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Actualité du 10 février 2010 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections
Des génocidaires rwandais s’infiltrent dans le fichier électoral
Bujumbura le 10 février 2010 (SurviT-Banguka)
C’est déjà dit : pour des raisons non encore élucidées,
des Congolais et des Rwandais se font enrôler afin de participer
au prochain processus électoral attendu au Burundi. Le phénomène
est d’autant plus inquiétant que les Burundais eux-mêmes
ne manifestent pas le même engouement vis-à-vis de
ces scrutins en perspective. Les médias rapportent ainsi
par exemple que qu’une personne de nationalité rwandaise
a tenté de se faire enrôler vers la fin de la semaine
dernière à un centre d’inscriptions électorales
de Buziragahama en commune Mwumba de la province Ngozi (nord
du Burundi). L’intrus ne manque pas de culot car il tentait
de se faire enregistrer dans la commune natale du Chef de
l’Etat
sortant, Pierre Nkurunziza. Cela a été confirmé le
8 février 2010 par Jean Bosco Makera, Conseiller principal
du gouverneur de la province, à l’issue
de la réunion hebdomadaire de sécurité. Après
avoir été démasqué par la population
locale, la personne en question a exhibé un pistolet et
une grenade, qui lui ont facilité d’échapper
aux autorités administratives et policières locales,
sous la menace de ces armes. Curieusement, ce Rwandais notoirement
connu de tous était en possession d’une carte nationale
d’identité du Burundi, enregistrée sous de
faux noms de Vincent Miburo. Le même phénomène
s’observe en province voisine de Kirundo (également
frontalière du Rwanda). Ills sont en effet nombreux, les
agents recenseurs des différents bureaux de vote qui décrient
le comportement des résidants rwandais de la commune Bugabira
province Kirundo. Ces derniers ne font pas mystère de leur
obstination à se faire enrôler. Selon les agents recenseurs
rencontrés aux bureaux d’inscription de Kigoma, Muyange
et Bambo en commune de Bugabira, des rwandais ayant frauduleusement
reçu la carte nationale d’identité se relayent
pour se faire enrôler. Le bureau de Bambo a renvoyé deux
rwandais et celui de Kigoma en a également congédié deux
autres. Mais chacun des quatre étrangers étaient
muni d’une carte d’identité délivrée
en bonne et due forme par l’administration communale.
Burundi-sécurité
Le 1er Vice-Président de la République fustige l’accent
agressif des jeunes affiliés aux partis politiques.
Bujumbura le 10 février 2010 (SurviT-Banguka)
C’est entendu ! Les jeunes miliciens affiliés aux
partis politiques qui, sous prétexte de pratiquer du sport
de masse, sèment la panique générale dans
tout le pays. Ceux-là doivent revenir à la raison
et abandonner leur sport. Cela a été déclaré,
d’autorité, par son excellence le premier Vice-Président
de la République, Docteur Yves Sahinguvu. Cette décision
vient mettre fin à la vague de violences enregistrées
notamment au nord du Burundi, en province de Kirundo où sous
la houlette du député CNDD-FDD Jean Baptiste Nzigamasabo
(alias Gihahe) les jeunes Imbonerakure semblent avoir supplanté les
agents de l’ordre pour assurer la sécurité à leur
manière (rebelle). « Le gouvernement a décidé,
en accord avec le ministre de l’intérieur, que ces
exercices sportifs sont interdits sur l’ensemble du territoire
national », a déclaré officiellement le premier
Vice-Président de la République. Mais loin d’être
une invention spontanée des miliciens du parti présidentiel,
ce sport-terrorisme s’inscrit dans le schéma existentiel
du terrorisme d’Etat instauré depuis plus de quatre
ans par le CNDD-FDD au pouvoir au Burundi. Ainsi, non content
d’entendre
le Dr Yves Sahinguvu mettre un trait sur la dernière cartouche
de son parti fétiche, le ministre de l’Intérieur,
Edouard Nduwimana, a, le lendemain nuancé ses propos. Il était
en province de Cibitoke. « Le Vice-Président a certes
interdit ce sport qui fait peur aux gens ; mais la situation
n’est
pas encore alarmante à Cibitoke ; il n’est donc pas
nécessaire de le suspendre », nuance-t-il. L’on
comprend que l’exécutif à du mal à accorder
ses violons et rien n’exclut que le langage soit davantage
désarticulé au fur et à mesure que le pays
s’approche des échéances électorales.
Rwanda-génocide
Arrestation d'un opposant condamné pour génocide
Bujumbura le 10 février 2010 (SurviT-Banguka)
Joseph Ntawangundi, un opposant rwandais rentré d’exil
en janvier dernier, a été arrêté samedi à Kigali.
Il devait être transféré rapidement à la
prison centrale de la ville. Il s’agit de l’assistant
de Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des Forces démocratiques
unifiées (FDU) et candidate au scrutin présidentiel
d’août prochain. Mme Ingabire et M. Ntawangundi sont
rentrés dans leur pays le mois dernier pour faire enregistrer
leur formation politique créée en exil. Selon Radio
Rwanda, M. Ntawangundi a été arrêté en
exécution d’un jugement rendu en 2007 par le tribunal
gacaca de Ngoma, dans la province de l’Est. Ce tribunal l’a
condamné à 19 ans de prison ferme après l’avoir
reconnu coupable de participation au génocide perpétré contre
les Tutsi en 1994, a indiqué la radio. "Il a été arrêté samedi
sur un mandat d'arrêt émis par les gacaca datant de
2007", a confirmé à l'AFP le porte-parole de
la police, M. Eric Kayiranga. Dans un communiqué publié lundi
sur le site Internet de son parti, la présidente des FDU
affirme que son assistant ne se trouvait pas au Rwanda au moment
des faits. "Pendant le génocide, M. Ntawangundi suivait,
pour le compte de la Confédération internationale
des syndicats libres, un stage de formation de deux mois en Suède.
Peu après, il est rentré au Kenya", écrit-elle."Il
ne pouvait manifestement pas être sur les lieux du crime
prétendu", ajoute Mme Ingabire qui s’est toujours
montrée très critique des juridictions gacaca. " Ntawangundi
commençait à peine à se rétablir des
blessures subies le 3 février 2010 lors d’agressions
dans les locaux de l’administration du secteur administratif
de Kinyinya", dans la capitale, souligne le communiqué.
Inspirées des anciennes assemblées lors desquelles
les sages du village réglaient les différends, assis
sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacaca
sont chargées de juger les auteurs présumés
du génocide, à l’exception des "planificateurs
au niveau national" qui relèvent de la compétence
des tribunaux classiques.
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