| |
Actualité du 10 novembre
09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Le mystère qui entoure l’assassinat d’Ernest
Manirumva devrait se dissiper bientôt.
Bujumbura le 10 novembre 09 (SurviT-Banguka)
C’est encore Pierre Claver Mbonimpa, président de
l’association pour la défense des droits des personnes
détenues (APRODH) qui formule cet aveu : « nous allons
tout déballer en décembre prochain si d’ici
là la commission chargée d’enquêter sur
la mort d’Ernest Manirumva ne donne pas son rapport sur les
véritables commanditaires et auteurs de son assassinant »,
a-t-il déclaré, lundi le 9 novembre, jour anniversaire
de sa tragique disparition au mois d’avril de cette année.
Depuis près de deux mois, les activistes de la société civile
burundaise affirment avoir terminé leurs enquêtes
et disent connaître les auteurs de cet assassinat. Ernest
Manirumva aurait été tué sur ordre de hauts
responsables politiques et policiers dont il menaçait les
intérêts en enquêtant à la loupe sur
de sérieux dossiers de corruption (marchés juteux
de nouvelles plaques d’immatriculation, celui de cartes d’identité,
celui en rapport avec la gestion de l’aide, etc.). Avec la
complicité du pouvoir, les criminels ont déjà pris
le large, comme c’est souvent le cas au Burundi. C’est
cela qui révolte les acteurs de la société civile.
Mais ils ne fléchissent pas pour autant. Ils jurent en effet
qu’ils resteront mobilisés jusqu’à l’aboutissement
des enquêtes sur cet insoutenable meurtre. A travers une
déclaration qu’elles ont publiée le 9 novembre,
les organisations de la société civile regroupées
au sein du FORSC, de l’OAG, du CAFOB, de la CPAJ, de la COSYBU,
de la CAPDH, ainsi que l’OLUCOME et l’APRODH, font
savoir qu’elles resteront mobilisées jusqu’à l’aboutissement
des enquêtes et au châtiment des commanditaires et
exécutants de l’assassinat du vice-président
de l’OLUCOME, Ernest Manirumva. Elles indiquent en outre
qu’il n’est pas encore opportun de se prononcer sur
la crédibilité de la 3ème commission « qu’elles
jugeront sur les résultats ».Ces organisations constatent
par ailleurs qu’un mois après la mise en place de
cette commission d’enquête, les investigations ont
bel et bien commencé et se déclarent disposées à travailler
avec elle. Comme elles le font chaque neuf du mois, ces organisations
de la société civile organisent une prière
en la mémoire de feu Ernest Manirumva, lundi, le 9 novembre à 17
h 30 min à la Cathédrale Regina Mundi dans le cadre
des actions de la campagne «Justice pour Ernest Manirumva ».
Burundi-éducation
La grogne syndicale est de nouveau perceptible
Bujumbura le 10 novembre 09 (SurviT-Banguka)
Décidément, le gouvernement burundais et les enseignants
du secteur public ont du mal à accorder leurs violons. Grèves,
rétention de salaires, négociations, concessions…le
cercle est désespérément vicieux et les victimes
collatérales de ce jeu de massacres restent invariablement
les élèves/écoliers et par conséquent
leurs parents. Le gouvernement y laisse naturellement des ailes.
Mais il n’en a cure. Car le parti présidentiel, CNDD-FDD,
se fout éperdument des lamentations des enseignants. Mais
le pays est dans un contexte préélectoral et il joue
avec 70% des fonctionnaires. Il vient en effet de leur refuser
une partie du salaire du mois d’octobre en raison d’un
mouvement de grève qu’ils ont déclanché au
cours de cette période pour réclamer leurs droits. « C’est
encore de la provocation car nous nous nous étions convenus
de prolonger le calendrier scolaire pour rattraper le temps perdu
pendant la grève et finir le programme ; maintenant nous
allons faire comme s’il n’y avait pas eu de grève
et c’est les élèves qui en paieront le prix
; comme nous l’avons toujours dit, ce gouvernement ne se
soucie pas de l’intérêt des citoyens »,
déclare Mme Chantal Nahishubije, présidente du syndicat
SLEB. La colère des enseignants prend donc l’ascenseur
de nouveau. Ils menacent de recourir aux mesures contraignantes
pour faire valoir leurs droits. Pour rappel, il s’agit des
syndicats des enseignants du primaire SLEB, STEB et SYNAPEP et
le CONAPES, du secondaire. Ils ont sorti, le 9 novembre 2009, un
communiqué de presse à travers lequel ils indiquent
que, dans une semaine, ils vont recourir aux mesures légales
contraignantes pour faire valoir leurs droits « aujourd’hui
bafoués » au cas où le gouvernement n’aurait
pas donné des réponses satisfaisantes à leurs
revendications. Ils exigent entre autres le rapport de la commission
donnant la situation actualisée de la carrière de
chaque enseignant jusqu’au mois de novembre 2009, le paiement
des arriérés avec la 1ère quinzaine du mois
d’octobre 2009 et le paiement des salaires transposés
plus les annales 2008 en novembre 2009.
|
|