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Actualité du 9 décembre
09 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Rejet du CNDD-FDD à Kanyosha et coup de colère de
l’administrateur communal
Bujumbura le 9 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Depuis plusieurs mois, Abraham Bampoye, administrateur de la commune
Kanyosha en mairie de Bujumbura et militant zélé du
CNDD-FDD, est en guerre ouverte contre tous ceux qui exècrent
son parti ou ceux qui militent ouvertement dans d’autres
formations politiques. En violation flagrante de la loi, ce responsable
administratif a déjà annulé, à plusieurs
reprises, les réunions des autres partis politiques alors
qu’elles étaient préalablement autorisées
par le Maire de la ville Evrard Giswaswa. Le FNL d’Agathon
Rwasa est particulièrement dans son collimateur, car il
lui a interdit d’ouvrir sa permanence dans la commune. C’est
cet excès de zèle qui a poussé le ministre
de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, à critiquer
officiellement son attitude antidémocratique mais curieusement
impunie. «La commune de Kanyosha n’est pas un Etat
dans l’Etat et l’Administrateur Abraham Bampoye doit
savoir que la loi doit être respectée dans tout le
pays, y compris dans sa commune, c’est ainsi que s’il
continue à naviguer à contre courant, nous allons
demander son limogeage», explique le ministre de l’Intérieur.
Ces propos sont pour le moins étonnants, dans la mesure
où le ministre de l’Intérieur ne devrait pas
se plaindre des gaffes d’un administrateur communal qui,
en temps normal, est sous ses ordres. Mais sous le règne
du CNDD-FDD, le Burundi a ceci de particulier que personne ne sait
exactement où se trouve le véritable centre de décision.
C’est ainsi qu’un simple administrateur communal tient
facilement tête à son ministre sans rien risquer,
simplement parce qu’il agit sur commande d’un mystérieux
Chef hiérarchiquement supérieur au pauvre ministre,
toujours condamné à manger son chapeau. A Kanyosha,
Abraham Bampoye ne s’en laisse pas compter. Il continue à persécuter
tous ceux qui n’acceptent pas de se ranger du bon côté ou
plus exactement de son côté. Mais il n’a pas
la tâche facile car dans sa circonscription comme ailleurs,
la population rejette massivement le parti CNDD-FDD. C’est
notamment en zone Ruziba (commune Kanyosha) où la masse
paysanne, les démobilisés FNL et bien d’autres
jeunes lui ont refusé d’arborer un drapeau du CNDD-FDD,
d’enfiler des T-Shirts estampillés CNDD-FDD et de
venter les hauts faits de ce parti. Dans son excès de colère,
Abraham Bampoye a fermé, le 8 décembre 09, une dizaine
de salons de coiffure appartenant à ces renégats,
au centre de négoce de Ruziba dans le souci de leur faire
entendre raison. Mais sans succès : « Il a mis les
scellés et c’étaient des projets qui faisaient
vivre beaucoup de gens mais nous acceptons de fermer plutôt
qu’adhérer dans un parti comme le CNDD-FDD »,
explique un des garçons persécutés.
Burundi-corruption
La société civile menace de déballer
le dossier Ernest Manirumva
Bujumbura le 9 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Le débat sur la corruption bat son plein à Bujumbura
où les principales organisations anticorruption sont en
campagne du 7 au 12 décembre 09 pour dénoncer ce
fléau qui gangrène toutes les couches de la société.
Un accent particulier est mis sur la présidence de la république
qui, chaque année, engloutirait plus de 200 millions de
francs burundais rien que pour les fausses factures de carburant.
C’est sidérant et chacun doit se grouiller pour mettre
fin à ce phénomène. L’on ne saurait
parler de la corruption au Burundi sans évoquer la mémoire
d’Ernest Manirumva, ex-vice-président de l’OLUCOME
lynché en avril dernier, en raison de son inégalable
engagement dans la lutte contre la corruption. Depuis son ignoble
assassinat, les enquêtes sont en cours pour mettre la main
sur ses meurtriers mais tout semble indiquer que les enquêteurs
n’ont pas les coudées franches. D’où le
piétinement des enquêtes. Pourtant, cette affaire
est limpide comme l’eau de roche et les commanditaires et
autres assassins d’Ernest Manirumva sont bien connus. La
société civile a fini son travail d’enquête
et elle ronge son frein depuis plusieurs jours, menaçant
de tout déballer s’il s’avérait que la
nouvelle commission se hâte lentement comme les précédentes. « Nous
n’allons pas garder le secret pendant encore long temps,
si la nouvelle commission policière ne nous dit pas sans
tarder qui a tué Ernest Manirumva et pourquoi, nous dirons
tout et déjà nous demandons à la commission
d’arrêter immédiatement quatre haut gradés
de la police qui ont planifié et exécuté le
projet d’assassiner Ernest Manirumva, demain nous citerons
leurs noms », a déclaré Pierre Claver Mbonimpa,
président de l’association des droits de l’homme,
APRODH.
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