Actualité du 18 septembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-armée: D’autres militaires burundais
engloutis dans le bourbier somalien.
Bujumbura le 18 septembre 09 (SurviT-Banguka)
Plus de dix militaires burundais, dont le général
Juvénal Niyoyunguruza, (commandant adjoint de l’Amisom)
ont été tués le 17 septembre à midi,
dans une attaque criminelle perpétrée par le groupe
d’islamistes qui essaiment la Somalie depuis des lustres.
Cette attaque, perpétrée au cœur même
du quartier général de l'Amisom, sur l'aéroport
de Mogadiscio, est la plus meurtrière enregistrée
par la force de paix depuis son arrivée en mars 2007 dans
la capitale de ce pays ravagé par une guerre civile depuis
1991.
L’annonce de cette attaque a de nouveau suscité une
vague d’indignations au Burundi et dans le monde entier.
Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l'ONU,
a immédiatement dénoncé "cet acte de
terrorisme dans les termes les plus forts". Quant à Jean
Ping, président de la commission de l'Union Africaine, il
condamne aussi ces actes de barbarie dans les termes les plus énergiques
tout en affirmant que l'Union Africaine poursuivrait ses efforts
pour renforcer l'Amisom.
Au même moment et dans la fraîcheur
des faits, l'Union européenne, l'Autorité intergouvernementale
pour le développement (Igad, six pays d'Afrique de l'Est),
la Ligue arabe, l'ONU, la Norvège et les Etats-Unis, ont
condamné ces attaques "lâches". Le gouvernement éthiopien
s’est également joint aux autres pour dénoncer
cet "désespéré". Mais curieusement
les autorités burundaises sont restées indifférentes
face à cette attaque criminelle et ce tollé de protestations
tous azimuts.
Le président Pierre Nkurunziza a sereinement
poursuivi ses vacances au nord du pays comme si de rien n’était.
Pourtant, le président de la république est le Commandant
suprême de cette même armée qui, dans la seule
attaque du 17 septembre 09, a perdu un général, un
colonel et plusieurs autres gradés. Jusque ici, plusieurs
militaires burundais dont deux généraux ont déjà perdu
la vie en terre somalienne.
Les Burundais, toutes ethnies confondues,
s’interrogent encore sur les raisons de la présence
militaire de leur pays en Somalie. Selon certaines informations
concordantes, cet engagement militaire profiterait simplement au
Chef de l’Etat qui, sur chaque soldat envoyé en Somalie,
perçoit une importante commission. C’est ainsi qu’il
aurait soigneusement évité de consulter le parlement
(comme le recommande la loi organique le cas échéant)
au moment de l’envoi du contingent burundais en Somalie.
Burundi-économie: Les dessous du piétinement du dossier «Office
Burundais des recettes »
Bujumbura le 18 septembre 09 (SurviT-Banguka)
Dès son adhésion à la Communauté Est
Africaine, le Burundi s’est engagé à assainir
son système financier en se dotant notamment d’un
service unique chargé de la canalisation de toutes les recettes
fiscales et autres impositions. L’Office Burundais des Recettes
aurait dû être mis en place depuis 2007.
Mais ce n’est
qu’en juillet dernier que l’assemblée nationale
et le sénat ont approuvé la loi portant sur la création
de l’Office burundais des recettes. Ce service devrait remplacer
immédiatement la direction des douanes et celle des impôts
ou autres recettes.
Le projet de loi moisit depuis des mois dans
le tiroir du bureau du Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza
qui tarde dangereusement et volontairement à promulguer
cette loi. Le Burundi devrait aussi se mettre en phase avec ses
partenaires de la zone EAC en adoptant un calendrier fiscal qui
va du 1er juillet au 30 juin de chaque année. En réalité,
le Chef de l’Etat se méfie de ce projet de loi car
les bailleurs de fonds qui appuient cette réforme exigent,
entre autres conditionnalités, de recruter un cadre compétent
et expatrié pour piloter l’Office Burundais des Recettes.
Le recrutement devrait être fait par l’organisation
non gouvernementale DIFID. Impossible, pour Pierre Nkurunziza,
d’y placer son homme pour siphonner les caisses à son
profit. La restructuration fera aussi disparaître le service
des douanes, la direction des impôts et celle des recettes.
Or, ces différents services sont considérés
comme de véritables poules aux œufs d’or pour
le parti présidentiel, CNDD-FDD. C’est ainsi qu’on
joue les prolongations pour aider le parti et ses leaders à encaisser
encore des sous générés par l’imparable
corruption qui mine dangereusement le Burundi.
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