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Actualit é du 17 juin 10 (SurviT-Banguka)
Burundi- élections
L’Union Européenne porte les débats autour
des législatives
Bujumbura le 17 juin 10 (SurviT-Banguka)
Face au refus obstiné des partis de l’opposition
de jouer les figurants aux côtés du parti CNDD-FDD
déjà en
campagne, l’Union Européenne est pour le moins embarrassée.
D’abord parce qu’elle a hâtivement les conditions
de déroulement du premier scrutin alors qu’il était émaillé de
nombreuses irrégularités. Ensuite parce qu’elle
s’est rendue compte que la détermination des opposants
n’a d’égal que l’envie du parti présidentiel
de rééditer les massives fraudes qui lui ont si bien
réussi le 24 mai. Comme pour tenter de jouer les sapeurs
pompiers, elle rebondit sur l’impérieuse nécessité,
pour les deux parties antagonistes, de dialoguer. L’idée
est diplomatiquement distillée au cours d’une conférence
de presse organisée à Bujumbura le 15 juin par Roeland
Van De Geer, l’envoyé spécial de l’UE
dans les Grands lacs. Ce sont les violences postélectorales
devenues le lot quotidien des Burundais depuis quelques jours
qui donnent le déclic : « l’Union européenne
est déçue par les actes de violences, qui ont caractérisé la
situation sécuritaire de ces derniers jours à Bujumbura
et qui sont antidémocratiques et dangereux ; pour nous cette
question de violences doit être traitée avec priorité et
par le dialogue, car la paix a une grande importance et c’est
cela qui explique le soutien et l’engagement de l’UE
aux cotés du Burundi », a-t-il, d’emblée,
déclaré aux médias. Revenant sur le scrutin
du 24 mai, le diplomate européen a tout de même reconnu
que les observateurs de l’UE ont noté « pas
mal de choses à améliorer » au cours du dernier
scrutin. Il prend acte du retrait des principaux partis d’opposition,
de la course pour les présidentielles. Mais il les exhorte à ne
pas rater les législatives au risque d’hypothéquer
tout le jeu démocratique. « Les pourparlers que j’ai
eu avec les partis politiques étaient centrés sur
les élections législatives parce que l’Assemblée
nationale et le Sénat constituent le noyau dur de la démocratie »,
fait-il remarquer. Le diplomate belge affirme avoir pris
la mesure de la nécessité de dialoguer. Il dit en
avoir informé les
Nations Unies, l’Union africaine, les Etats-Unis et l’Initiative
régionale, que la communauté internationale reste
engagée dans le processus électoral burundais. « Les
partis politiques doivent en concertation avec la CENI, prendre
leur position définitive », a-t-il martelé,
soulignant que l’UE ne veut pas, en tant que communauté internationale,
entrer dans la souveraineté du Burundi.
Burundi-éducation
Les enseignants sont encore roulés dans la farine
Bujumbura le 17 juin 10 (SurviT-Banguka)
Côté enseignement public, le blues
est indiscutablement à son
pic dans le monde des formateurs du primaire et du secondaire.
Et pour cause, le dernier salaire qu’ils ont effectivement
empoché remonte en effet à fin février 2010.
Mars et avril étaient consacrés à la grève
et ils n’ont pas encore eu leur salaire de mai 2010. La
galère est totale et la menace de relance de grève
générale se précise. Le ministère des
Finances reconnaît le sérieux retard dans le versement
du salaire de mai. Il indique que tout sera « prochainement » dans
l’ordre. « Ces retards dans les paiements sont dus
au retard dans la transmission des listings par le Ministère
de la Fonction Publique au Ministère des Finances. Ce n’est
hier que nous avons reçu les listings en provenance de la
Fonction Publique et nous avons directement commencé la
vérification. Demain ou après demain, les enseignants
auront leurs salaires sur leurs comptes », justifie Jacques
Ngendakumana, Directeur Général du Budget et de la
Comptabilité Publique au Ministère des Finances indique.
Mais selon des sources bien informées, la cassette serait épouvantablement
vide. Avant de partir en campagne pour les élections communales
qu’il prétend avoir gagnées haut la main, le
parti présidentiel, CNDD-FDD, aurait vidé les caisses
de l’Etat pour aller « acheter les voix en espèces
sonnantes et trébuchantes ». « Il nous faut
des explications pour mieux comprendre pourquoi nous n’avons
pas encore eu nos salaires du mois de mai pendant lequel
nous avons presté, car en principe rarement les enseignants
ont été payés
au-delà du 5 de chaque mois ; il nous est difficile de payer
le loyer et de nourrir nos familles surtout que nous nous
y étions
pas préparés », a dit Philibert Ngezahayo,
président du syndicat des enseignants du secondaire. Les
enseignants représentent plus de 80 pour cent des fonctionnaires
de l’Etat dans tout le pays. Même les militaires auraient été priés
d’attendre avant de percevoir leur solde.
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