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Actualité du 16 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Bruit de bottes dans Bujumbura rural
Bujumbura le 16 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Pas de répit pour les habitants des communes Nyabiraba,
Mubimbi, Isale ou encore Mutambu dans la province de Bujumbura
rural jouxtant la mairie de Bujumbura. Au moment où la quasi-totalité du
pays caressait l’espoir de recouvrer la sereinement, alors
que la vie commençait à renaître jusqu’au
fin fond du pays, en dépit de la persistance de poches résiduelles
de criminalité, voilà que le climat de tension et
de peur panique reprend le dessus, dans cet historique repaire
de rebelles. Depuis quelques jours, une bande d’hommes en
armes et uniforme militaire flambant neuve sème la panique
générale dans cette circonscription et les autorités
locales qui, pour la plupart, sont des rescapés de la longue
crise dont le pays tentait encore de se dégager s’apprêtent
désormais à reprendre la voix de l’exil. « Nous
n’avions jamais vu ce genre de rebelles disposant d’habits
tout neufs et armés de fusils de type silencieux, c’est
hyper moderne et tout indique que cette bande est appuyée
par un haut responsable du pays c’est ainsi que les éléments
de la police ou de l’armée ne semblent pas inquiets
quand ils voient ces nouveaux irréguliers », s’indigne
un paysan de la zone Kibuye en commune Isale. Actuellement,
ces rebelles indexés surgissent particulièrement
pendant la nuit pour se ruer sur les animaux domestiques, en l’occurrence
les porcs, les chèvres et les vaches qu’ils dépècent
sur-le-champ.
Burundi-élections
Points de vue croisés sur médias, élections
et légitimité démocratique
Bujumbura le 16 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Le Conseil national de la communication (CNC) et l’ONG espagnole « la
Benevolencija » ont organisé, le 15 décembre à Bujumbura
une conférence débat sur le thème « Médias, élections
et légitimité démocratique ». Selon
Mme Vestine Nahimana, présidente du CNC, ce cadre devrait
permettre aux journalistes et à tous ceux qui sont engagés
après les élections de 2005 de bien couvrir, dans
un contexte adapté, les élections de 2010. « En
Afrique centrale, les médias se sont heurtés à des
contraintes liées à la faiblesse de leur portée,
aux atteintes à la liberté de la presse surtout dans
les pays post-conflit, à des dérapages dans les discours
de campagnes. Elle a ajouté que des opportunités
inédites et pistes de solutions existent et sont rendues
possibles notamment par l’existence d’un véritable
pluralisme politique, les évolutions technologiques et l’existence
des mécanismes de régulation, d’autorégulation
et de solidarité professionnelle », a déclaré dans
son exposé sur « le rôle des médias pendant
les élections: les limites, les menaces et les opportunités ».
Le professeur à l’université d’Anvers
Stef Vandeginste, a, quant à lui, développé un
exposé intitulé : « A quoi bon les élections,
une analyse des coûts et profits potentiels ». Il estime
que les élections sont une occasion par excellence offerte
aux citoyens pour s’exprimer sur la gestion de leur pays.
Mais, a-t-il nuancé, elles créent un climat de haute
tension politique au cas où elles ne sont pas organisées
de manière à ce que les conditions de liberté et
de légitimité de ces élections soient respectées.
La légitimité des urnes et du pouvoir à exercer
dépendent des qualités légitimes des élections
elles-mêmes. Le professeur s’est aussi prononcé sur
la Constitution burundaise, estimant qu’elle est un modèle
pour un régime démocratique et un partage du pouvoir
associatif. En effet, a-t-il explicité, elle peut non seulement
donner des assurances à toutes les composantes de la société,
mais aussi elle est conçue de telle sorte qu’elle
puisse rassurer ceux qui vont perdre les élections de 2010
du fait que ces derniers ne seront pas écartés du
pouvoir après les élections. La Constitution burundaise,
a-t-il ajouté, est un instrument important de stabilité, à supposer
bien sûr que la valeur dépasse les droits constitutionnels
et qu’elle soit tout à fait respectée et bien
mise en œuvre par les élites politiques burundais.
Selon M. Vandeginste, un cadre juridique transparent des élections,
l’existence d’une Commission électorale nationale
indépendante accomplissant pleinement sa tâche et
un contexte électoral pouvant permettre au peuple à aller
voter sans aucune crainte sont entre autres des facteurs qui doivent être
prises en compte pour mesurer la qualité du leadership et
la régularité des élections de 2010.
Rwanda – génocide
La justice continue à sévir
Bujumbura le 16 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Valérie Bemeriki, ex-journaliste de l'ancienne Radiotélévision
libre des milles collines (RTLM), vient d’écoper d’une
peine de perpétuité pour son rôle dans le génocide
de 1994 au Rwanda. Elle avait plaidé coupable devant un
tribunal gacaca (juridiction populaire rwandaise) de Kigali, avait été reconnue
coupable de "planification du génocide, incitation
des Hutus au génocide, complicité d'assassinat de
plusieurs personnes et familles". Elle avait avoué avoir
lancé sur les ondes de la RTLM des appels à rechercher
et tuer les Tutsi. Par ailleurs, deux fondateurs de la RTLM, en
l’occurrence l'historien Ferdinand Nahimana et le juriste
Jean Bosco Barayagwiza ont été condamnés par
le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), respectivement à 30
ans et 32 ans de prison. Dans ce même ordre d’idées,
un auteur et acteur de théâtre rwandais, Dismas Mukeshabatware,
condamné à 19 ans de prison ferme en octobre dernier,
se défend toujours devant la chambre d'appel du tribunal
gacaca de Ngoma, dans le district de Huye (sud). Dans le district
de Nyanza (sud), le tribunal gacaca de Ntyazo, a infligé la
prison à vie au chanteur Juvénal Masabo Nyangezi
qui était jugé par contumace et vivrait actuellement
en Europe, selon plusieurs militants rwandais des droits de l'homme.
Célèbre chanteur rwandais, grand chantre de l'amour,
Juvénal Masabo Nyangezi a été condamné pour
incitation à commettre le génocide dans les préfectures
de Butare et Gikongoro (sud du Rwanda). Inspirées des anciennes
assemblées lors desquelles les sages du village tranchaient
les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise),
les juridictions gacaca sont chargées de juger les auteurs
présumés du génocide de 1994, à l'exception
des " planificateurs" au niveau national. Les personnes
siégeant dans ces tribunaux ne sont pas des magistrats professionnels,
mais des citoyens intègres désignés au sein
de leur communauté. Les gacaca qui ont jugé plus
d'un million de personnes, selon les autorités rwandaises,
sont en train de boucler leurs derniers procès et devraient
clore leurs travaux en février 2010.
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