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Actualité du 18 août 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le come-back de Pierre Nkurunziza inquiète aussi les acteurs
de la société civile
Bujumbura le 18 août 10 (SurviT-Banguka)
Acteurs politiques ou activistes de la société civile,
les Burundais s’attendent au très peu triomphal retour
du président Pierre Nkurunziza qui, après son tripatouillage
du processus électoral, se retrouvera seul aux commandes,
sans aucun opposant qui vaille. Diplomatie mise à part,
la communauté internationale ne fait pas mystère
de son embarras face à ce revenant qui a ruiné son
pays et son peuple. Officiellement une quinzaine de chefs d’Etats
sont invités pour rehausser de leur présence les
festivités marquant son investiture le 26 août prochain.
Les acteurs clé de la société civile sont
aussi dans l’embarras : faut-il féliciter un président
faussement élu qui, tout au long de son premier mandat,
n’a eu qu’un macabre bilan ? Morceaux choisis : disparus
de Muyinga, histoire du putsch monté qui a couté la
vie politique ou la vie tout court à l’ancien Vice-président
Alphonse Kadege, bradage du jet présidentiel Falcon 50,
banque route organisée des sociétés paraétatiques,
violation massives des droits humains, harcèlement des voix
discordantes dans les rangs de l’opposition, marchés
publics volontairement truqués, etc. La liste ne saurait être
exhaustive.
Pourtant, Pierre Nkurunziza y est et y reste.
Et bien qu’il déçu sur toute la ligne, il a droit à des
félicitations de façade. Les organisations de la
société civile qu’il a toujours assimilées à ses
ardents opposants politiques croisent les doigts pour voir qui,
du monde ou de la ville, fondra en larme devant le retour du chef.
Il est hors question, pour les plus en vue, de le caresser dans
le sens du poil. C’est tout de même sous son règne
que le vice-président de l’OLUCOME a été happé par
une main encore mystérieuse mais notoirement connue. Pour
autant qu’elle se montre pointilleuse et intransigeante,
la société civile a toujours été dans
le collimateur d’un pouvoir liberticide et tyrannique. Elle
devrait y rester encore pendant au moins cinq ans, au Burundi.
Comme au cours des années précédentes, le
pouvoir globalement CNDD-FDD va la traiter de vendue, à la
solde d’une communauté internationale également
rangée. Pourtant, d’aucuns savent dans le même
temps que la société civile a une légitimité qui émane
de sa reconnaissance internationale.
Toutes les instances internationales
la reconnaissent en effet comme un acteur important et incontournable
dans la gouvernance des nations et des sociétés.
Mais elle aussi tire sa légitimité des réponses
qu'elle apporte aux besoins de la population, surtout les minorités
plus vulnérable, qui n'ont pas voix au chapitre. Dans un
pays où les véritables opposants ont été réduits
au silence, cette société civile devrait aussi servir
de contrepouvoir. Particulièrement au moment où l'opposition
est pourchassée jusque dans ses derniers retranchements,
que la chasse aux sorcières s'engage contre tout "mal
pensant" qui ne veut pas réciter le bréviaire
du pouvoir, le discours de la société civile doit être
particulièrement ferme.
Aujourd'hui, comme il y a cinq ans le pouvoir
montre ses muscles. Il tente d'étouffer l'opposition et
la société civile
qui est considérée, lorsqu'elle ne se met pas à bénir
les élections qualifiées de douteuses par d'autres,
comme la cinquième colonne de l'opposition. Mais quoi qu’il
arrive, les organisations phare de la société civile
doivent, plus que jamais, réaffirmer leur indépendance
qui n'est remarquée par le pouvoir que lorsque leurs positions
l'arrangent et qui est mise en cause dans le cas contraire.
Car ici comme ailleurs, le pouvoir a des obligations vis-à-vis
de la constitution et de la loi, des impératifs démocratiques,
et de gouvernance. Burundi-politique
L’assemblée nationale se dote d’un règlement
d’ordre intérieur
Bujumbura le 18 août 10 (SurviT-Banguka)
Après deux jours de débats sans aucune voix discordante
(c’était prévisible), les tout nouveaux députés
burundais sont parvenus à s’accorder sur un nouveau
règlement d’ordre intérieur qui devrait régir
la chambre basse du parlement. Au chapitre des innovations, on
remarque notamment que les députés qui s’illustreront
par des absences injustifiées verront leurs honoraires sensiblement
réduits. Les députés se sont aussi appesantis
sur la dimension d’un groupe parlementaire. Pour ne pas laisser
l’honorable Jean Minani sur le bord de la route, il a été décidé que
la condition sine qua none pour prétendre constituer un
groupe parlementaire est d’avoir au moins cinq députés.
C’est du taillé su mesure pour le parti FRODEBU-Nyakuri
qui, comme par hasard, a cinq députés. Le CNDD-FDD
lui rend, ainsi, la discipline pour l’avoir accompagné dans
un processus électoral truqué et, par conséquent,
boudé par la majorité des acteurs politiques de l’opposition.
En vertu de cette disposition, Jean Minani a droit à un
siège au Bureau, aux côtés de l’UPRONA
(17 députés) et du CNDD-FDD (81députés).
Les trois députés de l’ethnie twa qui voulaient
constituer un groupe parlementaire à eux seuls n’ont
pas eu gain de cause. D’une part, ils ont buté sur
la barrière du chiffre minimal de cinq et, d’autre
part, le fait qu’ils sont tous de la même ethnie.
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