ». Les Principes de Paris, qui ont été entérinés
par l’Assemblée générale des Nations
Unies, sont un ensemble de normes internationales, auxquelles les
institutions nationales des droits de l’homme doivent se
conformer pour être légitimes, indépendantes,
crédibles et efficaces. Il a prévenu qu’à la
veille des prochaines échéances électorales, « la
situation des droits de l’homme au Burundi demeure préoccupante
et on ne saurait écarter la possibilité que le pays
retombe dans le cycle de violences si les conditions nécessaires
pour la tenue d’élections libres et transparentes
en 2010 ne sont pas réunies ». Ces conditions, a-t-il
précisé, « devraient comprendre la création
d’un corps électoral crédible pour superviser
les élections ».
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