| |
Actualité du 7 février 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections.
Le malaise des hommes en uniforme risque de tout faire
capoter.
Bujumbura le 7 février 10 (SurviT-Banguka)
La Coalition des organisations de la société civile
pour le monitoring des élections au Burundi (COSOME) s’inquiète
du blues qui traverse les corps de défense et de sécurité à quelques
jours du démarrage des consultations électorales.
Au lendemain d’une très controversée tentative
de mutinerie d’un groupe de militaires, désamorcée
de manière spectaculaire par le chef d’état
major général de l’armée, un autre militaire
a disjoncté ce week-end au niveau du camp « DCA » de
Kamenge où étaient initialement emprisonnés
les présumés mutins. Il a pris son fusil et a lynché son
frère d’armes qui montait la garde à l’entrée
du camp avant de lui prendre son propre fusil kalachnikov et de
vider les lieux en tirant dans tous les sens. L’énergumène
a semé la terreur dans les quartiers du nord de la ville
de Bujumbura. Au même moment, une autre déflagration
semait la panique générale aux environs de l’Ecole
technique secondaire de Kamenge où un autre militaire tentait
de s’évader avec arme et munitions. Selon certaines
informations, les tirailleurs voulaient semer la confusion dans
la ville pour libérer, dans la foulée, la vingtaine
de militaires emprisonnés pour avoir fomenté une
mutinerie générale, le 29 janvier dernier. Rien n’exclut
que d’autres incidents similaires puissent se produire dans
ces jours ; compte tenu du malaise toujours perceptible au sein
de l’armée ou de la police et de la volonté du
parti présidentiel d’exploiter cette tension pour
faire taire les voix discordantes, notamment au sein des partis
politiques de l’opposition. Pour désamorcer la crise
et mieux déblayer le terrain pour les prochaines élections,
la COSOME invite le président de la République, commandant
suprême des armées, à s’investir personnellement
afin de résoudre cette question qui risque de faire échouer
le processus électoral et plomber la démocratie dans
le pays. « C’est inquiétant : le malaise qui
prévaut dans l’armée et la police risque de
conduire aux dérapages et c’est le Chef de l’Etat
en personne qui est interpellé », indique Mohamed
Nibaruta, porte-parole de la COSOME. Mais comme à l’accoutumée,
le Chef de l’Etat accrédite la thèse du réel
projet de déstabilisation des institutions, prend ses distances
et demande au peuple de prier pour ces attardés.
Burundi-élections
Le Chef de l’Etat s’inquiète profondément
de l’indifférence des électeurs potentiels
Bujumbura le 7 février 10 (SurviT-Banguka)
Les Burundais ne se font pas massivement inscrire pour participer
aux élections de 2010. La commission électorale nationale
indépendante (CENI) indique que le nombre d’inscrits
oscille autour de 2 millions sur près de cinq millions attendus
alors qu’on est quasiment au bout du délai réglementaire
(le 9 février). Une certaine opinion considère que
les Burundais sont déjà blasés après
un désastreux mandat du parti au pouvoir, CNDD-FDD, qui
a ruiné le pays, affamé le peuple et tué une
bonne partie de la population, y compris dans son propre camp et
qui, de surcroît, fait tout son possible pour se maintenir
au pouvoir. C’est doublement affreux et inquiétant.
Interrogé sur les raison de ce manque d’engouement
pour les prochaines élections, un militant du CNDD-FDD n’hésite
pas à lancer sous sceau d’anonymat que le tour est
déjà joué dans la mesure où le CNDD-FDD
prévoit organiser une fraude massive pour se maintenir au
pouvoir. Or, susurre-il, un autre mandat du CNDD-FDD serait synonyme
de chaos général et irréversible, étant
donné qu’au delà de son pompeux discours démagogique,
l’agenda de ce parti se résume toujours en viols,
vols, assassinats et restriction des libertés publiques.
Résignés, les gens préfèrent donc ne
pas se grouiller pour rien. C’est quasi fatal. Inquiété par
ce manque d’entrain pour les élections, le président
burundais, Pierre Nkurunziza en veut particulièrement aux
cadres et autres responsables de son parti, CNDD-FDD, qui n’auraient
pas mis tout le paquet dans la campagne et la mobilisation des
militants pour se faire inscrire et voter CNDD-FDD le moment venu.
Pour tenter de rectifier le tir, il a malignement demandé à l’état
major de son parti de profiter du long week-end du 5 février
pour aller vendre le parti auprès des électeurs.
Il leur a ainsi demandé de se grouiller pour démarcher
les militants et les drainer vers son parti tout en leur demandant
de se faire inscrire afin de voter massivement pour le CNDD-FDD.
C’est ainsi que pour les besoins de la cause, il a dû prolonger
le week-end de vendredi à mardi. C’est étonnant
pour un président qui ne jure que par « le travail
et la prière ». Pour noyer le poisson, le président
burundais a officiellement justifié le congé improvisé du
8 février 2010 par la volonté de laisser un temps
aux fonctionnaires pour se faire inscrire en vue de participer
aux prochaines élections. Mais la consigne est autrement
limpide pour ses militants sommés de remuer monts et vallées
depuis le 5 février, jour fériée au Burundi
et dédiée à l’unité nationale.
|
|