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Actualité du 17 février 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Les hutus font dangereusement pencher la balance au niveau
de la Police Nationale
Bujumbura le 17 février 10 (SurviT-Banguka)
C’est le sénat qui tire la sonnette d’alarme
: les équilibres ethniques prescrits par la constitution
de la République du Burundi ne sont plus respectés
au niveau de la police. Aujourd’hui, les Hutus y sont numériquement
plus nombreux même si les tutsis dominent le sommet de ce
corps de sécurité. Tel est le constat dégagé à travers
une enquête menée par le sénat burundais, organe
garant en l’occurrence du respect des équilibres ethnique
et régionale. Ce qui inquiète encore davantage les
sénateurs est que la majorité des policiers qui approchent
la retraite sont des tutsis. L’écart devrait donc
continuer à s’approfondir si l’on n’y
prend pas garde. Les Hutus s’imposent largement dans tout
le corps sauf au niveau des commissaires régionaux ; là encore,
le rapport indique que les hutus ont fait main basse sur
les commissariats provinciaux (66%). Au niveau des équilibres
par régions,
certaines provinces se démarquent nettement du reste du
pays. Le faible taux de représentation des Batwa au sein
de ce corps a aussi fait objet de préoccupation des sénateurs.
Pour éclairer la lanterne des sénateurs sur cette
inquiétante violation de la constitution, le président
du sénat burundais a invité le premier vice-président
de la République pour expliquer les raisons de ces irrégularités.
Le docteur Yves Sahinguvu a reconnu ce déséquilibre
devant les sénateurs. Il leur a expliqué que les équilibres étaient
théoriquement intacts en 2005 à l’époque
de la création de la PNB ; ils auraient été rompus
en 2009 au moment de l’intégration des combattants
du FNL. Ces derniers étaient en grande majorité composés
de Hutus. Le premier Vice-président a fait savoir aux sénateurs
que " les déséquilibres seront corrigés
progressivement dans les prochains recrutements ".
Burundi-élections
La question des visas risque de bloquer les observateurs
Bujumbura le 17 février 10 (SurviT-Banguka)
Le ministère burundais des Relations Extérieures
vient de suspendre l’obtention des visas à l’aéroport
international de Bujumbura comme cela était d’usage
courant depuis la nuit des temps. Désormais, seules les
ambassades ont le droit d’octroyer ce genre de document,
mais comme on le pressent déjà, nombreux sont les
pays du monde qui n’ont aucune représentation diplomatique
du Burundi sur leur territoire. Le calvaire est certainement garanti
et cette décision est pour le moins étonnante ; d’autant
que rien ne semble la justifier aujourd’hui en particulier
au moment où le pays s’attend à l’arrivée
de nombreux observateurs internationaux venus pour suivre jusque
dans ses petits détails le processus électoral. Que
de tracasseries attendues pour ces visiteurs « intempestifs »,
venus essentiellement pour scruter le déroulement des élections
! Selon de nombreux analystes, le pouvoir ou plutôt le parti
qui le contrôle aurait décidé de durcir les
conditions d’obtention du visa pour frauder à huis
clos. Cela inquiète particulièrement les acteurs
politiques de l’opposition. « C’est une décision
absurde qui n’a d’autres visées que de freiner
le flux d’observateurs internationaux qui voudraient venir
au Burundi pour suivre le processus électoral, je pense
que cette mesure devrait être reconsidérée
pour ne pas permettre au parti présidentiel d’organiser
des fraudes électorales sans que personne ne puisse lever
le petit doigt pour alerter l’opinion nationale et internationale »,
explique Frédéric Bamvuginyumvira, vice-président
du parti FRODEBU.
Rwanda-génocide
Le financier présumé continue à narguer
le TPIR
Bujumbura le 17 février 10 (SurviT-Banguka)
A moins d'une année de la fin théorique de son mandat,
le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) n'a
toujours pas réussi à mettre la main sur l'un de
ses principaux accusés, le milliardaire Félicien
Kabuga, suspecté d'avoir été le financier
du génocide de 1994. Perpétrés par des extrémistes
hutus, ces massacres ont fait, selon l'ONU, près de 800.000
morts, essentiellement parmi les Tutsis. Le septuagénaire
a été inculpé par le TPIR en 1998 et un mandat
d'arrêt international a été émis à son
encontre une année plus tard. Accusé notamment d'entente
en vue de commettre le génocide, il aurait, selon l'acte
d'accusation, commandé les machettes utilisées en
1994 pour découper les Tutsis en morceaux. Selon Hassan
Bubacar Jallow, le procureur en chef gambien du TPIR, Kabuga
continue à mener
l'essentiel de ses activités commerciales au Kenya où il
a échappé à plusieurs opérations conjointes
de la police locale et des enquêteurs des Nations Unies.
La présence de l'inculpé dans cette ancienne colonie
britannique a été confirmée le 16 février
2010 dans un entretien avec l'agence Hirondelle, par l'ambassadeur
extraordinaire des Etats-Unis en charge des crimes de guerre,
Stephen Rapp, ancien procureur du Tribunal spécial pour
la Sierre Leone et ancien chef des poursuites au TPIR. En 2002,
les Etats-Unis
ont lancé une vaste campagne médiatique au Kenya
visant à la capture de l'homme d'affaires. Une récompense
allant jusqu'à 5 millions de dollars a ainsi été offerte
pour toute information pouvant conduire à son arrestation.
Mais « le gros poisson » n'a toujours pas été capturé.
Sa liberté, il la doit à sa fortune qui lui permet
de s'assurer la protection de personnalités puissantes sur
le continent africain, et surtout au Kenya.
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