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Actualité du 12 juillet 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Guerre ouverte au sud de Bujumbura
Bujumbura le 12 juillet 10 (SurviT-Banguka)
Ça y est. Le feu est déjà dans
le quartier. Les répétitifs
coups de filets policiers ne suffisent plus pour venir au
bout des militants de l’opposition, en l’occurrence
les irréductibles FNL qui refusent toujours de mordre à l’alléchant
appât du parti présidentiel, CNDD-FDD. Ecoeuré par
ce refus obstiné, le pouvoir ou plus exactement le parti
CNDD-FDD qui le contrôle a décidé de recourir à la
force du feu pour liquider les insoumis. C’est ainsi que
le 10 juillet, l’on a assisté à un déploiement
massif d’une meute de policiers missionnés pour cueillir
les militants FNL dans la commune urbaine de Kanyosha. Mais
la tache était autrement plus titanesque, dans la mesure
où les
militants FNL et autres ou assimilés se sont révélés être
toute la population, y compris ceux qui vaquaient paisiblement à leurs
activités quotidiennes. Du coup, la police a cédé la
place à l’armée. Mais avec la seul Kalachnikov,
le général Godefroid Niyombare et ses garçons
n’ont pu venir au bout d’une foule compacte qui se
refuse d’être roulée dans la farine par le CNDD-FDD.
Profondément blessée dans son amour propre, l’armée « unifiée » a
sorti ses fameux avions de combat. Le rubicond était franchi
et le divorce entre le CNDD-FDD et la population du sud de
Bujumbura, (le long du lac Tanganyika) est consommé. « Il
n’y
a pas l’ombre d’un doute : si les militaires ont décidé de
sortir des bombardiers, c’est que le président de
la République a donné son aval ; nous sommes donc
tués par le Chef de l’Etat burundais et moi-même
qui vous le dis, je sais que je risque d’être lynché d’un
moment à l’autre », confie, sous sceau de l’anonymat,
un habitant de la commune Kanyosha. Au sud de la mairie de
Bujumbura, le parti présidentiel est en effet considéré comme
un parti gaffeur qui ne brille que sur le peu glorieux terrain
de la violence, de la violation des droits humains et du
détournement
des deniers publics. Selon le colonel Baratuza, porte-parole
de l’armée, tout est parti d’un double assassinat
de deux jeunes militants du CNDD-FDD, tués à Ruziba
le 9 juillet. « Nos forces de l’ordre ont du intervenir
pour mettre la main sur une dizaine d’homme qui ont tué deux
personnes et ils voulaient fuir vers la RDC via le lac Tanganyika »,
explique le colonel Gaspard Baratuza. Tôt le matin du 11
juillet toute la zone Ruziba qui jouxte le lac était vide
d’hommes. Seuls les militaires, les jeunes Imbonerakure et
les agents du Service National de Renseignement circulent
dans ce secteur.
Burundi-Assemblée Nationale
Cap sur les 100 députés attendus
Bujumbura le 12 juillet 10 (SurviT-Banguka)
Les acteurs politiques burundais jouent les coudes pour gagner,
chacun dans leur côté, un siège de député.
Au total, ils devraient être une centaine à siéger
au Grand Palais des Congrès de Kigobe. Le nombre de députés
par province varie de 3 à 9 en fonction de la taille de
chaque circonscription. Ainsi, selon les prévisions, les
provinces de Rutana et Bubanza auront, chacune, droit à quatre
députés. La mairie de Bujumbura et les provinces
de Cibitoke, Karuzi, Makamba et Ruyigi éliront, chacune,
six députés. Les provinces de Bujumbura rural et
Kayanza s’attendent à 7 députés, chacune.
Quant aux populations des provinces Kirundo, Muyinga et Ngozi,
elles doivent élire huit députés, chacune.
A Bururi et Muramvya, ils élisent 6 députés.
Les provinces de Mwaro et Cankuzo n’éliront que trois
députés chacune. La province de Gitega est largement
au dessus du lot avec neuf députés. Le cas échéant,
trois députés de l’ethnie twa seront cooptés.
Reste que pour être en phase avec la constitution de la République,
les hutus seront représentés à hauteur de
60% tandis que les tutsis siégeront à hauteur de
40%. Pour des raisons d’équilibre lié au genre,
le nombre de femmes députés devra être au moins
30%.
Burundi-politique
Le Dialogue est toujours controversé
Bujumbura le 12 juillet 10 (SurviT-Banguka)
Le 5 juillet dernier avait largement été marqué par
un ouf de soulagement, à l’annonce du démarrage
du dialogue entre les acteurs politiques en sérieux litige
depuis les communales du 24 mai. Mais l’heure semble être
aujourd’hui au désenchantement puisque le dialogue
annoncé et tant attendu est déjà battu en
brèche. Même si la CENI, initiatrice, s’en félicite,
les douze partis politiques coalisés au sein de l’ADC-Ikibiri
restent plutôt réservés. Ils tiennent à un
dialogue précédé par la relaxation de tous
leurs militants injustement coffrés. Selon Alexis Sinduhije,
Président du parti MSD, il serait aussi aberrant que ce
soit la CENI, contestée à vrai dire, qui convoque
les parties en conflit à dialoguer. « Et quel que
soit l’initiateur de ce dialogue, excepté bien sûr
la CENI que nous ne reconnaissons plus, nous avons des préalables
: c’est notamment la libération de nos 120 militants
incarcérés, l’arrêt des actes de torture
et massacres, la reconnaissance de nos droits civiles et
la programmation de l’élection législatives
après l’aboutissement
du dialogue », explique-t-il. Mais la CENI se dit toujours
un acteur incontournable même si son rôle est limité.
Selon Pierre Claver Ndayicariye, Président de la CENI, indique
qu’il n’a pas les prérogatives de repousser
le scrutin, ni de répondre aux autres conditions posées
par l’opposition. Mais rien n’est encore définitivement
perdu; dans la mesure où sous les auspices des organisations
de la société civile, en l’occurrence la COSOME,
les contacts informels sont toujours en cours pour reprendre
effectivement le dialogue.
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