Retour sur la vague de démocratisation au sein de l’UPRONA.


Le récent et heureux aboutissement du processus de réunification du parti UPRONA semble avoir laissé l’opinion nationale et internationale de marbre alors qu’il s’agissait d’une incontestable preuve de démocratisation au sein de cette organisation politique à laquelle la nation doit sa souveraineté.

Pour briser cette glace d’indifférence coupable et ingrate, SurviT-Banguka a décidé de revenir sur cet événement afin de défendre et illustrer ce model de démocratie et cet esprit de revitalisation du parti, gage d’une bonne posture au moment des prochaines élections.

L’unité retrouvée résulte en effet d’un long et laborieux processus de rapprochement des deux tendances hier rivales, initié par une équipe mixte de militants convaincus que le parti est menacé de l’implosion/disparition et que seul le retour au bercail de tous les militants, doublé d’un recrutement massif de bien d’autres encore, pourra lui permettre de redorer son blason.


Le deux août 2009, date de tenue officielle du congrès extraordinaire qui consacra la réunification tant rêvée, restera sans aucun doute gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire du parti.
Un bref regard rétrospectif sur les moments forts de cet historique congrès permet de relever trois éléments majeurs : le congrès a d’abord connu une massive participation.

Et pour cause. C’était un solennel moment de retrouvailles et de brassage de dinosaures et autres étoiles montantes du parti. Même l’ancien président de la république Pierre Buyoya (et son épouse) qui a conduit le pays sous label UPRONA, n’a pas raté le rendez-vous, entouré de ses deux colonels fétiche, en l’occurrence Bikomagu et Simbanduku.

Ensuite, comme pour bien d’autres grands rendez-vous électoraux, le congrès du deux août fut une occasion de jeux d’alliances et de mésalliances qui a glorieusement conduit à la désignation d’un Chef et de son adjoint. Au départ, dix candidats étaient en lice pour briguer la présidence de l’UPRONA, en l’occurrence les députés Térence Sinunguruza, Catherine Mabobori, Bonaventure Niyoyakankana, Anicet Niyongabo, le professeur Charles Nditije, MM. André Ndayizamba, Stany Habonimana, Delphin Ndikumana, Astère Girukwigomba et Polycarpe Nganyirimana.


D’entrée de jeu, l’honorable Bonaventure Niyoyankana a bénéficié de l’appui de Stany Habonimana, Polycarpe Nganyirimana et Delphin Ndikumana. Les députés Catherine Mabobori et Anicet Niyongabo ont appelé à voter pour Térence Sinunguruza au moment où André Ndayizamba se désistait en faveur du professeur Charles Nditije. Au moment décisif des élections, l’honorable Bonaventure Niyoyankana caracolait déjà en tête de liste avec 387 voix sur 908 votants. Il était suivi, de loin par le professeur Charles Nditije (190 voix), Térence Sinunguruza (187 voix) et Astère Girukwigomba (138 voix).


Le second tour fut naturellement décisif et, sans surprise, le député Bonaventure Niyoyankana a été élu président de l’UPRONA avec 571 voix contre 303 pour son challenger, Charles Nditije.
Comme initialement convenu, le poste de vice-président revenait à un candidat de l’aile Charles Mukasi et c’est Mme Concilie Nibigira qui a rencontré l’assentiment de la majorité des électeurs.


Enfin, en se dotant démocratiquement d’une nouvelle équipe de direction, l’UPRONA unifié a fait preuve d’une incontestable maturité politique. Il devrait servir de leçon pour tout le pays en perpétuelle quête de leadership par voix démocratique. Mais le temps des congratulations est fini et la nouvelle équipe ne doit pas dormir sur ses lauriers au risque de décevoir ou de tomber dans le déjà-vu.

Car les défis qui les attendent sont immenses. Et cette nouvelle équipe devra se sublimer pour amener le parti à retrouver sa quintessence idéologique telle qu’elle était initialement conçue par le Prince Louis Rwagasore. Son historique discours programme prononcé au lendemain de la victoire de son parti (le 18 septembre 1961) reste d’une actualité brûlante.

Les grands sujets de préoccupations n’ont guère changé comme on peut le constater dans cet extrait.

«Sans autorité forte, aucun pays ne connaît l’ordre, la paix, la tranquillité. Sans autorité forte, point de progrès. C’est aussi le triomphe de la démocratie telle que le peuple murundi la comprend et la veut, c’est-à-dire la véritable justice sociale plutôt que des formes extérieures d’une démocratie de surface. L’heure est arrivée de se pencher sur les véritables problèmes de la nation : problèmes économiques surtout, problèmes de la terre et de l’émancipation sociale du petit peuple, problèmes de l’enseignement et tant d’autres, auxquels nous cherchons et trouverons des solutions qui nous sont propres.Il faut surtout que les habitants du Burundi se sentent en paix et en sécurité, que personne ne se croit menacé et que chacun ait confiance dans la protection du Gouvernement. C’est pourquoi ce Gouvernement qui sera formé bientôt aura comme premier devoir de sévir sévèrement contre tout fauteur des troubles, les irresponsables quels qu’ils soient.».

Les questions de sécurité, de déficit de leadership, de manque de vision pour le développement, de justice pour tous, etc. restent encore des énigmes à casser.


Manifestement, toutes ces questions de l’heure sont encore loin des préoccupations des dirigeants actuels du pays. C’est ainsi que l’UPRONA requinqué devrait contribuer à relever ces défis, notamment en luttant énergiquement contre le génocide, en se battant becs et ongles pour la mise sur pied d’un Tribunal Pénal Spécial pour juger tous les crimes de guerre et de génocide et en restaurant un Etat de droit au Burundi.


Ainsi, pour ne pas naviguer à vue, la nouvelle équipe dirigeante de l’UPRONA devra, tout en se modernisant et en se rajeunissant, se doter d’un excellent programme qui fera office de tableau de bord. Elle ira naturellement se ressourcer dans l’inoxydable programme du Prince. Bien plus, pour bien assurer ses arrières, l’UPRONA devra continuer de rassembler ses membres et d’enregistrer de nouveaux adhérents en renouant ses liens avec l’électorat. Dans ces conditions, pour ne pas rater les prochaines consultations électorales, ce parti devra organiser des primaires au niveau de tout le pays afin que les Badasigna (militants) désignent leurs propres représentants. C'est alors et alors seulement que l'UPRONA obtiendra un score honorable qui lui permettra de peser dans la balance.


Reste qu’au chapitre des défis se trouve, enfin, l’instauration d’un dialogue franc, sincère et permanent entre l'UPRONA interne et les Burundais de la diaspora afin de les mettre à contribution dans ce vaste chantier de la démocratie et du progrès tous azimuts.

SurviT-Banguka,

La rédaction

 




 
     
     
     
     
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