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Actualité du 9 juin 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-Onu
Une visite au sommet dont profite l’aile
dissidente de l ’UPRONA
Bujumbura le 9 juin 10 (SurviT-Banguka)
Le patron de l’ONU foule le sol burundais
le 9 juin. Il arrive à une
période particulière où la totalité des partis politiques
en compétition se sont rétractés pour déplorer les
massives fraudes organisées par le parti au pouvoir, CNDD-FDD, avec une
notoire complicité de la CENI. Ces partis ont décidé de
faire entendre leur voix au moment de cette visite éclair. Ban Ki-Moon
devrait en toucher un mot aux autorités de Bujumbura. Mais le CNDD-FDD
a décidé de s’accrocher au pouvoir volé au peuple,
y compris avec les dents/machettes. Comme le relaie constamment sa radio Rema-FM,
ce sera un bain de sang ou une victoire. Pour calmer les ardeurs des rebelles
non-encore-repentis du CNDD-FDD, certains observateurs estiment que Ban Ki-Moon
va plutôt réprimander les opposants qui refusent les résultats
du premier scrutin sans pouvoir donner « des preuves suffisantes de fraudes ».
La communauté internationale a donné le ton de ce parti-pris à relent
politique en condamnant sans réserve les agissements de l’opposition.
Mais les douze partis coalisés au sein de « l’alliance pour
le changement démocratique » sont tout aussi décidés à renverser
les perspectives. « Personne ne pourra jamais arrêter la vague de
la démocratie au Burundi, je le dis en tant que père de ces bandits
du CNDD-FDD, comme on ne peut pas changer le cours de la rivière Ruzisi
ou empêcher le soleil de briller, nul ne pourra nous empêcher de
lutter pour le respect des principes démocratiques, y compris cette communauté internationale
qui me semble également achetée », déclare Léonard
Nyangoma, président du CNDD-FDD. Profitant du passage de Ban Ki-Moon à Bujumbura,
l’aile Charles Mukasi de l’UPRONA l’a apostrophé à travers
un communiqué de presse pour attirer son attention sur le feu génocidaire
mal éteint et toujours dangereux au Burundi. Selon Maître Gabriel
Sinarinzi, ce parti tient toujours à la mise sur pied d’un tribunal
pénal spécial pour le Burundi. Même si elle n’attendait
pas grand-chose du scrutin du 24 mai, cette aille de l’UPRONA se dit particulièrement
inquiète au regard des nombreuses irrégularités qui l’ont émaillé et
face auxquelles la CENI a bonnement fermé les yeux.
« Après
une analyse approfondie du déroulement et des résultats de ces élections,
le parti UPRONA aile Mukasi a constaté que cette fraude a été préparée
et exécutée méthodiquement depuis l’inscription au
rôle des électeurs, la distribution anarchique des cartes d’identité,
des cartes d’électeurs et des bulletins de vote et s’est poursuivie
par le bourrage et le changement des urnes….cette fraude s’inscrit
dans la logique de l’impunité qui gangrène notre pays depuis
que le génocide pourtant reconnu par les Nations-Unies reste impuni »,
lit-on dans ledit communiqué. Revenant sur le péril génocidaire
qui plane encore sur le Burundi, ce parti en profite pour rappeler à Ban
Ki-Moon que les Nations-Unies ont mis sur pied une commission internationale
d’enquête qui, dans son rapport S/1996/682 a établi qu’un
génocide a été commis au Burundi. « Il y a donc eu
un génocide qui n’est toujours pas puni, c’est pourquoi non
seulement l’on ne peut guère parler de processus démocratique
viable, mais aussi tout devient permis : les assassinats politiques, les détournements
des deniers publics, la fraude dans les élections ne deviennent que des
faits divers, des péchés véniels. », poursuit le communiqué.
Burundi-élections
Les CEPI donnent leur verdict
Bujumbura le 9 juin 10 (SurviT-Banguka)
Après une longue période d’attente et de suspens,
les commissions électorales provinciales donnent finalement
leur position par rapport aux recours des partis politiques
avec cafouilleux scrutin des communales. Sans aucune surprise,
elles
abondent systématiquement dans le sens de la CENI en déboutant
les plaignants pour confirmer la victoire du CNDD-FDD au
pouvoir. De Gitega à Cankuzo en passant par Muyinga et ailleurs,
c’aura été trop de bruit pour rien. Ainsi par
exemple, la Commission électorale provinciale indépendante
(CEPI) de Bubanza (nord-ouest) a jugé non fondées
toutes les plaintes déposées par les partis UPRONA,
FNL, CNDD, MRC et Sahwanya-FRODEBU qui demandaient l’annulation
des élections communales du 24 mai 2010 dans cette province.
Cette décision a été prise dans une réunion
des membres de ladite CEPI de ce lundi 7 juin 2010. Pour
rappel, parmi les irrégularités qui étaient évoquées
par ces partis se trouvent notamment les forts taux de discordance
qui n’ont pas été tenus en compte, la non indépendance
des Commissions électorales communales indépendantes
(CECI), les votes multiples par les membres du parti CNDD-FDD,
le bourrage des urnes, le non comptage des bulletins des
enveloppes noires, les mandataires empêchés ou forcés
de cosigner les procès-verbaux, l’insuffisance des
bulletins de vote et le don d’argent dans les rangs le jour
du scrutin. Le président de la CEPI à Bubanza, Mgr
Théogène Murwuwundi, estime que les irrégularités évoquées
restent sans preuves tangibles pour qu’il y ait annulation
des élections communales du 24 mai qui se sont bien déroulées.
Le président du parti UPRONA en province Bubanza a accueilli
avec amertume cette décision. « La CEPI n’a
pas bien mené des investigations jusqu’aux procès-verbaux
des CECI pour vérifier les irrégularités évoquées »,
s’indigne le président de l’UPRONA à Bubanza.
Quant au représentant du parti FNL dans les communes Bubanza
et Musigati, M. Joseph Ngaruko, il n’a pas été étonné par
cette décision de la CEPI, car selon lui, ces irrégularités
ont été commises par les membres des CECI.
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