Actualité du
22 juin 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections
La cooptation gâche tout
Bujumbura le 22 juin 10 (SurviT-Banguka)
Le pouvoir ne rate aucune occasion de griffer les militants de
l’opposition. La dernière victime est l’UPRONA
dont un des gros poissons, en l’occurrence l’honorable
Jean Baptiste Manwangari, vient d’être mis à la
porte du conseil communal dans sa propre commune de Busoni, en
province de Kirundo (nord du pays). Pourtant, il avait été régulièrement élu
lors du très controversé scrutin du 24 mai (élections
communales). C’est l’embranchement provincial de la
CENI (CEPI) qui a décoché ces flèches vénéneuses
sur l’UPRONA, en cooptant une femme Mutwa (pygmée)
pour occuper précisément le siège de Jean
Baptiste Manwangari, alors que ce dernier avait été régulièrement élu.
Il n’en revient pas : « c’est tout simplement
une aberration car même si cooptation il devrait y avoir,
ce ne serait pas pour remplacer un militant qui a été régulièrement élu
mais pour ajouté le coopté sur la liste des élus »,
explique Jean Baptiste Manwangari.
Les observateurs sont tout aussi
indignés car rien ne peut justifier le remplacement d’un
intellectuel disposant d’une expérience politique
comme celle de Jean Baptise Manwangari, par un militant simplement
coopté, fût-il Mutwa. Reste que dans son article 181,
le code électoral indique que : « la commune est administrée
par le conseil communal et l’administrateur communal. Le
conseil communal comprend 15 membres dont au moins 30% des femmes.
Ils sont élus sur base des listes bloquées et des
partis politiques ou des indépendants à représentation
proportionnelle. Chaque liste doit tenir compte de la diversité ethnique
et de la participation du genre……La CENI coopte une
personne d’ethnie Twa là où ils existe sur
les listes électorales des partis politiques dans le cas
où ils n’auraient pas été élus. » Le
code électoral est lui-même incomplet sur certaines
disposition et c’est peut-être une ambiguïté volontaire
pour justifier ce genre d’abbérrations. Burundi-élections législatives
La CENI prolonge les délais
Bujumbura le 22 juin 10 (SurviT-Banguka)
Les élections législatives sont attendues le 21
juillet. Mais les candidats ne se bousculent pas. Les partis de
l’opposition se sont désengagés du processus électoral
pour dénoncer les fraudes massives qui ont émaillé le
premier scrutin. Ce boycott annoncé inquiète manifestement
la commission électorale nationale indépendante (CENI)
qui, en raison des ses nombreuses légèretés,
se trouve aussi dans le collimateur de l’opposition. Pour
donner encore du temps aux candidats qui désirent s’essayer,
la CENI vient de prolonger légèrement les délais.
Nous avons jugé bon de leur donner encore du temps pour
pouvoir confectionner leurs dossiers et les déposer à la
CENI, la date limite était initialement fixée au
23 juin, mais nous venons de la reporter au 27 juin », explique
Pierre Claver Ndayicariye, président de la CENI. Selon de
nombreux observateurs, la CENI joue inutilement les prolongations
car de nombreux partis politiques, en l’occurrence ceux qui
se réclament de l’alliance pour le changement démocratique
(ADC) ont déjà déclaré qu’ils
ne prendront plus part à aucun scrutin. Ils réclament
préalablement la dissolution de la CENI et l’annulation
des résultats des élections communales car elles
ont été épouvantablement truquées.
Burundi – Elections
Le Chef de l’Etat reste inébranlable
Bujumbura le 22 juin 10 (SurviT-Banguka)
L’élection présidentielle est toujours maintenue
au 28 juin. Contre vents et marées, la campagne du président
burundais et encore candidat du parti au pouvoir, CNDD-FDD, bat
son plein. Dans ses différentes pérégrinations
au nord comme au sud, Pierre Nkurunziza ne se gargarise que de
la paix qu’il prétend avoir ramenée dans tout
le pays. « Le pays est en situation de paix dans son entièreté et
tous les élèves/écoliers vont à l’école
aujourd’hui cela se passe alors que par le passé,
seule un groupe de Burundais d’une seule région avait
tous les avantages alors qu’un autre groupe était
plutôt voué à la disparition », a lancé le
candidat à l’élection présidentielle,
Pierre Nkurunziza. Il haranguait ses militants depuis le stade
de Gatwaro, province de Kayanza. «Le mensonge qui a été à l’origine
de la haine et des tueries de certains groupes de gens dans le
passé doit être banni, et dans les meilleures délais,
la Commission vérité et réconciliation sera
mise en place…j’invite toute la population à répondre
massivement aux prochaines élections…j’en profite
pour mettre en garde les malfaiteurs qui sont en train de perturber
la sécurité au cours de ces derniers jours »,
insiste-t-il. Au lieu de calmer le jeu, il invite la justice à suivre
rapidement les dossiers de ceux qui ont déjà été arrêtés.
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