Actualité du 20 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Burundi-malversations économiques

Un marché de bovins bien biaisé selon le Président de l’OLUCOME.

Bujumbura le 20 janvier 12 (SurviT-Banguka)

On vole et détourne à vue d’œil au Burundi, en particulier dans le secteur des marchés publics. Le dernier marché hyper inquiétant est encore une fois démasqué par Gabriel Rufyiri, Président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, OLUCOME. Cela s’est passé au Ministère burundais de l’agriculture et de l’élevage qui avait commandé 990 bovins de race améliorée.
Au niveau des termes de références, ce bétail d’une valeur de près d’un milliard de francs burundais devrait être acheté à l’étranger et dûment réceptionné à la frontière pour être distribué dans onze provinces du pays. Dans sa conception initiale, le projet précise que les bénéficiaires devraient être identifiés parmi les indigents. Mais ce qui est profondément navrant pour le Président de l’OLUCOME est que d’une part, les vaches en question ont été réceptionnées à Rukoko dans des conditions encore confuses; d’autre part, elles ont été distribuées prioritairement aux responsables administratifs, les gouverneurs de province au premier chef.
«L’exemple le plus révoltant est celui de la province de Mwaro où ces vaches de race sélectionnées ont été données à tous les responsables administratifs depuis le gouverneur en passant par les conseillers après avoir écarté les déshérités et tout cela se faisait au vu et au su des plus hauts responsables du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage du Burundi, je pense que ce Ministère devrait changer de nom pour s’appeler Ministère des escrocs de tout poils », explique Gabriel Rufyiri.


Actualité du 20 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Burundi-fisc

Les députés rechignent à payer l’impôt.

Bujumbura le 20 janvier 12 (SurviT-Banguka)

L’Assemblée nationale réunie le 18 janvier 2012 en session extraordinaire a reporté pour plus tard le projet de loi relatif à la fixation de l’impôt professionnel sur les rémunérations de certains mandataires politiques, cadres et agents de l’Etat qui sont jusqu’aujourd’hui exonérés. Le débat sur l’imposition des salaires aux mandataires publics en l’occurrence les présidents, les parlementaires, les ministres, les gouverneurs de provinces, etc. bat en effet son plein à Bujumbura, depuis quelques temps.

Pour rappel, pour des raisons d’équité et de frilosité de trésorerie, le gouvernement avait décidé, fin 2011, d’imposer la rémunération de chaque salarié sans distinction aucune. Mais lors de la présentation de ce projet de loi à l’Assemblée nationale ce 18 janvier la ministre de la Fonction publique, Annonciate Sendazirasa, s’est heurtée à une farouche résistance des élus. Quelque soit leur sensibilité politique, ils ont unanimement rejeté l ce projet de loi, arguant que le gouvernement devrait d’abord réviser le Code général des impôts et spécifier clairement les éléments constitutifs de la base imposable.
Les associations qui militent en faveur de l’impôt pour tous considèrent ce rejet comme une manœuvre dilatoire.

Aujourd’hui, l’impôt professionnel sur les rémunérations varie entre 25 et 35% du salaire de base et touche une classe moyenne de fonctionnaires à bas revenus en général.
En élaborant son budget prévisionnel de fonctionnement pour cette année, 2012, le gouvernement avait tenu compte de cet impôt sur les rémunérations des dignitaires politiques. Ce qui lui aurait permis d’élargir son assiette fiscale en cette période de récession où les organismes comme la Banque Mondiale, qui appuient financièrement le pays ont annoncé la réduction de leurs aides en 2012.


Actualité du 20 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Burundi-travail

Pas d’harmonisation des salaires à court terme.

Bujumbura le 20 janvier 12 (SurviT-Banguka)

Ceux qui rêvent depuis plusieurs années de l’équité dans le traitement des fonctionnaires de l’Etat doivent encore prendre leur mal en patience : l’harmonisation des salaires prendra encore du temps pour être effective. Cela vient d’être déclaré par une voix autorisée, en l’occurrence la Ministre en charge de la Fonction Publique, Annonciate Sendazirasa. « L’harmonisation des salaires ne peut pas avoir lieu au cours de cette année, le plus tôt serait l’année 2013 puisque cela n’a pas été budgétisé pour 2012 mais le travail y relatif est en cours les experts ont déjà produit leur rapport, il ne reste plus que l’assainissement du dossier avec les syndicats et je dois aussi préciser que certaines lois doivent être révisées y compris le statut général des fonctionnaires et cela aussi prendra du temps », explique la Ministre.

En réalité, c’est le pouvoir CNDD-FDD qui fait volontairement piétiner le dossier, conscient que la frange gâtée des fonctionnaires sont aussi des militants de ce parti et apportent mensuellement leurs cotisations à la caisse du parti. Dans le souci de mettre fin aux grèves répétitives, la Ministre a également annoncé la mise sur pied, bientôt, d’une structure de dialogue social avec un secrétariat permanent. Elle a souligné que la charte du dialogue social a été déjà signée au mois de mai dernier. Il reste la promulgation de la loi y relative par le président de la République. Une commission chargée de ce dialogue et doté d’un secrétariat permanent est déjà votée. Les différentes questions des syndicats seront étudiées au sein de cette commission. Celle-ci procédera aussi à la formation des fonctionnaires en matière du dialogue social dont la structure avance de façon satisfaisante, selon Mme Sendazirasa.


 

 
     
     
     
     
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