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Actualité du 8 mars 10 (SurviT-Banguka)
Le dossier des trois policiers présumés tortionnaires
de la population de la commune Rutegama refait surface.
Bujumbura le 8 mars 10 (SurviT-Banguka)
Il y a quelques mois, l’ONG Human Rights Watch s’indignait
officiellement de la brutalité des policiers qui avaient
torturé et infligé des traitements inhumains et dégradant à la
population de la commune Rutegama de la province Muramvya alors
qu’ils devraient leur assurer protection. Parmi ces bourreaux
figurent trois policiers dont deux officiers et un brigadier. C’est
précisément ce dernier, du nom de Nestor Niyukuri,
qui a signé le mitraillage des boy-scouts à Kayogoro
en octobre 2008, il a fini sa course à la prison centrale
de Mpimba. Grâce à l’alerte de HRW, le dossier
des tortionnaires de Kayogoro a donc pris le chemin de la justice.
Les prévenus ont comparu le 4 mars au tribunal de grande
instance de Muramvya (centre-ouest) pour répondre à une
gamme variée d’accusations : torture, enlèvement,
vol d’argent et détention des victimes dans des prisons
illégales. Ils ont comme témoins à charge
une vingtaine de personnes ressortissant de la commune Rutegama.
En pleine audience, ils ont tous catégoriquement rejeté les
accusations portées contre eux, précisant qu’ils étaient
en mission de rétablissement de la sécurité commandée
par leurs supérieurs hiérarchiques. Mais l’avocat
de la partie civile a informé le siège qu’il
possède tous les éléments prouvant leur responsabilité.
C’est alors que l’avocat des tortionnaires a demandé au
siège de lui accorder un peu de temps pour préparer
sa défense et réunir quelques témoins à décharge.
L’audience a été reportée au 10 mars.
Ce procès qui date d’octobre 2007 intéresse
particulièrement les médias, les différentes
organisations de défense des droits humains nationaux et
internationaux, le BINUB et même les représentants
de certaines ambassades accréditées au Burundi. Les
trois policiers poursuivis dans ce dossier sont respectivement
l’officier Désiré Uwamahoro qui commandait
une compagnie du GMIR, le brigadier Apollinaire Sindikubwabo qui
le secondait et l’officier Nestor Niyukuri qui était
le chef de poste de la police à Rutegama au moment des faits.
Burundi-malversations économiques
Le dossier Falcon est enterré
Bujumbura le 8 mars 10 (SurviT-Banguka)
A quelques mois de la fin de la législature, le parti présidentiel
CNDD-FDD a pris la décision d’enterrer définitivement
l’embarrassant dossier de vente du jet présidentiel,
Falcon 50, qui a irréversiblement entaché son règne.
C’est clair comme l’eau de roche : le dossier implique
au premier chef le président de la République, Pierre
Nkurunziza et bien d’autres caciques de son parti, CNDD-FDD.
Dans ces conditions, permettre aux députés d’échanger
sur un tel rapport revient à jeter Pierre Nkurunziza en
pâture en le décrédibilisant auprès
de rares Burundais qui lui font encore confiance. Ce serait aussi
sonner le glas de sa vie politique. Pour rappel, une commission
parlementaire avait mené son enquête sur les conditions
de vente de cet avion, son rapport allait faire objet d’échange
en plénière au niveau du palais des Congrès
de Kigobe. Mais le 5 mars dernier, le président de l’Assemblée
Nationale, Pie Ntavyohanyuma, a étonné les députés
en déclarant que le dossier Falcon est désormais
référé à la justice. Les députés
sont tombés des nues mais ils persistent à demander
le débat sur le rapport de la commission. « C’est
une stratégie du parti au pouvoir d’enterrer ce dossier
qui l’accable dans tous ses détails, mais nous ne
cédons pas pour autant et nous allons exiger que l’Assemblée
nationale se prononce publiquement sur le rapport », explique
l’honorable Léonard Nyangoma. Ces manœuvres dilatoires
atterrent les acteurs anti-corruption et malversations économiques,
en particulier l’OLUCOME. « Le dossier venait de passer
15 mois dans les tiroirs du bureau de l’Assemblée
Natinale. … L’OLUCOME avait pris la décision
de rappeler par voie de correspondances tous les 6 mois le bureau
de l’assemblée pour que le dossier soit programmé,
et voila la réponse que nous obtenons », déplore
Gabriel Rufyiri, président de cette association. Gabriel
Rufyiri ne se fait pas d’illusion : mettre le dossier Falcon50
dans les mains de la justice revient à jeter ce dossier
dans les oubliettes car il rejoint de nombreux autres vieux dossiers
qui ont également porté un lourd préjudice
au trésor public, en l’occurrence les affaires Rubelusky,
Ruzizi, Inter Pétrole, etc.
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