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Actualité du 13 juillet 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-droits de l’homme
Les tortionnaires ont du pain sur la planche
Bujumbura le 13 juillet 10 (SurviT-Banguka)
On ne le dira jamais assez. Les temps sont difficiles pour les
opposants au Burundi. Plus d’une centaine sont au noir depuis
le premier scrutin du 24 mai. « On nous les cache parce les
agents de la documentation les ont sérieusement torturés
et ils sont transférés incognito dans des prisons
dispersées à travers le pays », s’indigne
Pierre Claver Mbonimpa, président de l’association
APRODH. Le parti présidentiel, CNDD-FDD, a décidé d’en
finir avec eux une fois pour tous. En sortant des chasseurs bombardiers
et des boats de la frileuse marine pour traquer la dizaine de militants
FNL qui, conscient de la brutalité des agents du Service
National de Renseignement, ont tenté de se terrer dans les
buissons qui jouxtent le lac Tanganyika, le pouvoir a voulu montrer
qu’il n’hésitera pas de recourir aux grands
moyens pour neutraliser les nombreuses voix discordantes. Nombreux
sont les habitants de la ville de Bujumbura qui avaient d’abord
cru au canular avant de l’apprendre de la bouche du colonel
Baratuza Gaspard, porte-parole de l’armée. Mais ce
n’était pas du bluff et au bout du compte, une dizaine
de jeunes militants qui, tout en revendiquant leur appartenance
au mouvement FNL, nient catégoriquement avoir participé au
lynchage de deux militants CNDD-FDD, disparus le 9 juillet dans
la commune de Kanyosha (sud Bujumbura). Le problème est
que les arrestations ne font que se multiplier au jour le jour.
Et selon d’accablants témoignages concordants, les
personnes arrêtées sont soumises à une torture
sans précédents, histoire de leur arracher des aveux
sur les éventuels acteurs politiques qui seraient entrain
de les pousser au refus de l’autorité. Comme d’aucuns
s’y attendaient, la torture est l’œuvre des agents
de la documentation. Il y aurait une équipe spécialisée
dans « les opérations ». Ce sont eux qui, entre
minuit et quatre heures du matin, font le tour des lieux de détention
pour corriger les renégats. Les victimes affirment que les
policiers spécialistes ès torture n’apparaissent
que la nuit, telle un moustique anophèle qui ne sort que
tard dans la nuit pour donner la mort.
Burundi-élections
L’UPRONA veut des voix, l’aile Mukasi s’indigne
Bujumbura le 13 juillet 10 (SurviT-Banguka)
Après avoir appelé ses militants à bouder
l’élection présidentielle, le parti UPRONA
exhorte aujourd’hui tous ses militants à participer
au scrutin et à voter pour ses candidats aux élections
législatives. Le Docteur Yves Sahinguvu est même allé plus
loin en invitant les militants de la galaxie des partis politiques
ligués au sein de l’ADC-Ikibiri à voter pour
l’UPRONA au lieu de boycotter ce scrutin comme le leur recommandent
les leaders de l’opposition. Tête de liste dans sa
commune natale de Bukeye, le Dr Yves Sahinguvu est effectivement
en campagne pour décrocher le siège de député.
Dans cette même province, il est talonné de près
par la vice-président de l’UPRONA, Mme Concilie Nibigira.
Du côté de la mairie de Bujumbura, c’est la
même effervescence. Dans une conférence de presse
qu’il a organisée le 12 juillet à la permanence
du parti, Popon Mudugu, premier secrétaire du parti en mairie
de Bujumbura, a indiqué que la voix de l’UPRONA ne
saurait être entendue si le parti reste en dehors du parlement.
Mais cette course vers le parlement écœure les militants
de l’aile Charles Mukasi de l’UPRONA. Sans être
partie prenante de la coalition Alliance démocratique pour
le changement (ADC-Ikibiri), cette frange d’intransigeants
pilotée par Maître Gabriel Sinarinzi estime toujours
que rien de bon ne devrait venir d’un processus électoral
piloté de bout en bout par un cocktail de criminels. Dans
une déclaration publiée le 12 juillet 10, l’Uprona
aile Charles Mukasi, affirme que c’est le buyoyisme qui continue à miner « la
structure bâtardisée » de Kumugumya. Maître
Gabriel Sinarinzi réaffirme sa position de militer au sein
d’une opposition extra- parlementaire afin de pouvoir rester
le fer de lance de la lutte contre le génocide et pour la
restauration d’un Etat de droit au Burundi. Ainsi, au chapitre
des principaux griefs mis au dos des militants du parti UPRONA
qui acceptent de rester dans le coche, Maître Gabriel Sinarinzi
rappelle qu’ils ont adhéré aux conventions
institutionnalisant le racisme ethnique et le génocide,
accepté l’impunité du crime absolu et souscrit à la
politique des quotas ethniques. « Aussi, ils viennent de
cautionner les fraudes électorales pour se satisfaire des
miettes que voudra leur laisser le Cndd-Fdd, je dois rappeler à nos
membres et sympathisants que pour renouer avec les idéaux
du prince Louis Rwagasore, il faudra renoncer au racisme ethnique,
combattre le génocide et exiger la création du tribunal
pénal spécial pour le Burundi, condamner le détournement
des deniers publics et les fraudes de tous ordres sans oublier
les fraudes électorales », poursuit-t-il.
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