Actualité du 11 août 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-politique

Défense et illustration du droit à l’opposition extraparlementaire

Bujumbura le 11 août 10 (SurviT-Banguka)

C’est l’honorable Léonce Ngendakumana, président du parti FRODEBU qui organise une sortie médiatique pour défendre le droit aux opposants de se liguer comme un seul homme afin de constituer une opposition extraparlementaire par rapport à la bourrasque CNDD-FDD. Dans une conférence de presse organisée le 10 août, à Bujumbura, Léonce Ngendakumana va droit au but : « l’alliance démocratique pour la changement, ADC-Ikibiri, est une coalition légale, conformément au prescrit de la constitution et de la loi sur les partis politiques ; ces deux textes reconnaissent le droit, pour les partis politique qui le désirent, de s’allier pour défendre une seule cause, c’est précisément dans ce cadre que se situe notre action commune aujourd’hui », explique-t-il. Le président du FRODEBU, réagit ainsi aux propos du ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana. Ce dernier vient en effet de déclarer que l’ADC-Ikibiri est totalement illégale.

Comme pour en rajouter une couche, cette idée a été reprise par l’animateur du site www.abarudi.bi, portail Internet non officiel du pouvoir CNDD-FDD. L’autre bémol notoire est que l’ADC-Ikibiri que défend becs et ongles l’honorable Léonce Ngendakumana et Cie se rétrécit comme une peau de chagrin. Outre le travail de sape initié par le pouvoir CNDD-FDD et concrétisé par l’implosion du FNL et le harcèlement du MSD, certains partis alléchés par les miettes que leur miroite constamment le pouvoir finissent par craquer. C’est du moins le cas du parti RADEBU de l’honorable Jean de Dieu Mutabazi. Cet ancien Secrétaire Général du FODEBU vient officiellement de décrocher, arguant que l’avenir de l’ADC-Ikibiri est pour le moins incertain.

Parlant du démantèlement du parti FNL d’Agathon Rwasa, le Léonce Ngendakumana est tout aussi catégorique. « Je pense qu’il est pour nous hors de question de reconnaître un autre leader du FNL à part Agathon Rwasa. C’est d’autant plus logique que le prétendu nouveau président, en l’occurrence Emmanuel Miburo, avait personnellement déclaré qu’il ne fait plus partie de ce parti FNL, dans ces conditions, vous comprenez qu’il est impossible qu’un parti soit officiellement dirigé par un homme qui n’en n’est même pas membre », poursuit-il. Dans ces conditions, c’est peut-être Maître Gabriel Sinarinzi qui s’en réjouit. Ce président de ce qui reste de l’ancienne aile radicale de l’UPRONA (version Charles Mukasi) persiste aussi à clamer haut et fort que son camp ou ce qui commence à en rester jouera le rôle de contrepouvoir en tant qu’opposant extraparlementaire.

Burundi-médias

Le pouvoir exhibe ses muscles

Bujumbura le 11 août 10 (SurviT-Banguka)

Et de deux. Après avoir mis à l’écrou le directeur de l’agence de presse en ligne Netpress, le pouvoir continue à harceler les journalises à la langue pendante. C’est ainsi que Thierry Ndayishimiye, directeur de l’hebdomadaire Arc-en-ciel a, a été arrêté et conduit, illico, à la prison centrale de Mpimba, le 10 août 2010. Thierry Ndayishimiye aurait été emprisonné pour avoir écrit un article qui accable le directeur général de la REGIDESO, Célestin Nduwamungu, déjà empêtré comme les autres caciques du CNDD-FDD au pouvoir, dans un épais dossier de malversation économiques. Il est particulièrement accroché dans l’affaire de location, au Rwanda, d’un méga central thermique destinée à combler le profond déficit énergétique qu’accuse le Burundi en cette période de saison sèche. Thierry Ndayishimiye est accusé d’avoir signé un papier qui contient d’autres allégations accablantes pour le même directeur général.

C’était autour du 22 juin, quand son journal Arc-en-ciel, publié que Célestin Nduwamungu est comptable d’un détournement de près de 300 millions de francs burundais happés dans le cadre d’un marché gagné par une société française appelée SOGEA SATOM. Le pouvoir confirme de plus en plus sa prédation en vers les médias. Les journalistes se font ainsi embastiller à la pelle et en violation de toutes les procédures en la matière. Selon Maître Gabriel Sinarinzi, avocat de Thierry Ndayishimiye, personne ne comprend les raisons de ce hâtif emprisonnement. « Pourquoi l’on se précipite à emprisonner mon client alors que le dossier était encore en instruction ? s’interroge-il. Ainsi, Thierry Ndayishimiye rejoint le Directeur de Net Presse, Jean Claude Kavumbagu emprisonné, lui depuis le 17 juillet pour un article publié dans son journal. Il y dénonçait l’incompétence des corps de défense et de sécurité à faire face aux menaces des terroristes Shebbab somaliens. Plusieurs associations de défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression ont dénoncé les irrégularités qui entourent l’emprisonnement du journaliste Kavumbagu et exigent sa mise en liberté et sans condition

 
     
     
     
     
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