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Actualité du 19 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Drôle de démission en zone Kigwena de la commune Rumonge.
Bujumbura le 19 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Même s’il risque malheureusement de passer inaperçu, submergé par le flux de nombreux autres éléments
de l’actualité événementiels, l’incident survenu la semaine dernière dans la zone de Kigwena de la commune Rumonge
(sud du pays), mérite une attention particulière. Pour qu’elle ne fasse pas tache d’huile. Car elle illustre à souhait
les réminiscences d’une insoluble aversion ethnique que d’aucuns croyaient déjà reléguée aux oubliettes de l’histoire
après avoir fait moult victimes (avec un génocide à la clé) et la Une de l’actualité, des décennies durant.
Il est question de Marie-Goreth Nibambona, une femme militante percutante du parti présidentiel,
CNDD-FDD et jusqu’à la semaine dernière chef de zone Kigwena. Vue sous le prisme de l’administrateur communal de
Rumonge, un autre ardent militant du CNDD-FDD, cette femme, certes leader politique à la base, traîne quand même
un boulet quasi atavique : celui d’être de l’ethnie tutsie. Depuis plusieurs mois, l’administrateur communal de
Rumonge jouait en effet des coudes pour obtenir son départ négocié ou forcé. Il s’était même confié au gouverneur
de la province de Bururi pour accélérer son départ. Mais consciente du danger qu’elle voyait venir, la dame a
courageusement pris la décision de s’en aller d’elle-même.
Pour elle, Il s’agit d’une démission bien assumée, sans la moindre once de remords. Nommée à ce poste au terme des
élections encore controversées de 2010, cette femme affirme avoir toujours été dans le collimateur de l’administrateur
de Rumonge, Gérard Ngendakumana. Elle a décroché le 17 janvier en écrivant au gouverneur de la province, Mme Gloriose
Nimenya, pour lui demander de désigner un autre administratif à sa place et qui soit d’une ethnie « acceptable » par
l’administrateur. Tout est dit même si l’ex-chef de zone Kigwena n’en dit pas davantage. Pour elle, la pression doublée
du mépris, était si forte qu’elle ne pouvait plus faire avec. Même si cela se passe à un échelon sensiblement inférieur
de l’administration, cet incident (qui est loin d’être isolé) devrait interpeler d’autres acteurs politiques pour barrer
la route ou tuer dans l’œuf toute velléité d’extrémisme de bas étage.
Actualité du 19 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-Justice
La Cour Suprême se dessaisit du cas de Jean Baptiste Manwangari.
Bujumbura le 19 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Même si une fois n’est pas coutume comme le martèle un vieil adage, la justice burundaise se serait
astreinte à ne dire que le droit ; du moins en ce qui concerne la mésaventure de l’ancien Président du parti UPRONA,
Jean Baptiste Manwangari, et ses coaccusés, en détention au cachot de Muramvya depuis déjà un mois. Selon Maître Pasteur
Nzinahora, les juges de la Cour Suprême initialement saisie pour plancher sur son dossier, ont en effet refusé de se
laisser influencer par le pouvoir exécutif et se sont ouvertement déclarés incompétents pour statuer sur la régularité
de la détention préventive de M. Jean Baptiste Manwangari et ses trois coaccusés. La cour a donc renvoyé le dossier devant
le tribunal de Grande instance en mairie de Bujumbura. «C’est une décision sage et courageuse et nous ne pouvons
qu’encourager les juges à ne dire que le droit quelles que soient les circonstances ; rien ne pouvait en effet expliquer
que Monsieur Jean Baptiste Manwangari soit jugé par la cour suprême en première instance alors qu’il n’a pas de privilège
de juridiction », a déclaré Maître Pasteur Nzinahora.
Jean Baptiste Manwangari est détenu arbitrairement. Il n’a jamais été présenté devant le juge compétent
alors que le délai maximal est de 14 jours. Selon de nombreux observateurs au premier rang desquels les juristes, Jean
Baptiste Manwangari devrait être libéré sans délai. De son côté, Elie Ntungwanayo, porte-parole de la Cour Suprême, indique
qu’il appartient au juge saisi d’apprécier cette question de la détention de Manwangari et de ses coaccusés. Ces derniers
sont accusés de complicité dans le meurtre d’une personne au siège du parti UPRONA à Bujumbura le 11 décembre 2011.
Actualité du 19 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Amélioration des conditions de détention d’Alexis Sinduhije.
Bujumbura le 19 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Le président du parti Alexis Sinduhije est toujours détenu par la police tanzanienne après avoir été
arrêté à son arrivée à l’aéroport international de Dar-es-Salam, le 11 janvier 2012. Mais la situation semble évoluer
favorablement pour cet ancien journaliste devenu la bête noir du pouvoir CNDD-FDD. Selon la ministre tanzanienne de la
justice, son dossier est désormais traité au niveau du ministère tanzanien des Relations Extérieures ainsi que celui
de l’Intérieur. « Il se peut que la question soit réglée avant même que justice tanzanienne n’en soit saisie », a-t-elle
confié ce 19 janvier. L’avocat belge Bernard Mainguin, un de ses défenseurs, affirme que les conditions de détentions
se sont nettement améliorées, qu’il a droit à des visites et qu’il est traité avec respect et détenu dans sa cellule à
lui.
Même si rien n’est encore décidé, le Gouvernement burundais risque de manger son chapeau et la police burundaise ou plutôt
ses leaders qui commençaient déjà à pavoiser en attendant son extradition risquent d’être déçus.
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