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Actualité du 14 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Le terrorisme ne paie pas, dixit le porte-parole du FRODEBU
Bujumbura le 14 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Sylvestre Niyonizigiye a été inhumé le 13
janvier 2010. Ce militant percutant (tutsi) de l’UPD-ZIGAMIBANGA
avait été lynché dimanche dernier, par des
tueurs à gage, missionnés par le parti CNDD-FDD pour
faire taire les opposants de tous poils avant même le moment
solennel des élections attendues. Une immense foule de gens
révoltés, toutes sensibilités politiques et
ethniques confondues, ont participé à une messe dite
en sa mémoire à la Cathédrale Regina Mundi
de Bujumbura. Au moment des intentions, les chrétiens ont
suscité l’émotion de l’assistance en
implorant publiquement le bon Dieu pour qu’il confonde les
tueurs qui dirigent le Burundi. « Le parti au pouvoir croit
pouvoir gagner les prochaines élections par le terrorisme
et la force du canon, mais à forcer de tuer les innocents
comme ils viennent de le faire aujourd’hui, ils auront sans
doute des résultats contraires dans la mesure où même
ceux qui étaient encore attachés au CNDD-FDD constatent
qu’ils sont dans le camp de la mort et de la désolation,
c’est ainsi qu’ils finissent par le quitter pour aller
voir ailleurs », a déclaré Pancrace Cimpaye,
porte-parole du parti FRODEBU, au moment de l’inhumation
de Sylvestre Niyonizigiye. Selon des témoignages concordants,
ce dernier était chargé de la mobilisation et du
recrutement de nouveaux militants. Transfuge du CNDD-FDD, homme
de charisme et de caractère, il drainait des foules vers
son nouveau parti, UPD-ZIGAMIBANGA. C’est cela qui a fait
tiquer les leaders du parti présidentiel. Et c’est
aussi cela qui justifie son élimination.
Burundi-syndicats
Le parti présidentiel recours aux vrais faux syndicats étouffer
le malaise social.
Bujumbura le 14 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Eprouvé par les attaques tous azimuts des différentes
organisations syndicales qui s’insurgent contre sa gestion
cafouilleuse de l’Etat, le parti CNDD-FDD a trouvé un
stratagème de les désintégrer en créant
des syndicats fantoches qui lui sont essentiellement et idéologiquement
inféodés. Une première tentative avortée
avait été observée au niveau du bouillant
syndicat des enseignants du secondaire, CONAPES. Des enseignants,
militants du parti CNDD-FDD, avaient été préalablement
achetés pour organiser une fronde interne et créer
un syndicat bis, mais ils se sont vite ravisés, conscients
que la mission était d’autant plus impossible que
le parti qu’ils promettaient de défendre multipliait
les gaffes et les autres dérapages. Mais le parti présidentiel
en mal de popularité a toujours gardé son idée
de déstabiliser les associations syndicales qui, croit-il,
roulent pour l’opposition politique car ils lui mettent constamment
les bâtons dans les roues via les mouvements répétitifs
de grèves et autres dénonciations de cas de malversations
et de pillages de la caisse commune.
Dans le collimateur du CNDD-FDD se trouve aujourd’hui les
syndicats des professionnels de la santé. Les velléités
de revendications des médecins ont été étouffées
par les ex-FDD démobilisés et commués en terroristes
actifs. Ils ont canardé le syndicat des médecins,
SYMEBU, notamment en poussant à l’exil le Docteur
Pierre Claver Hajayandi, son leader charismatique. Après
avoir échappé aux multiples embuscades invariablement
tendues par les agents de la Documentation, il a décidé de
prendre le large et les médecins ont mis en veilleuse les
revendications salariales. Mais malgré tout, le malaise
est toujours perceptible, notamment chez les infirmiers. Ils viennent
de manifester leur colère en rendant public un autre préavis
de grève.
Dans moins d’une semaine, toutes les activités seront,
de nouveau, paralysées. Car tous les infirmiers et les auxiliaires
médicaux syndiqués au sein du syndicat national du
personnel soignant et aide-soignant (Synapa) auront tout plaqué pour
acculer le gouvernement à honorer tous ses engagements envers
eux. Mais au lieu de se mettre à leur écoute pour
l’intérêt général de la population,
voilà que le CNDD-FDD au pouvoir répond à leur
appel en créant un syndicat bis, dénommé Synapes
(syndicat national du personnel de la santé). Au même
moment, la ministre de la Fonction Publique, Annonciata Sendazirasa,
affirme qu’elle peut annuler des syndicats qui ne seront
pas en règle. « Ces syndicats qui n’ont plus
de membres seront supprimés tout simplement car d’autres
sont entrain de naître avec plus de militants », a-t-elle
déclaré, le 13 janvier, au cours d’une conférence
de presse.
Cette idée de créer des syndicats gouvernementaux
fait sourire les véritables leaders syndicaux. « C’est
la première fois dans le monde que l’on assiste à la
naissance d’un syndicat progouvernemental affilié au
parti au pouvoir, préalablement engagé à ne
jamais déclancher un mouvement de grève quelle que
soit la raison», confie Mélance Hakizimana, président
du SYNAPA.
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