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Actualité du 23 février
10 (SurviT-Banguka)
Burundi-malversations économiques
Agathon Rwasa lève le coin de voile
Bujumbura le 23 février 10 (SurviT-Banguka)
C’est de bonne guerre en temps de campagne électorale
: l’ancien chef rebelle Agathon Rwasa qui, pour avoir pris
la décision d’enterrer provisoirement sa hache de
guerre, a hérité de l’Institut national de
sécurité publique (INSS) s’est refusé de
se contenter de cette miette au moment où son congénère
et corégionnaire Pierre Nkurunziza garde jalousement une
mainmise sur le pays. Agathon Rwasa a donc décidé de
se mesurer à Pierre Nkurunziza en s’alignant pour
les présidentielles 2010. La lutte entre leaders rebelle
s’annonce a priori sans merci et pour en donner la couleur,
le patron des FNL lève politiquement un coin de voile sur
l’incivisme de son rival Pierre Nkurunziza. « Ce n’est
un secret pour personne, la présidence de la République
est logée dans une maison en location qui, en réalité appartient à l’INSS
; comme de nombreux autres locataires des 171 maisons de l’INSS éparpillées
dans le pays, la présidence et la vice-présidence
ne paient pas leur loyers ; cela fait que l’INSS a un manque à gagner
de près de 500 millions de francs burundais », explique
le Directeur général de l’INSS. Chaque mois,
la présidence de la République devrait verser à l’INSS
près de 9 millions de francs burundais en guise de frais
de loyer, mais nul ne saurait dire avec précision où finit
sa course ce magot. Pourtant, la loi budgétaire prévoit
annuellement et explicitement les frais de loyer y afférent.
C’est sans doute l’une des premières flèches
que le candidat président décoche sur le président
candidat. Le roi est nu.
Burundi-élections
Le CNDD-FDD entretien un flou artistique
Bujumbura le 23 février 10 (SurviT-Banguka)
Les Burundais se disent ouvertement inquiets par rapport aux nettes
tendances du parti présidentiel, CNDD-FDD, de tripatouiller,
sans en avoir l’air, les prochaines élections en vue
de se maintenir au pouvoir quel qu’en soit le prix à payer.
Les partis politiques d’opposition qui sont susceptibles
de lui porter ombrage sont publiquement diaboliser et humiliés.
Et les leaders du CNDD-FDD restent inégalables sur le terrain
de la violence et de l’abjection. L’UPRONA est de nouveau
suspecté comme étant le repaire des putschistes qui
carburent pour une autre transition. Dans cette même logique
de diabolisation, le parti MSD de l’ancien journaliste Alexis
Sinduhije vient de subir un affront inédit en commune de
Gishubi, province de Gitega. Des inconnus ont en effet aligné devant
le bureau de la permanence de ce parti cinq sceaux remplis d’excréments
humains. Le président du MSD s’apprêtait à inaugurer
ce bureau. Alexis Sinduhije serait peut-être puni pour avoir
eu le culot d’ouvrir une permanence dans le terroir natal
d’un certain Adolphe Nshimirimana (patron de la Documentation
Nationale), son ennemi juré. D’autres partis politiques
comme l’UPD-ZIGAMIBANGA sont aussi dans le collimateur des
caciques du CNDD-FDD. Depuis quelques jours, la radio Rema-FM,
portail audio du CNDD-FDD, diffuse en boucle des propos des présumés
démobilisés qui affirment avoir été payés
par l’ancien président de ce parti, Hussein Rajabu
pour perturber le déroulement des élections en semant
la terreur dans tout le pays. Parallèlement, des militants
zélés du CNDD-FDD s’activent à collecter
des récepissés faisant foi du récent enrôlement électoral
auprès de la population dans les quatre coins du pays. Les
auteurs sont invariablement des militants du CNDD-FDD. La CENI
a beau préciser que tous ceux qui se sont fait enrôler
vont participer aux différents scrutins, avec ou sans récepissés,
les énergumènes n’en ont cure ! Tenez. En commune
Mutimbuzi de la province de Bujumbura rurale, Joseph Bitariho,
un habitant du quartier Kigwati I vient d’être attrapé en
possession d’une centaine de récépissés
collectés auprès de la population. Même sous
interrogatoire serré, il reste muet sur la destination de
ces récépissés. La seule certitude est qu’il
s’agit d’un activiste du CNDD-FDD. « Il nous
a déclaré qu’il est du CNDD-FDD mais nous ne
savons pas si c’est son parti qui lui a donné cet
ordre de collecter ces récépissés »,
déclare Jean Samandari, administrateur de la commune Mutimbuzi.
Pour prendre ses distances par rapport à ce mystérieux
terrorisme montant, le Chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza
feint de ne rien savoir et menace plutôt de sévir
en vers ces fauteurs de trouble. « Nous allons les mettre
au stade devant les caméras et autres preneurs d’images
afin que les Burundais connaissent bien ceux qui veulent faire
capoter le processus électoral, c’est inacceptable »,
a-t-il tonné, le 22 février 2010.
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