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Actualité du 10 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-justice
Kalenga Ramadhani reste égal à lui-même
Bujumbura le 10 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Plus gaffeur que Kalenga Ramadhani, on meurt. Ce Président du Conseil Communal de Rumonge, au sud du Burundi, vient en effet de déclarer en pleine réunion
du Conseil que s’il mettait la main sur un violeur multirécidiviste qui s’est évadé du cachot de la police à Bururi (avec une complicité présumée des policiers), il le
pendrait, illico, sur place publique ou plus exactement au terrain de football de Rumonge. « J’ai déjà averti la présidence de la République, s’il est attrapé, et je sais
qu’il sera attrapé tôt ou tard, nous allons demander à la population de se faire justice et il sera pendu au terrain de football à Rumonge », a-t-il lancé.
Pour nombre d’observateurs et d’analystes, le délinquant mérite sans doute une sanction exemplaire, mais les propos de Kalenga Ramadhani sont une fois de plus exagérés et
restent d’autant plus étonnants que la peine de mort (pendaison) a été abolie au Burundi comme l’indique le Code Pénal Révisé et promulgué le 22 avril 2009.
« Nous pensons que dans un Etat de droit, on devrait laisser la justice faire son travail et ne pas inciter la population à se faire justice, nous disons donc que le
Président du Conseil Communal de Rumonge a fait ce genre de déclaration au moment où il était encore sous l’emprise de la colère, il devrait retirer ces propos »,
explique le Gouverneur de la province de Bururi.
Le même sentiment d’indignation se remarque chez Maître Armel Niyongere, président de l’association chrétienne pour la lutte contre la torture.
Pour rappel, il n’en est pas à sa première bourde : en 2006, Kalenga Ramadhani avait étonné un parterre de diplomates médusés en déclarant avec un brin
d’arrogance que le pouvoir CNDD-FDD aurait même pu donner gratuitement le jet présidentiel, Falcon 50, arguant simplement qu’il s’agissait d’un Gouvernement
« élu démocratiquement ».
A l’époque, il avait été passablement écarté de l’arène politique avant d’être repêché par son mentor, Pierre Nkurunziza, Président de la
République qui a fait de lui son Conseiller. Peu avant son come-back par la porte de derrière, le Sénat lui avait refusé un poste d’Ambassadeur à Paris, arguant qu’il
manquait de tact et de respect vis-à-vis d’une communauté internationale à laquelle le Burundi doit sa survie.
Actualité du 10 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
La société civile demande au Chef de l’Etat de faire justice à Ernest Manirumva
Bujumbura le 10 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Cela fait déjà 33 mois que l’ancien vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, Ernest Manirumva,
a été assassiné. Officiellement, on ignore les auteurs de ce drame, autant que le mobile. Mais les organisations de la société civile impliquées dans la campagne
« justice pour Ernest Manirumva » ont déjà révélé que ce militant anti-corruption a payé de sa tête le fait d’avoir osé fouiner sur le marché de trafic d’armes illégales,
impliquant les gros poissons de la police, en particulier le Général Adolphe Nshimirimana, patron de la police présidentielle (Documentation Nationale).
Les leaders de ces organisations en appellent au Chef de l’Etat : « nous demandons avec insistance au Chef de l’Etat de faire diligence pour que les auteurs de cet
assassinat soient finalement démasqués et châtiés à la hauteur de leur ignoble forfait », indique Pacifique Nininahazwe, Délégué Général du Forum pour le renforcement
de la société civile, FORSC. Ce dernier exhorte le Président de la République à en faire une priorité pour cette année 2012. Mais ils ont très peu de chance de se faire
entendre. L’affaire Ernest Manirumva est en effet au ralenti depuis le mois de juin dernier. Le dossier est retourné au parquet de la République en mairie de Bujumbura
pour compléments d’enquête mais rien ne semble avancer pour le moment. « en réalité, ils veulent faire piétiner le dossier pour nous fatiguer et nous amener à abandonner,
mais je dois vous dire que nous n’allons jamais nous lasser et que nous ferons toujours montre de plus de détermination jusqu’à ce que la vérité soit connue »,
conclut Pacifique Nininahazwe.
Parallèlement, l’Ombudsman burundais, Mohamed Rukara, s’est saisi du dossier. Lui qui court dans tous les sens depuis qu’il est à la tête de cette
institution, promet désormais de tirer au clair ce dossier. « Nous avons désigné une commission ad hoc pour plancher sur ce dossier, mais je ne vous en dirais pas plus
pour ne pas gêner le travail de la commission », a récemment déclaré l’Ombudsman devant les députés.
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