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Actualité du 13 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-réconciliation
Quid de la prochaine CVR
Bujumbura le 13 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Les Burundais en sont tous au courant : cette année 2012 sera l’année 1 de la mise sur pied de la fameuse Commission Vérité/Réconciliation chargée de
plancher sur les cycliques et sanglants conflits d’un passé qui ne passe pas. Le Chef de l’Etat l’a bien martelé dans son discours fleuve du 31 décembre dernier.
Mais ils sont encore nombreux les Burundais qui s’interrogent encore sur le mandat, l’organisation et le fonctionnement de cette Commission attendue. Pour éclairer leur
bonne gouverne, l’association « Initiatives et Changement Burundi Tugendere Ubuntu », filiale locale de l’association Initiatives et Changement International
(basée en Suisse), a organisé le 12 janvier à Bujumbura, des débats sur cette thématique.
Il s’agissait précisément d’échanger sur l’avant projet de loi sur la Commission vérité et réconciliation (CVR). Le conférencier du jour était Jean-Marie Sindayigaya.
Dans son exposé sur l’établissement de la CVR, son mandat, sa composition et le statut des commissaires, il a souligné que la CVR est une institution indépendante de
tout pouvoir national ou international et est neutre dans son fonctionnement. Elle n’a pas de pouvoir judiciaire et toute procédure devant elle est gratuite.
Dans l’accomplissement de sa mission, la CVR jouit d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière et de gestion. La durée du mandat de la
commission est de deux ans, à compter de la nomination des commissaires. Ce mandat peut être prorogé une seule fois pour une période de six mois à la demande de la
commission et la prorogation se fait par voie législative au plus tard quinze jours avant l’expiration du mandat.
Dans l’accomplissement de son mandat, la commission sera guidée par le souci d’établissement de la vérité, de la réconciliation nationale et du
rétablissement de la dignité des victimes, dans le respect des normes de lutte contre l’impunité. S’agissant de ses missions, la CVR aura à enquêter et établir
la vérité sur les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises durant la période allant de la date de l’indépendance,
le 1er juillet 1962 au 4 décembre 2008, date de la fin de la belligérance.
La commission prendra en compte la gravité et le caractère systématique et collectif des violences. D’après M. Sindayigaya, les enquêtes viseront notamment
à élucider les violations des droits politiques, économiques et sociaux majeurs, y compris le renversement des institutions démocratiques, établir les responsabilités
individuelles et celles des institutions étatiques, des personnes morales et des groupes privés, identifier les différents facteurs qui ont conduit à ces violations.
Elle aura également à identifier et à cartographier les fosses communes, prendre les mesures nécessaires à leur protection, procéder à l’exhumation éventuelle des corps
aux fins d’un enterrement digne.
Toutefois, la qualification des violations ne lie pas les instances judiciaires, y compris le tribunal spécial. Elle publiera la liste des personnes
disparues, assassinées et celles des victimes et des témoins qui renoncent à l’anonymat et fera des recommandations sur les poursuites pénales contre les présumés
auteurs des violations graves.
Concernant sa composition et le statut des commissaires, le conférencier a signifié que la commission est une institution indépendante de tout pouvoir
national et international, neutre dans son fonctionnement et crédible aux yeux de la population. Elle doit être représentative et inclusive. Sa composition doit tenir
compte des équilibres politiques, ethniques, régionaux et du genre. Elle inclut des représentants des confessions religieuses, des organisations de la société civile et
des différents milieux socioprofessionnels. La CVR comprendra 11 membres de nationalité burundaise qui portent le titre de commissaire et sera composée de personnalités
reconnues pour leur probité, intégrité, compétences techniques et capacité à transcender les clivages de toute nature.
Les commissaires exercent un emploi à temps plein au service de la commission. La qualité de membre de la commission est incompatible avec l’exercice de toute autre
fonction à caractère public ou privé. Les questions soulevées par les participants à ce café politique ont concerné essentiellement la durée de la période d’enquête
jugée trop courte par rapport aux crimes commis au Burundi.
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