ET SI TOUT CITOYEN BURUNDAIS, POLITICIEN
ZELE OU PAS BALAYAIT DEVANT SA PROPRE PORTE
Dans l’édito « Le site web tutsi.org relooké » du
1er septembre 2009, nous nous engageons à condamner fermement
tout mal ou abus, quel que soit son auteur. Nous n’avons
aucun objectif de polémiquer, encore moins de répondre
aux provocations. Le but de ce papier est de lancer un appel à chaque
compatriote pour un peu de retenu et de modestie dans ses actes
comme dans ses écrits envers ses concitoyens.
Depuis un certain temps, les internautes lisent des flèches
vénéneuses décochées contre l’organisation
SurviT-Banguka, par des compatriotes bien connus. La raison majeure
de cette stratégie de culpabiliser certains membres de SurviT-Banguka
ou toute l’association est liée à sa constante
intransigeance dans la défense des intérêts
de la Patrie, de tous les citoyens burundais et plus particulièrement
les Tutsi ou d’autres minorités menacées par
le génocide, l’exclusion politique et socio économique
par certains hutu trop zélés qui oublient que « La
démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais
la protection de la minorité » ( Albert Camus ).
Alors qu’ils s’attendaient à ce que les Tutsi
se plient au dictat de la majorité numérique et ne
manifestent aucune résistance pacifique, ils ont été abasourdis
de voir la naissance et une longue vie de SurviT-Banguka, une organisation
qui assume ouvertement l’identité tutsi avec entre
autres objectifs, l’organisation des Batutsi en une véritable
communauté politique comme cela s’observe dans des
pays, comme le Burundi, où la société est à plusieurs
composantes.
Les textes fondamentaux qui régissent la République
reconnaissent ces composantes et vont même jusqu’à les
intégrer dans les textes de lois qui prévoient un
partage du pouvoir et de responsabilités.
S’organiser en une véritable communauté politique est par
conséquent un droit des Tutsi comme cela a été fait par
les autres communautés sans que les tutsi s’y opposent.
Les leaders
politiques hutus n’ont jamais caché leur volonté d’organiser
leurs congénères hutus dans cette optique. D’où la
prolifération des mouvements rebelles contre le pouvoir supposé tutsi.
Le premier à naitre et le dernier à intégrer les institutions
est le FNL-PALIPEHUTU. La communauté des Batwa a le droit d’élire
ses propres représentants dans les institutions actuelles du pays. Cela
ne choque personne.
Nous rassurons les sceptiques et rappelons que SurviT-Banguka
n’a aucun
objectif de s’attaquer à une quelconque communauté burundaise.
SurviT-Banguka respecte les intérêts des autres communautés
et en retour, elle leur demande de respecter les intérêts vitaux
de tous les citoyens burundais dont le droit à la vie, à la paix, à l’éducation, à la
justice sociale, à la santé et au plein épanouissement
politique et socio économique.
Le Burundi est un pays où la société est plurale. C’est
d’ailleurs pour cette raison que sur conseils, et même, avouons-le,
sous la pression de la communauté internationale, les négociateurs
d’Arusha ont opté pour une démocratie consociative basée
sur le partage du pouvoir entre les principales communautés burundaises
en conflit.
Les règles du jeu sont bien connues et sont actées dans la constitution
que les Burundais ont acceptée par voie référendaire,
le 28 février 2005.
Le fait que Survit-Bangka se soit présenté comme le défenseur
de la cause des tutsi et autres minorités, victimes de la politique
d’exclusion, lui a valu et lui vaut encore d’être considéré comme
une bête à abattre. « Silence, laisser les hutu gouverner,
les Tutsi ont et ont eu plus qu’assez », disent les détracteurs
de SurviT-Banguka.
Le premier à donner le ton de cette croisade est le Centre Ubuntu basé à Genève,
soutenu en cela par l’organe gouvernemental de régulation de la
communication à Bujumbura.
Oui, SurviT-Banguka a porté plainte contre le Centre Ubuntu. Ce dossier
a fait couler beaucoup d’encres dans les milieux politiques et diplomatiques
burundais et au sein de la diaspora hutu. L’affaire a été même
une aubaine pour certains pour récolter de l’argent soit disant
pour payer les frais d’avocat. La réalité est que SurviT-Banguka
n’a jamais été condamné, que le site www.tutsi.org
n’a jamais été fermé et que par conséquent,
fêter l’anniversaire de cette soit disant condamnation, comme le
relate Mme Perpétue Nshimirimana, est un non événement.
Le fond et la forme de cette affaire seront développés en détail
dans un autre article par des spécialistes des questions juridiques,
membres de SurviT-Banguka dans le seul but d’informer les internautes
et faire triompher la vérité.
Comme nous l’avons bien souligné dans notre ligne éditoriale,
l’heure a sonné de mettre fin à l’entretien de la
haine, à la culpabilisation, aux divisions multiformes et à la
jubilation d’une victoire d’un groupe de compatriotes sur un autre,
ou d’une communauté sur une autre. Il est grand temps, que tous
les burundais constatent que TOUS sommes entrain de perdre, dans la mesure
où TOUS observons la descente de la Patrie dans un profond trou noir.
Dans le strict respect de l’un et de l’autre, unissons-nous pour
trouver des solutions à nos problèmes, pour que le Burundi soit
un véritable état de droit dans lequel l’impunité sera
bannie, triomphera la paix, la stabilité, la concorde nationale et le
développement socio économique du pays. Mettons en avant dans
tous nos gestes, en paroles ou écrits et en actes, les intérêts
supérieurs de la Patrie et plus particulièrement la réconciliation
de ses citoyens qui reste une base solide du développement. Cette réconciliation
ne sera possible que si chaque homme politique, chaque citoyen ou toute organisation
burundaise nettoie devant sa propre porte. Ayons le courage de nous faire violence.
Bien sûr il est très facile de condamner l’autre. La vérité est
que tous les responsables des crimes de guerre, de génocide et contre
l’humanité commis au Burundi depuis les années de l’indépendance
sont bien connus. Les victimes, que ce soient les orphelins d’hier ou
d’aujourd’hui doivent être réhabilités dans
leur droit sans distinction d’ethnie.
Il est donc inconcevable de continuer à prendre en otage le peuple burundais
et toute la Nation burundaise. Semer, entretenir la haine et la zizanie ont
des limites. Oui, il ya des Hutu, des Tutsi, des Twa et des Ganwa qui ont été assassinés à cause
de leur ethnie. Mais, il est inacceptable de continuer à culpabiliser
les uns et autres pour les réduire au silence. Cela relève des
méthodes d’intimidation du passé. Les burundais sont condamnés à vivre
ensemble que certains compatriotes zélés le veuillent ou pas.
Nous en appelons à la responsabilité de chacun ou de chacune
d’enterrer l’esprit de vengeance et de s’abstenir de tout
acte d’entretien de la haine. Tous les burundais, ensemble, dans le respect
mutuel, reconstruisons le Burundi pour que Notre Patrie retrouve l’honneur
et la dignité dans le concert des Nations et ce, dans l’intérêt
supérieur du peuple MURUNDI.
Ndikuriyo Pierre
Suède
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