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Commémoration du 48ème anniversaire de l’assassinat
du Prince Louis Rwagasore.
C’était le soir du 13 octobre 1961, lorsque le Prince
Louis Rwagasore, grand artisan de l’indépendance du
Burundi, a été tragiquement abattu par des tireurs
embusqués et préalablement achetés par ses
détracteurs, aux abords du lac Tanganyika, à Bujumbura.
Le héros disparu était encore dans la fleur de l’âge
mais il avait déjà à son actif une œuvre
titanesque dont se souviendront toujours toutes les générations
au Burundi : la victoire de l’UPRONA et la mise en orbite
du Burundi qui, du coup, a entamé en ce moment sa dernière
ligne droite vers l’autodétermination tant rêvée.
Le 48ème anniversaire de son assassinat arrive aussi au
lendemain de la réunification du parti UPRONA qui, historiquement,
lui doit sa marque de fabrique et sa philosophie. Après
des années de méfiance, de dispersion et de suspicion,
les militants de l’UPRONA ont retrouvé la raison du
mouvement et décidé de se rapprocher pour se rallier
autour de la même idéologie initiale, celle que défendait
et illustrait corps et âme le Prince Louis Rwagasore. Cette
réunification du parti UPRONA doublée de la récente
organisation des élections indépendantes et démocratiques
en vue de lui doter une nouvelle équipe de direction, constitue
sans aucun doute une excellente façon d’honorer sa
mémoire.
Mais les héritiers du Prince, en l’occurrence tous
les militants du parti UPRONA, ne doivent pas baisser la garde
pour autant. Le chemin à parcourir reste immense et parsemé d’embûches.
Car la réunification et l’acquisition d’un nouveau
leadership doivent être des signes avant-coureurs d’un
saut qualitatif qui fera des militants de l’UPRONA de véritables éclaireurs
qui, à l’instar du Héros National dont ils
commémorent la disparition, vont contribuer à remorquer
les autres Burundais désespérément englués
dans le marais de corruption, de la cupidité, de l’injustice,
de l’impunité des criminels et de plusieurs autres
formes de mesquineries qui tiennent aujourd’hui le haut du
pavé médiatique dès que l’on évoque
le nom du Burundi. Cette horrible gangue affligée d’un
byzantinisme étriqué et qui mine, du dedans, le pays
pour lequel le Prince Louis Rwagasore a donné son indépendance
au prix de sa vie doit être prise pour ce qu’elle est
réellement : des crétins à embastiller. C’était
aussi le vœu ardent du Prince comme cela transparaît
dans son historique discours, prononcé le 19 septembre 1961,
au lendemain de la victoire de son parti, l’UPRONA, aux élections
l égislatives du 18 septembre.
En voici un des extraits les plus mémorables actuels : «Sans autorité forte,
aucun pays ne connaît l’ordre, la paix, la tranquillité.
Sans autorité forte, point de progrès. C’est aussi le triomphe
de la démocratie telle que le peuple murundi la comprend et la veut,
c’est-à-dire la véritable justice sociale plutôt
que des formes extérieures d’une démocratie de surface.
L’heure est arrivée de se pencher sur les véritables problèmes
de la nation : problèmes économiques surtout, problèmes
de la terre et de l’émancipation sociale du petit peuple, problèmes
de l’enseignement et tant d’autres, auxquels nous cherchons et
trouverons des solutions qui nous sont propres. Il faut surtout que les habitants
du Burundi se sentent en paix et en sécurité, que personne ne
se croit menacé et que chacun ait confiance dans la protection du Gouvernement.
C’est pourquoi ce Gouvernement qui sera formé bientôt aura
comme premier devoir de sévir sévèrement contre tout fauteur
des troubles, les irresponsables quels qu’ils soient. Aux voleurs, agresseurs
et bandits de toute espèce, nous annonçons une répression énergique
et impitoyable, un châtiment dont ils se souviendront. »
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