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Actualité du 11 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le Chef de l’Etat déculotte son projet de déstructuration de la constitution
Bujumbura le 11 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Le Président burundais avait été on ne peut plus laconique en annonçant, fin 2011, son projet de révision de la constitution de la République. Mais bien
qu’une certaine partie d’acteurs sociopolitiques soit restée quelque peu indifférente, cette annonce éphémère constituait sans doute un épais pavé dans la marre politique
burundaise. Pour preuve, le lendemain, des réactions fusaient de partout. Les uns se demandaient les aspects de la loi fondamentale à réviser, les autres s’égaraient
dans des discours dithyrambiques, louant sans réserve la louable initiative du Chef de l’Etat burundais, le seul qui à qui reviennent les prérogatives d’annoncer au
peuple burundais les éléments de la Constitution qui méritent d’être élagués.
Mais le Chef de l’Etat semble avoir pris l’option de préparer l’opinion et comme pour y aller en douceur, il a le malin plaisir de se faire précéder par
ses pions naturellement triés sur le volet et missionnés pour défendre son projet controversé avant même qu’il n’en annonce la teneur. C’est ainsi que les présumés
grandes figures des partis satellites ou « nyakurisés » du CNDD-FDD se succèdent depuis quelques jours sur le plateau de la télévision nationale pour saluer
chaleureusement l’idée de détruire la Constitution de la République du Burundi, garant de l’unité des Burundais.
Du côté du parti FNL volé au leader rebelle Agathon Rwasa, c’est un certain Jacques Bigirimana qui a récemment organisé une conférence de presse pour défendre et
encourager l’idée de révision de la constitution. Malheureusement, sa sortie médiatique est passée inaperçue, simplement parce que l’on sait bien, l’intéressé y compris,
qu’il ne représente rien au niveau de l’opinion. C’est à peine si les médias ont fait allusion à ses élucubrations. Il avait pourtant pris soin de louer le projet du
Chef de l’Etat et de préciser que le cas échéant, il avait la latitude de ne demander l’aval qu’au parlement. Soit. L’idée est bien passée.
Non content de l’indifférence totale qui semble avoir entouré les propos de son premier émissaire, le Chef de l’Etat a envoyé le 10 janvier un second pion
en l’occurrence ZED FERUZI, président du non moins « nyakurisé »parti UPD-Zigamibanga. Bien qu’il soit aussi léger que le précédent (à tous points de vue), ce dernier a
eu le mérite d’aller directement au but : « nous soutenons l’idée du Chef de l’Etat qui veut réviser la constitution et au niveau de notre parti politique UPD, nous
pensons qu’il y a des choses à revoir, notamment les quotas ethniques au sein des institutions ou des corps de défense et de sécurité, hier c’était nécessaire mais
aujourd’hui, rien ne l’explique, il faut gommer ces dispositions », a-t-il déclaré en pleine conférence de presse. Tout semble donc déjà dit.
Actualité du 11 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-malversations économiques
Le dossier « cahiers ougandais » classé sans suite
Bujumbura le 11 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Au moment où le débat sur le brûlant dossier des « cahiers ougandais » bat son plein à Kampala, alors que la commission parlementaire chargée des questions
financières s’apprête à auditionner tous les ministres ougandais impliqués de près ou loin, le Ministère public, au Burundi, vient de déclarer tout de go que l’affaire
des cahiers ougandais est classée sans suite.
Cela a été en effet annoncé par Valentin Bagorikunda, procureur général de la République, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a personnellement
organisée le 10 janvier 12 à Bujumbura. «Nous avons mené nos propres enquêtes à Bujumbura et en Ouganda et nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait pas d’éléments
infractionnels ; c’est pourquoi nous avons décidé de classer ce dossier sans suite ». Il reconnaît que toute la dette n’a pas encore été payée mais qu’elle devrait
l’être avant fin 2015. Juste au bout du 2ème mandat du parti CNDD-FDD au pouvoir.
Aux yeux du président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, OLUCOME, Gabriel Rufyiri, cette déclaration est un non-événement. « J’aurais plutôt été étonné s’il avait déclaré le contraire ; car je sais que chaque fois qu’il y a un sérieux dossier de détournement impliquant des milliards, il est classé sans suite, mais il n’y a rien d’inquiétant dans tout cela, il s’agit d’une décision administrative qui pourra être annulée un jour ou l’autre, le procureur veut faire plaisir à ceux qui l’ont nommé à ce poste mais tout finira par se savoir », a déclaré le Président de l’OLUCOME.
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