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Actualité du 14 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-fraudes
Deux cadres du service des douanes refusent de servir
de fusibles à griller
Bujumbura le 09 (SurviT-Banguka)
Il y a quelques jours, la police burundaise débusquait
une énorme quantité de marchandises non encore dédouanées
dans une maison située au quartier asiatique en Mairie de
Bujumbura. Les policiers ont mis les scellés en attendant
l’identification du propriétaire de la maison et celui
de ce mystérieux colis. Après enquêtes et vérifications,
ils se sont rendus compte que le bâtiment appartient à un
certain Vénérand Kazohera, ami personnel du Président
burundais Pierre Nkurunziza. Mais le propriétaire de la
maison a catégoriquement nié le fait qu’il
pourrait être aussi responsable de ces marchandises, arguant
qu’elles appartiennent au locataire de la maison. Ce dernier
est insaisissable et d’aucuns disent que c’est un montage
de Vénérand Kazohera, fraudeur multirécidiviste
en complicité avec une main puissante dans les hautes sphères
de l’administration. N’ayant pas mis la main sur le
présumé propriétaire, la police a forcé la
maison pour récupérer les marchandises en vue d’une éventuelle
vente aux enchères. Mais curieusement, la maison était
vide. Mystère. La police a alors tourné son regard
vers la douane car le fraudeur, qui n’en était pas à son
premier coup, avait clairement bénéficié de
la complicité des services des douanes. Deux cadres ont
alors été suspendus de leurs fonctions. Ils ont porté l’affaire à la
cour administrative et ils menacent de tout déballer. Le
dossier impliquerait en réalité le Chef de l’Etat
qui, par le biais de ses complices, importerait sur fond de forte évasion
fiscale, du matériau de construction pour écoles
et autres centres de santé, usant malignement du fameux « fonds
d’appui aux bonnes initiatives » doté de deux
milliards de francs burundais. C’est aussi grâce à ce
fonds controversé qu’il achète des plants d’avocatiers
(3000Fbu la pièce) à la fondation Ubuntu que contrôle
tout aussi malignement son épouse Denise Nkurunziza.
Burundi-droits de l’homme
Le recul est profondément inquiétant, dixit
Akich Okola
Bujumbura le 09 (SurviT-Banguka)
Au bout d’une visite de onze jours au Burundi, Akich Okola,
Expert indépendant des droits de l’homme pour le compte
des Nations Unies, se dit profondément inquiet de l’enlisement
progressif de la situation. Dans une conférence de presse
qu’il a organisée dans les enceintes de l’Office
du Haut Commissariat des Droits de l’Homme à Bujumbura,
il a énergiquement déploré la persécution
des voix discordantes, la restriction éhontée des
libertés politiques et d’association, le pullulement
de miliciens inféodés au parti présidentiel
(CNDD-FDD), la diabolisation injustifiée des organisations
de la société civile qui ont voix au chapitre et
qui en disent trop sur les nombreux dérapages du pouvoir,
ainsi que le niveau dangereusement élevé de violences
faites aux femmes/filles. « Rien qu’en observant le
traitement des dossiers des assassinats politiques, on remarque
que le pouvoir a toujours une main derrière, c’est
ainsi que les enquêtes n’aboutissent jamais ; le mystère
est toujours total sur les massacres de Muyinga, les assassins
de l’ancien vice-président de l’OLUCOME, Ernest
Manirumva courent toujours et on en est à la troisième
commission d’enquête, tout cela constitue des manœuvres
dilatoires pour fausser les vraies pistes qui pourtant ne sont
que trop connues », illustre Monsieur Droits de l’Homme
des Nations Unies. Le dossier « Forum pour le renforcement
de la société civile, FORSC » a également
fait l’objet de son attention particulière. De son
point de vue, le ministre de l’Intérieur devrait arrêter
de mettre les bâtons dans les roues des organisations de
la société civile car leur liberté d’action
est un indice sérieux de niveau de démocratie dans
le pays. Au chapitre sécuritaire, l’Expert onusien
regrette que le parti présidentiel soit entrain de miner
le pays en mettant sur place des groupes de jeunes « Imbonerakure »,
militairement entraînés pour intimider les électeurs
qui ne voteront pas pour lui. Akich Okola met la recrudescence
des viols et autres actes de violences faits aux femmes/filles à l’impunité à laquelle
le parti présidentiel fait le lit.
Burundi-élections
Le tripatouillage démarre par la carte d’identité
Bujumbura le 09 (SurviT-Banguka)
C’est flagrant et déjà dit : le parti CNDD-FDD
a pris l’option de brouiller la campagne de distribution
des cartes nationales d’identité à des fins électorales.
Dans les provinces de Cibitoke et de Bubanza, les administrateurs
communaux qui, pour la plupart, sont des militants zélés
du CNDD-FDD, ont refusé aux traditionnels services d’Etat
civile de délivrer ces cartes. Seuls les directeurs des écoles
primaires et les chefs de secteurs distribuent ces pièces
d’identité à partir des ménages préalablement
identifiés en raison de leur niveau de militantisme au sein
de ce parti en perte d’audience. Aucune autorité ne
déplore ces irrégularités alors que le phénomène
est officiel notamment en commune Murwi où c’est le
directeur du lycée communal de Buseruko (en même temps
président du CNDD-FDD) qui fait photographier les demandeurs
potentiels et distribue ces pièces. Résultat, seuls
les militants de son parti sont servis. Mais ce qui est davantage
inquiétant, comme le rapportent quotidiennement les médias
et les associations de la société civile, la distribution
se fait dans un désordre absolu. Même les enfants
de l’école primaire en bénéficient alors
sans avoir l’âge requis. Les acteurs politiques de
l’opposition s’inquiètent profondément
de ce dysfonctionnement naturellement préjudiciable à la
régularité des élections en perspective
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