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Actualité du 16 novembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-société civile
Le CNDD-FDD menace de suspendre l’action du FORSC
Bujumbura le 16 novembre 09 (SurviT-Banguka)
S’il y a une organisation de la société civile
qui braque constamment ses projecteurs sur les manquements ou plutôt
les multiples dérapages du parti présidentiel (CNDD-FDD)
au Burundi, c’est le Forum pour le Renforcement de la Société Civile,
FORSC. De l’assassinat de l’ancien vice-président
de l’OLUCOME, Ernest Manirumva, au meurtre de Salvator Sabiriho,
un ancien militaire récemment battu à mort par les
policiers qui assurent la garde du gouverneur de Kayanza, Senel
Nduwimana, en passant les massacres de Muyinga, le bradage du jet
présidentiel Falcon 50, l’affaire Interpetrol….cette
plateforme de près de deux cents associations disséminées à travers
tout le pays n’a pratiquement fermé les yeux sur aucune
bavure des commis de l’Etat ou du parti aux affaires. Mais
ce culot lui vaut plusieurs flèches vénéneuses
décochées par le parti aux abois, en vue de faire
taire cette super organisation à la langue pendante. Aujourd’hui,
le vase de l’indignation du parti qui fout le camp semble être
désespérément débordé. Et la
goutte d’eau qui aura tout gâché est le virulent
discours du Délégué Général
du FORSC, Pacifique Nininahazwe, à l’occasion de l’enterrement
de Salvator Sabiriho à Kayanza, le 7 novembre dernier. « Un
gouverneur est comme le représentant du Chef de l’Etat
au niveau de la province, c’est ainsi que le gouverneur de
Kayanza qui est incontestablement auteur de cet assassinat, doit être
rapidement suspendu dans ses fonctions et référé sans
délais devant les instances judiciaires, sinon nous serons
en droit de penser que le Chef de l’Etat est complice de
ces criminels qui, depuis plusieurs années, jouissent toujours
d’une mystérieuse impunité », a déclaré Pacifique
Nininahazwe. A la veille des élections de 2010, de tels
propos devraient froisser l’amour-propre du président
candidat, Pierre Nkurunziza. C’est ainsi qu’il a demandé à son
ministre de l’Intérieur de faire des remontrances
aux organisations de la société civile qui ont pignon
sur rue et qui en disent trop sur les dérapages du pouvoir.
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Edouard Nduwimana,
ministre burundais de l’Intérieur, a convoqué les
responsables de cinq principales associations burundaises, en l’occurrence
l’OAG, le FORSC, ITEKA, APRODH et OLUCOME pour leur faire écouter
le discours du Délégué Général
du FORSC pour prouver qu’il est «accusé d’outrage
au chef de l’Etat ». « Nous savons que les principaux
animateurs de la société civile sont aussi membres
des partis d’opposition, c’est pourquoi nous n’allons
pas nous laisser faire et pour annoncer la couleur nous allons
frapper sérieusement au sein du FORSC », a tempêté Edouard
Nduwimana.
Burundi-élections
Distribution sélective de cartes d’identité en
vue de truquer les élections
Bujumbura le 16 novembre 09 (SurviT-Banguka)
Après le tollé de contestations observé au
niveau des partis FRODEBU et UPD-Zigamibanga, c’est autour
de l’UPRONA de dénoncer le flou et le clientélisme
qui entourent la distribution des cartes d’identité dans
le pays. Dans un communiqué qu’il a publié le
13 novembre 09, le parti UPRONA s’insurge énergiquement
contre une campagne de distribution sélective de cartes
d’identités. « Sur terrain, nos militants sont
témoins oculaires de cette injustice qui crève les
yeux : les cartes d’identités sont massivement distribuées
aux seuls militants du CNDD-FDD et même aux étrangers
qui promettent de voter pour ce parti en 2010 ; pendant ce temps,
les non militants du parti présidentiel sont harcelés
et soumis aux amendes et autres taxes préalables et illégales,
en l’occurrence les frais de contribution aux travaux communautaires »,
s’indigne Bonaventure Niyoyankana, président du parti
UPRONA. De témoignages concordants indiquent que les réfugiés
rwandais installés au nord du Burundi ont bénéficié de
ces cartes d’identités, ainsi que de nombreux autres
jeunes burundais de moins de seize ans. L’objectif du parti
présidentiel est d’inscrire sur les listes électorales
des candidats qui, à coup sûr, voteront pour lui.
Burundi-malversations
Le CNDD-FDD est pris en flagrant délit
Bujumbura le 16 novembre 09 (SurviT-Banguka)
C’est encore une fois l’Observatoire de lutte contre
la corruption et les malversations économiques, OLUCOME,
qui lève le coin de voile sur les actes de fraude perpétrés
par le parti au pouvoir CNDD-FDD en complicité avec le Chef
de l’Etat. En commune de Matongo, province Kayanza, les tôles
qui couvrent la toiture de la maison qui sert de permanence
du parti CNDD-FDD sont estampillées « multiplions écoles
et centres de santé dans le pays ». Il s’agit
en réalité d’un cachet de la présidence
de la République qui est mis sur les tôles, le ciment
et autres matériaux de constructions des infrastructures
sociales (écoles, centres de santé…) dans le
cadre des activités de développement initiées
et supervisées par le Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza.
Le parlement burundais lui a voté un budget spécial
et très controversé, de deux milliards de francs
burundais sur le compte « appui aux bonnes initiatives ». «Tous
les responsables du parti CNDD-FDD et de l’administration à Kayanza
nous ont confirmé que ces tôles viennent de la permanence
du parti à Bujumbura et le Chef de cabinet du président
de la République reconnaît que ces tôles appartiennent à la
présidence de la république et sont destinées
aux travaux de développement, en guise de conclusion, nous
disons que le CNDD-FDD confond les biens de l’Etat avec les
siens propres », confie Gabriel Rufyiri, président
de l’OLUCOME.
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