Actualité du 6 août 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-justice

Les producteurs de café versus l’Etat burundais

Bujumbura le 6 août 10 (SurviT-Banguka)

C’est absurde à tous points de vue. Pour avoir exagérément grugé les caféiculteurs dans son processus de désengagement de la filière café, l’Etat burundais est traîné en justice par la population, en l’occurrence les producteurs de café. Le dossier est désormais pendant au niveau de la chambre administrative de la cour suprême. Et tout tient au fait que le gouvernement a toujours refusé de prendre en compte les aspirations des 800.000 familles de producteurs de café qui se disent copropriétaires des 133 stations de lavage disséminées dans tout le pays. « Depuis plus de 30 ans, les caféiculteurs ont toujours contribué, à raison de 30 Fbu le kilogramme sur pied les stations de lavage, nous avons aussi donné nos propriétés foncières pour que le gouvernement y cultive ses caféiers, nous sommes donc copropriétaires du café de bout en bout, c’est ainsi qu’au moment de la privatisation de la filière, nous voudrions être associés », explique Macaire Ntirandekura, président de la confédération nationale des caféiculteurs (Cnac). Malgré la salve de protestation des paysans producteurs de café, le gouvernement est cruellement resté impassible. Pour preuve, 13 stations de lavage viennent d’être achetées par une société suisse appelée Webcor. « Ces stations ont été bradées ou simplement vendues à vil prix, le marché ne s’est pas effectué dans la transparence, nous ne sommes pas contre la privatisation de cette filière, mais nous pensons que le processus doit être davantage transparent et inclusif », continue Macaire Ntirandekura. L’Etat a donc tort, là comme ailleurs. Car selon Maître Emmanuel Hakizimana, avocat des producteurs de café, le patrimoine caféier n’aurait pas dû être vendu car il est simplement litigieux. « Ca relève du simple bon sens : à partir du moment où il y a un litige autour des stations de lavage, l’Etat ne pouvait pas entamer le processus de vente », explique-t-il.

Burundi-politique

Le ministre de l’Intérieur bénit les dissidents du FNL

Bujumbura le 6 août 10 (SurviT-Banguka)

Comme prévu, le ministre burundais de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, reconnaît les nouveaux dirigeants du parti FNL. Il l’a ouvertement signifié dans une correspondance adresse à Emmanuel Miburo, « nouveau patron du FNL », le ministre de l’Intérieur ne s’embarrasse pas de circonlocution pour affirmer que le dernier congrès du parti FNL organisé en catastrophe le week-end dernier était absolument régulier. Résultat, les organes dirigeants qui ont été mis sur pied ce jour là sont officiellement reconnus. Agathon Rwasa devrait être rayé du carnet d’adresse d’Edouard Nduwimana, relayé à pied levé et avec fracas par Emmanuel Miburo. Les royalistes n’en reviennent pas. « C’est absurde parce que le congrès qui les met en place a avait été convoqué par ceux qui n’en avaient pas le droit, nous allons écrire au ministre pour lui montrer qu’il a été roulé dans la farine et je pense qu’il finira par se raviser », explique Alfred Bagaya, vice-président du FNL, version Agathon Rwasa. A l’occasion, il promet que le véritable leader FNL, Agathon Rwasa, va sortir de son silence pour parler aux Burundais et au monde entier. Il dénoncera cette immixtion de l’exécutif dans le fonctionnement de son parti politique. Dans son malheur, Agathon Rwasa bénéficie naturellement de la sympathie de ses amis de l’alliance démocratique pour le changement. Selon Chauvineau Mugwengwezo, vice-président de l’ADC, c’est une honte de voir un gouvernement qui brille par la déstabilisation des organisations politiques de l’opposition. « C’est le monde à l’envers, mais nous, à l’ADC, nous considérons Agathon Rwasa comme notre unique partenaire, côté FNL », explique-t-il.

Burundi-politique

Retraite gouvernementale à Gitega

Bujumbura le 6 août 10 (SurviT-Banguka)

Décidément, la ville de Gitega aura été un sacré coin de retraite pour le gouvernement, pendant cette législature qui finit. Une fois de plus, à quelques jours de l’entrée en selle de nouvelles institutions, le Chef de l’Etat vient d’appeler tout le monde à se replier à Gitega, le temps d’une retraite, consacrée officiellement à l’entrée du Burundi dans la communauté est africaine. Il y séjourne depuis le 4 août et la retraite devrait démarrer le 5 pour se boucler le 6 août à Helena Hôtel, au chef-lieu de la province de Gitega. Au bout de ce solennel moment d’introspection, il est prévu que le Président de la République rencontre, vendredi le 6 août, tous les gouverneurs de province et les administrateurs communaux sortants (législature qui expire). C’est peut-être le temps des adieux et des perspectives pour les heureux élus qui vont rempiler pour une autre législature. Mais selon de nombreux observateurs, les retraites gouvernementales n’ont jamais conduit à des résultats concrets pour remettre le pays sur les rails du développement et de la démocratie.


 

 
     
     
     
     
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Le site web tutsi.org relooké
Comme le dit un adage populaire, la nature a horreur du vide. Les deux mois de mise en sourdine du site www.tutsi.org ont laissé s’installer un silence aussi assourdissant qu ’insupportable.
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 22 août, 1996
Rapport de l'ONU sur le génocide au Burundi.
 
 
 
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