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Actualité du 7 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Ndayizeye et Sinduhije dans l’œil du cyclone
Bujumbura le 7 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Bis repetita : la prétendue manipulation des corps de défense
et de sécurité cacherait une réelle volonté de
balayer les opposants gênants à quelques mois des
nouvelles échéances électorales. C’est
déjà officiellement confirmé par le gouvernement
burundais par le biais de son leader en chef, en l’occurrence
Pierre Nkurunziza. Au cours de sa dernière sortie médiatique
organisée depuis la province de Karuzi à la fin de
l’année dernière, le Chef de l’Etat burundais,
Pierre Nkurunziza, a eu l’occasion de s’exprimer sur
le malaise qui couve au sein de certains éléments
de la police et de l’armée. Ses propos sur cette question étaient
particulièrement accablants pour les hommes politiques de
l’opposition. « Nous savons tout sur ce dossier et
comme l’on pouvait s’y attendre, ce sont des leaders
politiques de l’opposition qui, en manipulant les policiers
et les militaires, veulent encore nous mettre les bâtons
dans les roues, nous les mettons vivement en garde tout en leur
rappelant que celui qui va allumer le feu de la violence ne fera
aucun pas sans se faire mettre hors d’état de nuire »,
tempête le Président de la République. Dans
le collimateur du pouvoir se trouvent notamment le président
du parti MSD, Alexis Sinduhije et Domitien Ndayizeye, ancien président
de la République et candidat aux élections présidentielles,
sous les couleurs du FRODEBU. Ces acteurs politiques indexés
se disent étonnés par cet amalgame. Mais les s’accordent à reconnaître
que le Président burundais est coutumier du fait. « C’est
comme en 2006 à l’époque du faux coup d’état
; Nkurunziza avait déclaré depuis la commune Mwakiro
que les putschistes sont bien ceux qui avaient été arrêtés,
mais la justice lui a donné tort, même aujourd’hui,
ses propos relèvent de la pure invention pour se débarrasser
des politiciens gênants, mais le glas a sonné pour
son ère », lance Alexis Sinduhije. « Je pense
que nous devons du respect aux militaires et aux policiers ; ce
ne sont pas des enfants que l’on peut manipuler comme on
veut, et dans le cas d’espèce, je pense que c’est
encore une fois le pouvoir qui veut créer le chaos afin
d’en profiter pour lyncher les opposants et éventuellement
reculer les échéances des élections »,
renchérit l’ancien président, Domitien Ndayizeye.
Se croyant grugés par les officiers et les officiers supérieurs,
les policiers et les militaires sont visiblement à un cheveu
de l’insurrection générale. Des tracts charriant
leur trop-plein de chagrin ont été largués
dans divers endroits du Burundi et au niveau de l’armée,
leurs présumés auteurs ont été emprisonné avant
d’être chassés, la semaine dernière.
Il s’agissait de six éléments issus des ex-FAB
et de deux éléments provenant des ex-mouvements rebelles.
Le même coup de balai a été observé au
niveau de la police nationale (PNB) où plus de 150 policiers
ont été chassés de ce corps, le 5 janvier
2010. D’autres devraient partir dans les jours à venir.
Au lieu de calmer les ardeurs des insurgés, ce renvoi massif
semble plutôt exacerber leur colère.
Burundi-terres
Vive rivalité entre le pouvoir CNDD-FDD et les citoyens à Kinyankonge
Bujumbura le 7 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Depuis quelques jours, la localité de Kinyankonge (périphérie
nord-ouest de la mairie de Bujumbura) est au cœur d’une
convoitise sans précédent. Au plus fort de la crise,
l’ancien Président burundais Pierre Nkurunziza y avait
gracieusement installés, dans des maisons de fortune, des
rescapés du génocide venus en catastrophe de la province
de Bujumbura rurale et rejoints plus tard par d’autres déshérités
venus notamment de la commune urbaine de Musaga. Conscient de la
gravité de leur situation et du réel danger d’extermination
qui pesait toujours sur eux, Pierre Nkurunziza leur avait définitivement
concédé les parcelles de Kinyankonge. Dopés
par ce don inespéré et profitant doublement du retour
progressif de la paix et de l’imparable extension de la ville
de Bujumbura, certains acquéreurs ont vendu leurs menues
parcelles aux plus nantis, capables d’y ériger des
maisons haut de gamme. Mais dans le domaine foncier, les gourmands
dirigeants actuels du CNDD-FDD n’ont plus rien à se
mettre sous la dent. Et comme ils l’ont prouvé à plusieurs
reprises, ils ne ratent aucune occasion de sucer la population
dont ils devraient plutôt protéger et défendre
les intérêts. C’est ainsi qu’ils viennent
de s’accaparer de ces terres et de défier ceux qui
y ont difficilement érigé des maisons modernes. Plusieurs
centaines de citoyens ainsi grugés sont complètement
déboussolés et le gouvernement promet de redistribuer
les parcelles à ceux qui vouent encore un culte immodéré au
parti CNDD-FDD dont le capital confiance s’érode à vue
d’oeil. «C’est un bel endroit où nous
allons construire des maisons en étage à donner à ceux
qui n’ont pas de logement », a déclaré,
le 6 janvier 10, le ministre burundais de l’Environnement
et de l’Aménagement du territoire.
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