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Actualité du 15 juin (SurviT-Banguka)
Burundi-démocratie
Le ver est dans le fruit
Bujumbura le 15 juin (SurviT-Banguka)
En validant une mascarade d’élections communales
organisées récemment au Burundi, la CENI et le parti
CNDD-FDD au pouvoir ont sérieusement raboté la démocratie
naissante au Burundi. Auteur et bénéficiaire des
fraudes massives qui ont ostentatoirement émaillé les élections
controversées, le parti présidentiel, CNDD-FDD, est
indiscutablement conscient que le flagrant délit est trop
voyant. Mais il mise sur l’impunité ambiante et active
sa cartouche fétiche de terrorisme d’Etat. Comme tout
au long de cette législature finissante, il redouble de
duplicité, d’arrogance et d’agressivité envers
la galaxie des opposants et la société en général.
La psychose a gagné la ville et comme au plus fort de la
crise que d’aucuns croyaient reléguée aux oubliettes
de l’histoire, les nuits sont de nouveau ponctuées
de crépitements d’armes automatiques et de bruits
d’explosions de grenades. La population est constamment en
proie à une peur-panique. Comme toujours, le Chef de l’Etat
brille par un mutisme décapant. Point n’est besoin
de se faire la moindre illusion sur la quasi évidente issue
des enquêtes en cours. La police devrait rapidement tout
mettre au dos des opposants pour mieux les mettre au noir pendant
la poursuite du processus. La douzaine d’opposants ne fléchit
pas pour autant. Ils ont déjà alerté l’opinion
nationale et internationale sur la vacuité d’un processus électoral
a priori biaisé et qui exclut les autres acteurs. « Nous
allons résister jusqu’à la dernière énergie
et l’inévitable se produira sans aucun doute »,
menace l’ancien journaliste Alexis Sinduhije, président
du parti MSD. Après avoir boudé les élections
présidentielles pour réclamer la reprise des communales
et la dissolution de la très corrompue commission électorale,
les douze partis politiques, ont annoncé qu’ils ne
vont même pas siéger aux conseils communaux. En apprenant
cela, la CENI et le CNDD-FDD ont tiqué. « Bien qu’il
a usé de fraudes massives, le CNDD-FDD n’a pas tous
les sièges des conseillers communaux partout, ce n’est
que dans la commune de Gishubi, province Gitega, où il a
tout raflé, mêmes prétendument élus,
les seuls conseillers de ce parti ne pourront pas se réunir
pour élire des administrateurs communaux et plus tard les
sénateurs…l’impasse est donc sérieuse
et la voix des contestataires devrait être davantage écoutée »,
fait remarquer un analyste politique. Ayant eu écho de cet
inconfort, la CENI étonne, anticipe et menace de remplacer
les élus par les perdants. « Si les partis qui ont
des sièges aux conseils communaux refusent de les occuper,
nous les proposeront aux autres partis qui suivent », explique
avec un brin d’improvisation, Prosper Ntahorwamiye, commissaire
chargé de communication à la CENI.
Burundi-élections
La confusion plane autour de la composition des conseils communaux
Bujumbura le 15 juin (SurviT-Banguka)
Le parti FNL d’Agathon Rwasa a déjà annoncé que
ses élus ne siègeront pas aux conseils communaux
aux côtés des militants du CNDD-FDD qui y sont irrégulièrement.
Tous les partis circonstanciellement ligués dans « l’alliance
démocratique pour le changement, ADC-Ikibiri » devraient
adopter cette attitude car ils agissent désormais comme
un seul et unique parti ayant Léonard Nyangoma (CNDD) comme
porte-parole et Chauvineau Mugwengwezo (UPD) comme porte-parole
adjoint. Mais le parti UPRONA qui, après avoir refusé les
résultats des communales a aussi demandé l’annulation
du scrutin et la dissolution de la CENI, entretient encore le suspens
sur son éventuelle participation aux conseils communaux
proportionnellement à son score. « Nous n’avons
pas encore pris la décision mais tout dépendra de
la position de la CENI et comme vous savez, l’UPRONA ne prend
jamais de décision hâtive ou irréfléchie,
il y a donc des organes qui prendront cette décision le
moment opportun », explique l’honorable Bonaventure
Niyoyankana, président de l’UPRONA. Cette position
des principaux partis d’opposition embarrasse particulièrement
la CENI qui, de but en blanc, est face à un scénario
auquel elle n’avait jamais pensé. Pressé par
les médias pour connaître sa réaction face à une
telle situation, Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la CENI,
indique que la CENI sera obligée de tendre la main aux petits
partis qui ont récolté des miettes. « Si les
partis refusent leurs sièges aux conseils communaux, nous
nous adresserons aux individus concernés et si ces derniers
refusent, nous serons obligés de contacter les partis suivants,
sur la liste », explique-t-il. Mais selon de nombreux observateurs,
cette réaction frise le ridicule car une telle démarche
serait essentiellement antidémocratique et simplement synonyme
de simples nominations. L’ancien rebelle Agathon Rwasa, leader
du parti FNL, en rit, lui qui croit encore que le Burundi profond
lui reste religieusement soumis dans une large majorité.
Cette fois, l’actuel et futur président aura décidément
du mal à cultiver son jardin.
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