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Actualité du 16 février 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Qui du parti UPD ou CNDD-FDD pourrait replonger le Burundi
dans un total chaos?
Bujumbura le 16 février 10 (SurviT-Banguka)
Dans son édition de la mi-journée du 15 février
10, la très partisane radio du CNDD-FDD, Rema-FM que coiffe
un certain Willy Nyamitwe, a formellement accusé le parti
UPD-ZIGAMIBANGA de fomenter un coup pour brouiller la situation
déclancher une autre guerre totale dans le pays et éloigner
toute éventualité d’organiser des élections
libres, transparentes et apaisées au Burundi. «Sous
la houlette de l’ancien président du CNDD-FDD, Hussein
Rajabu aujourd’hui en prison, et grâce à la
mobilisation/sensibilisation des anciens députés
toujours soumis à ce gourou, une réunion de déstabilisation
du pays a été nuitamment tenue la semaine dernière à Bujumbura à cette
fin ; il y avait notamment Mme Nadine Nzomukunda, Kagabo Jean et
bien d’autres encore… d’autres réunions
du genre s’organisent un peu partout dans le pays et l’idée
qui les sous-tend chaque fois est de créer le chaos dans
le pays afin d’empêcher l’organisation des élections »,
a diffusé la radio du parti présidentiel. Manifestement,
même en étant en prison, le spectre de l’honorable
Hussein Rajabu continue de hanter le CNDD-FDD qui le prend toujours
pour un déstabilisateur potentiel. Mais nul n’a le
monopole de la violence ; car par les temps qui courent, cette
idée de déstabilisation est aussi évoquée
par le principal parti d’opposition, Sahwanya-FRODEBU et
le principal accusé est, cette fois, le CNDD-FDD. Selon
le vice-président du FRODEBU, le CNDD-FDD aurait recommandé à ses
nombreux miliciens dispersés dans le pays à semer
la terreur et la confusion en particulier le jour des élections
afin que seuls les Bagumyabanga (membres du CNDD-FDD) puissent
aller voter. « La consigne a été donnée à tous
les militants du CNDD-FDD pour aller voter très tôt
le matin afin que la pagaille commence au moment où leurs
voix auront été enregistrées et il y aura
certainement mort d’homme », déclare Frédéric
Bamvuginyumvira.
Burundi – Justice
Des magistrats religieusement soumis à l’exécutif
Bujumbura le 16 février 10 (SurviT-Banguka)
Grâce à l’initiative de la ligue des droits
de l’homme « Iteka », les acteurs sociopolitiques
viennent de débattre sur le quid l’indépendance
de la magistrature au Burundi. Il a été constaté qu’au
moment où le syndicat des magistrats réclame à tue-tête
l’amélioration des conditions de travail des magistrats
et l’indépendance du pouvoir judiciaire,d’autres
magistrats, ridiculement inféodés au parti présidentiel,
s’accommodent à la situation de soumission inconditionnelle
au parti CNDD-FDD. C’est ce qui justifie les propos de Gérard
Rugemintwaza, secrétaire général et porte-parole
de la cour suprême et du ministère de l’Intérieur,
au sujet de l’indépendance de la magistrature. « Je
pense qu’il est compréhensible que les magistrats
qui occupent des postes de responsabilité soient changés
dès lors qu’un parti prend le contrôle du pays
car le nouveau dirigeant doit collaborer avec les magistrats de
son choix, c’est indiscutable », explique-t-il. Bien
que le Burundi se dise officiellement sur la voix de la démocratie,
sa cote est encore mauvaise car il n’y a pas de cloison étanche
entre les trois piliers du pouvoir. « C’est ahurissant
d’entendre de tels propos de la bouche d’un prétendu
praticien de droit, mais cela peut surprendre sans étonner
car nous savons qu’il y a au Burundi des magistrats militants
même si c’est regrettable et rien qu’en entendant
le porte-parole de la cour suprême (justice) se dire qu’il
est en même temps porte-parole du ministère de la
justice (exécutif) on comprend qu’il y a dès
le départ anguille sous roche », réagit l’honorable
Anicet Niyongabo, député UPRONA. Selon Vital Nshimirimana,
président du Syndicat des magistrats du Burundi, il serait
utopique de parler de l’indépendance de la magistrature
au Burundi. « Dans la vie de tous les jours, le magistrat
ne peut pas prononcer ou rendre des jugements en âme et conscience
du moment qu’il n’est pas stable ; nous déplorons
la violation du principe de l’inamovibilité qui lui
confère une certaine stabilité et qui permet normalement
au magistrat de rendre des jugements en toute indépendance »,
fait-il remarquer. De l’avis du Maître Onésime
Kabayabaya du parti ADR, le vice commence par la composition du
conseil supérieur de la magistrature qui est présidé par
le président de la République et secondé par
le ministre de la Justice. Il est en outre constitué de
15 membres dont huit sont nommés par l’exécutif. « Nous
déplorons le fait que la configuration de l’appareil
judiciaire corresponde presque entièrement à la configuration
de l’appareil politique, le conseil supérieur de la
magistrature ne correspond pas à ce que devraient être
les rapports entre le judiciaire et l’exécutif, conformément à l’article
209 de la Constitution qui parle de l’indépendance
et de l’impartialité du juge vis-à-vis du pouvoir
exécutif et du pouvoir législatif », a-t-il
fait remarquer.
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