| |
Actualité du 7 juin 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections présidentielles
L’UPRONA décroche et Rema-FM râle
Bujumbura le 7 juin 10 (SurviT-Banguka)
Au moment où les cinq autres partis en lice pour les présidentielles
attendues le 28 juin, aux côtés du CNDD-FDD, se rétractaient
collectivement et avec fracs pour déplorer doublement la
partialité de la CENI et l’injuste raz-de-marée électoral
du parti présidentiel, l’UPRONA a temporisé,
entretenant, du coup, des rumeurs sur sa position face à un
véritable hold-up électoral organisé. Ce n’est
qu’à la fin de la semaine dernière que le parti
du Prince Louis Rwagasore a donné son verdict : il a rejoint
les autres dans le camp des contestataires et comme eux, il conditionne
sa participation aux élections présidentielles à la
dissolution de l’arrogante et complice commission électorale
et l’annulation du premier scrutin. Cette annonce très
attendue a été faite par l’honorable Bonaventure
Niyoyankana, président du parti UPRONA, dans le cadre d’une
conférence de presse expresse. «Comme nous l’avions
déjà annoncé, le parti UPRONA a pris son temps
pour rassembler les différentes preuves de fraude massives
qui ont émaillé les élections communales,
ces preuves ont été acheminées à la
CENI mais curieusement, cette dernière n’y réserve
jusqu’ici aucune preuve, elle a tout banalisé, c’est
ainsi que nous avons pris la décision de retirer notre candidature
pour les présidentielles», a-t-il expliqué.
Ainsi, avec le retrait de l’UPRONA, seul l’actuel Chef
de l’Etat, Pierre Nkurunziza, reste en lice. D’aucuns
estiment que si malgré tout le processus électoral
se poursuit en faisant abstraction aux réclamations des
six principaux partis auxquels le CNDD-FDD a volé la vedette
aux communales, ce ne sera plus qu’un plébiscite. «Ce
sera le scénario catastrophe mais rien n’exclut que
le CNDD-FDD puisse se prévaloir d’une éventuelle
bénédiction populaire comme c’est arrivé dans
l’histoire quand Hitler a été démocratiquement élu,
on connaît la suite », analyse le politologue Julien
Nimubona. Côté CNDD-FDD, la sacro-sainte recommandation
semble être la retenue. Contre toute attente, les militants
du CNDD-FDD ne s’emballent pas en dépit d’une
provisoire victoire sans appel déjà proclamée
par la commission électorale. Selon certains observateurs,
cette prudence serait consécutive au fait que les leaders
du parti ont dû avouer franchement aux militants que la victoire
n’est que le résultat de bourrages d’urnes. «Certains
caciques du CNDD-FDD n’excluent pas l’hypothèse
d’une annulation du scrutin. Si c’est décidé par
la CENI, nous sommes prêts à reprendre les élections
mais cela doit se faire dans le respect de la loi et non par forcing
sinon ce sera du mépris pour les Burundais qui ont déjà désigné leurs
dirigeants», explique l’honorable Onésime Nduwimana,
porte-parole du CNDD-FDD. L’ancien président de la
République Sylvestre Ntibantunganya évoque aussi
l’idée de dialogue et de respect de la loi pour éviter
que le pays sombre encore dans le cycle de violences. Aussitôt
après l’annonce de la décision de l’UPRONA,
la radio REMA-FM, médium militant du CNDD-FDD, a annoncé que
l’UPRONA a pris l’option de replonger le pays dans
une indicible crise « comme à ses habitudes »,
commente le journaliste. Ces propos diffamatoires ont suscité la
colère du président de l’UPRONA. «Je
dois vous dire que c’est de la provocation et c’est
une honte pour une radio dont les journalistes foulent au pied
les règles fondamentales de la déontologie et de
l’éthique journalistique », conclut Bonaventure
Niyoyankana.
Burundi-élections
La communauté internationale dans
la ligne de mire des opposants
Bujumbura le 7 juin 10 (SurviT-Banguka)
Au lendemain des élections communales dont les résultats
sont encore contestés, une coalition circonstancielle des
douze partis politiques (alliance démocratique pour le changement)
qui s’activent pour obtenir l’annulation du scrutin
et la dissolution de la CENI ne cachent pas leur colère
en vers la communauté internationale qui a banalisé leurs
doléances en avouant que les élections communales
se sont véritablement déroulées dans le calme
et la sérénité. Cet accès de colère
se manifeste au lendemain de la déclaration officielle de
l’envoyé spéciale de l’Union Européenne
au Burundi qui, le 4 juin dernier, saluait le calme, la transparence
et la sérénité qui avaient caractérisé les élections
communales du 24 mai. « C’est du mépris en vers
la population burundaise car la communauté internationale
se moque des souffrances des Burundais et des tentatives de remettre
le pays sur la voie de la démocratie, je pense qu’ils
ont des intérêts à défendre en protégeant
les voleurs et les brigands qui veulent se maintenir au pouvoir
mais nous sommes décidés à nous battre politiquement,
jusqu’à la dernière énetgie pour faire
barrage aux voleurs du CNDD-FDD », explique l’honorable
Léonce Ngendakumana, porte-parole de la coalition.
|
|