Actualit é du 14 octobre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-partis politiques
Des bâtons dans les roues de l’UPRONA
Bujumbura le 14 octobre 09 (SurviT-Banguka)
Le parti UPRONA réunifié retrouve sa vigueur, fait
le plein dans quatre coins du pays, côté militants,
et inquiète, du coup, le CNDD-FDD (parti présidentiel)
dont la cote de popularité pique du nez à quelques
mois des nouvelles consultations électorales. Depuis quelques
temps, ses emblèmes et autres signes distinctifs sont en
effet systématiquement détruits par les militants
zélés du parti au pouvoir.
La dernière agression
date du 12 octobre 2009. En zone Maramvya de la commune Mutimbuzi,
un des militants du CNDD-FDD a publiquement et ostentatoirement
gommé les couleurs du parti UPRONA estampillées sur
une maison située en plein site de déplacés
de Buvyuka.
Cet affront a particulièrement révolté les
militants de l’UPRONA situés dans ce secteur et au
lieu de condamner l’énergumène par qui le mal
est arrivé, plusieurs membres du parti présidentiel
se sont levés comme un seul homme pour intimider les upronistes
ragaillardis. Les deux camps étaient au bord d’une
attaque frontale, n’eût été l’intervention
des Bashingantahe (notables investis).
Au niveau du leadership
du CNDD-FDD, cette attitude énergiquement condamnée
est interprétée comme un simple dérapage. « Je
dois reconnaître que cet acte d’agression perpétré à l’endroit
de l’UPRONA est bien isolé et son auteur doit être
sévèrement sanctionné car il n’a pas
agi sur ordre ou instruction des responsables du CNDD-FDD »,
réagit Onésime Nduwimana, porte-parole du parti présidentiel.
Cette réaction est loin de dissiper les inquiétudes
de la nouvelle équipe de direction de l’UPRONA.
« C’est
d’autant plus inquiétant que ce geste s’inscrit
dans une vague d’agressions enregistrées dans tous
les coins du pays ; en commune Gahombo de la province Kayanza,
un drapeau de l’UPRONA a été simplement volé par
des inconnus et l’administrateur de cette commune a empêché toute
réunion de l’UPRONA, c’est sidérant,
mais ils doivent savoir que le parti qui va gagner les prochaines élections
y arrivera grâce à un bon programme et non par la
violence », fait remarquer Bonaventure Niyoyankana, président
de l’UPRONA.
Burundi-éducation
Le Chef de l’Etat paralyse le système
Bujumbura le 14 octobre 09 (SurviT-Banguka)
C’est à un véritable comble de paradoxes qu’assistent
aujourd’hui les Burundais dans le domaine de l’enseignement
primaire et secondaire.
Alors que le Chef de l’Etat n’arrête
de venter et de capitaliser sa politique de gratuité de
l’enseignement primaire et de construction massive d’infrastructures
scolaires, le système est littéralement paralysé depuis
plus de trois semaines, en raison d’une grève monstre
unilatéralement déclanchée par les enseignants
pour réclamer l’amélioration de leurs conditions
de travail.
Par le biais de leurs organisations syndicales (CONAPES,
STEB, SLEB et SYNAPEP), tous les enseignants du primaire
et du secondaire ont en effet décidé de tout plaquer. Ils
se disent cruellement grugés par le gouvernement qui, depuis
plus de dix-sept mois, retient injustement leurs cotisations et
refuse d’appliquer intégralement l’accord conclu
en 2006 avec ces différents syndicats.
Dans le fond, ils
réclament une série de primes et autres indemnités
ainsi que le déblocage des carrières et l’avancement
de grades gelés depuis des décennies. Dans une conférence
de presse que les leaders des quatre syndicats ont conjointement
animée le 12 octobre 09, ils indiquent qu’ils ne vont
pas céder aux menaces ou au chantage du pouvoir.
« Nous
n’allons pas prendre les armes pour arracher nos droits comme
l’ont fait ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, nous
allons lutter par voie légale et la vérité finira
par gagner mais d’ores et déjà nous rappelons
que nous ne reprendrons jamais le service aussi longtemps que le
gouvernement restera sourd à nos revendications »,
explique Mme Eulalie Nibizi, présidente du STEB.
Pour les
acculer à mettre fin à cette grève illimitée,
le gouvernement a suspendu les salaires. Mais les enseignants promettent
d’aller jusqu’au bout. L’impasse est donc totale
et curieusement, le chef de l’Etat ne s’en émeut
pas outre mesure. En effet, depuis le début de ce mouvement
de grève, le Chef de l’Etat ne s’est jamais
exprimé sur ce dossier si ce n’est pour mettre ce
malaise sur le dos de l’opposition politique. « C’est
simple, ils veulent faire échouer ma politique dans le domaine
de l’éducations comme dans celui de la santé»,
laisse-t-il entendre.
|