Actualité du 9 août 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-génocide

Une pensée pour les handballeurs de l’ISCAM

Bujumbura le 9 août 10 (SurviT-Banguka)

Cela fait déjà dix ans que plusieurs étudiants de l’Institut supérieur des cadres militaires ont péri à Bujumbura rural, mitraillés par les assaillants de l’ancien mouvement rebelle, CNDD-FDD (actuel parti présidentiel). Ils rentraient d’une tournée sportive en province de Bururi. Ce pogrom a été publiquement revendiqué par cette rébellion de Pierre Nkurunziza comme un acte mémorable de bravoure. Dix ans après, les bourreaux sont bien connus et toujours libres, bien qu’ils aient, entre temps rajouté une couche en fauchant d’autres personnes innocentes. Pour honorer la mémoire de ces jeunes officiers de l’ISCAM, l’association burundaise de handballeurs a organisé une messe ce 8 août. « C’est en fait pour que les jeunes générations n’oublient pas qu’il s’est commis l’irréparable dans ce pays et que les autorités burundaises sachent que les auteurs de cette tragédie doivent être arrêtés et traduits en justice », déclare Aloïs Nahayo, président de l’association burundaise des handballeurs. Reste cette regrettable tragédie s’inscrit dans une longue chaîne de massacres signés et ouvertement revendiqués par la protéiforme rébellion qui a impunément endeuillé le pays, en l’occurrence à Buta, Bugendana, Teza et ailleurs encore. Autant de crimes imprescriptibles que devrait élucider le tribunal pénal international, si jamais il était mis en place. Le sera-t-il dans un proche avenir ? Rien n’est moins sûr.

Burundi-politique

Le lendemain des élections suscite de nombreuses incertitudes

Bujumbura le 9 août 10 (SurviT-Banguka)

Les Burundais se posent bien de questions au lendemain des élections générales que le parti présidentiel, CNDD-FDD, a allègrement tripatouillées ; tant et si bien qu’il va essaimer toutes les institutions au cours de la prochaine législature. Pour jauger le paysage politique en perspective, l’organisation « Initiatives et changement international » a invité, la semaine dernière, les acteurs sociopolitiques à s’exprimer librement sur ce sujet. Cette organisation s’est fait appuyer par la Coalition de la société civile pour le monitoring électoral (COSOME). Le thème qui sous-tendait les débats du jour était : « Quel paysage politique à l’issue des élections de 2010 au Burundi ? ». Selon l’ancien président de la République Sylvestre Ntibantunganya, les prochaines institutions seront dominées d’une manière « débordante » par le parti présidentiel CNDD-FDD. « Maintenant le vin est tiré et peut-être il faut le boire », a-t-il dit avant de souhaiter que le CNDD-FDD vainqueur des quatre derniers scrutins, concrétise sa promesse de « gouverner pour tous les Burundais ».

De nombreux analystes de la situation burundaise estiment que la façon dont le parti au pouvoir définira l’espace politique de l’opposition, pourra convaincre dans les jours à venir sur la concrétisation de ses promesses rassurantes. Le parti présidentiel ne devrait pas avoir une frilosité à dialoguer et de son côté, l’opposition devrait éviter la surenchère. D’autres suggèrent que l’opposition passe du discours contestataire à un registre qui véhicule des propositions concrètes pour consolider la démocratie. Mais quoi qu’il en soit, le socle du paysage politique attendu à l’issue des élections de 2010 au Burundi devrait être le strict respect de la Constitution de la République du Burundi. Au parti au pouvoir qui dispose dorénavant d’une très forte majorité dans le prochain parlement le permettant de « réviser la Constitution », l’ancien président Sylvestre Ntibantunganya propose de garder à cœur une disposition constitutionnelle qui stipule d’éviter une révision de la loi fondamentale pouvant affecter négativement l’unité et la démocratie. « Ne pas respecter la Constitution », a-t-il martelé, « c’est rompre le contrat qui unit les Burundais ».

Pour sa part, Louis-Marie Nindorera, représentant légal de l’ONG Global Rights, qui a exposé sur le paysage politique à l’issue des élections de 2010 au Burundi, fait remarquer que le parti CNDD-FDD avec 81 sièges à la prochaine Assemblée nationale, dépasse largement le quota des 2/3 exigés pour siéger et délibérer sur le vote des lois. Il a ajouté que, avec la nouvelle donne postélectorale, le CNDD-FDD peut disposer des 4/5 des membres du prochain parlement. « Nous espérons que malgré cette forte domination du CNDD-FDD dans le paysage politique postélectoral, le plus important est que cette formation politique anime convenablement la vie démocratique », a-t-il conclu.

 
     
     
     
     
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