| |
Actualité du 8 décembre
09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Des relents de haine ethnique à Kinama
Bujumbura le 8 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Les démons de l’ethnisme refont surface à Kinama,
banlieue de Bujumbura. Les enseignants de cette école primaire
de cette commune de la mairie de Bujumbura sont en effet en grève
depuis le 8 décembre et ils ont décidé de
tout plaquer pour exprimer leur solidarité envers des collègues,
des jeunes femmes tutsies plus exactement, qu’un groupe de
jeunes hutus officiellement incontrôlés menace de
hacher. « Un jeune garçon armé d’un long
couteau brillant est entré dans ma classe a juré de
me tuer avant de se volatiliser dans la nature », confie
une enseignante à son amie de la classe voisine. « C’est
exactement ce que j’ai vécu aussi car un autre jeune
homme a exhibé un couteau et a promis de me tuer »,
s’étonne l’interlocutrice. Les deux femmes sont
donc ouvertement menacées et elles sont toutes de l’ethnie
tutsie. N’ayant pas d’autres litiges avec leurs agresseurs,
ni avec qui que ce soit, elles se croient victimes de leur ethnie.
C’est ainsi qu’elles demandent une sécurité policière à l’école
avent de reprendre leur service. L’administrateur de la commune
Kinama reconnaît qu’il y a un groupe de jeunes délinquants
qui tirent encore la corde de l’ethnisme. « Ce sont
des marginaux qui ignorent que la question d’ethnie ne peut
plus être une cause de conflit au Burundi, nous sommes bien
au courant de l’existence de ce gang et nous ferons tout
pour le démanteler », explique-t-il.
Burundi-élections
Le CNDD-FDD est pris en flagrant délit
Bujumbura le 8 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Pour un observateur avisé, le secret n’était
plus que de polichinelle depuis belle lurette : dans le souci de
frauder à grande échelle pendant les prochaines consultations électorales,
le parti présidentiel, CNDD-FDD compte sur le vote des électeurs
fantômes qui n’existent que de noms. C’est ainsi
qu’il a initié une politique de distribution de cartes
d’identités à tout Burundais âgé d’au
moins seize ans. De mémoire de Burundais, c’est la
première fois qu’il y ait cette vaste campagne de
distribution massive, systématique et obligatoire de cartes
d’identité. En principe, seuls ceux qui avaient l’âge
requis et qui en sentaient le besoin se grouiller pour acquérir
ce genre de document sans en faire un problème national.
Mais au regard du nouveau code électoral, la carte d’identité est
un sésame pour accéder à l’isoloir.
Et le très mal-aimé parti présidentiel a décidé de
s’engouffrer dans cette brèche et créer ex-nihilo
des électeurs qui, a priori lui seront inféodés
dans la mesure où ils n’existent pas. C’est
notamment ce qui s’est passé le 4 décembre
en province de Cibitoke. Un agent (militant percutant du CNDD-FDD)
de la direction provinciale de l’éducation à Cibitoke
a été attrapé en flagrant délit par
le gouverneur (FNL) en possession de plusieurs dizaines de cartes
d’identités déjà signées et bien
estampillées du sceau communal mais sans aucune identité des
futurs porteurs. Illico, le délinquant a été arrêté et
mis à l’écrou. Mais curieusement, il a été relâché le
lendemain, avant d’être interrogé. Cela a particulièrement
révolté le député Phénias Nigaba, élu
dans la circonscription de Cibitoke. « Nous pensons que le
policier qui l’a relâché est à poursuivre
et le délinquant doit être arrêté pour être
interrogé sur ceux qui lui ont donné cette mission
même si personne ne les ignore», a-t-il déclaré.
Dans tous les quatre coins du pays, les responsables administratifs,
issus du CNDD-FDD procèdent à une large distribution
de ces cartes à tous les jeunes militants du parti, indépendamment
de l’âge. Au même moment, ces cartes sont systématiquement
refusées aux « étranger » ou plus exactement
les militants des autres partis. Ces derniers se heurtent à mille
conditions préalables, notamment la contribution à la
réalisation des travaux communautaires, l’appui aux
indigents, etc. Par ailleurs, de nombreux autres témoignages
concordants indiquent que les commis du CNDD-FDD distribuent ces
cartes d’identité aux non Burundais, notamment les
Congolais ou les Rwandais, pour autant qu’ils soient en odeur
de sainteté avec le CNDD-FDD.
|
|