Actualité du 23 août 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-politique

Des incertitudes sur l’avenir des Accords d’Arusha

Bujumbura le 23 août 10 (SurviT-Banguka)

Les accords de paix et de la réconciliation des Burundais sont déjà vieux de dix ans. La date anniversaire est fixée au 20 août. Cette année, l’anniversaire arrive au lendemain d’un processus électoral qui donne toutes les rênes du pouvoir à un seul parti, en l’occurrence le CNDD-FDD. Ce monopartisme de fait inquiète certains acteurs politiques, grands artisans de ces accords, quant à l’avenir de cet indiscutable socle d’unité et de réconciliation des Burundais. Selon Jean Baptiste Manwangari, un des négociateurs d’Arusha, sous label UPRONA, ces Accords devraient rester une référence, car ils sont toujours garants de la réconciliation des Burundais et de leur unité. « Le prescrit de ces accords est intégralement repris dans la constitution de 2005 et c’est toujours cette loi fondamentale qui nous régit, elle devrait être protégée », explique-t-il. Mais au regard du paysage politique burundais qui prévaut au lendemain des élections, le risque est grand que les Accords d’Arusha ne restent lettre morte. « L’un des piliers phare de ces accords est le respect des équilibres politiques et ethniques, or, aujourd’hui, avec le retour à un quasi monopartisme, l’équilibre politique est relégué aux oubliettes de l’histoire, nous n’avons plus que les équilibres ethniques, c’est quand même fort inquiétant », poursuit Jean Baptiste Manwangari. Le sénat qui devrait veiller, in extremis, au respect des équilibres, sera presque totalement CNDD-FDD.

Burundi-politique

A qui reviendra la première vice-présidence de la République ?

Bujumbura le 23 août 10 (SurviT-Banguka)

S’il est quasi certain que le poste de premier vice-président de la République ne changera pas de camp, d’aucuns s’interrogent sur l’identité de l’homme politique qui héritera de ce poste. C’est une question qui est particulièrement sur toutes les lèvres au sein des militants de l’UPRONA. Le candidat viendra de ce parti, mais nul ne sait encore le futur heureux élu. Le 18 août dernier une réunion a été organisée au sein de l’état-major de ce parti afin de s’accorder sur un candidat unique. Deux tendances antagonistes se dégagent, a priori : certains militants de l’UPRONA veulent que le candidat premier vice-président de la République soit démocratiquement désigné par le comité central ; d’autres estiment cependant que le futur premier vice-président de la République doit être proposé par le comité exécutif de façon discrétionnaire. Au bout des échanges, un compromis a fini par se dégager. Un candidat de consensus serait finalement le docteur Yves Sahinguvu, actuel premier vice-président de la République. Ses supporters veulent le maintenir à son poste, arguant qu’il a courageusement honoré ses engagements pendant tout le temps qu’il a passé à ce poste. Le docteur Yves Sahinguvu a particulièrement gagné la sympathie de l’opinion en suspendant la très impopulaire mesure prise par le ministre de l’Intérieur pour annuler l’ordonnance d’agrément du Forum pour le renforcement de la société civile. A plusieurs reprises, le docteur Yves Sahinguvu s’est également illustré par ses salutaires interventions pour mettre fin aux mouvements des grèves syndicales. Le candidat pressenti est donc le docteur Yves Sahinguvu. Mais rien n’est encore définitivement décidé. Car Yves Sahinguvu pourrait avoir un autre concurrent, en l’occurrence le major Bernard Busokoza. Opérateur économique, cet ancien officier supérieur de l’armée burundaise est aussi chuchoté comme un éventuel candidat à cette candidature.

Burundi-sécurité

Le CNDD-FDD actionne sa machine terroriste

Bujumbura le 23 août 10 (SurviT-Banguka)

C’est déjà dit. Une rébellion post élections est en gestation au Burundi afin de chasser du pouvoir un parti politique, lui-même ex-rébellion, qui vient de s’y maintenir par maintes fraudes électorales et autres magouilles antidémocratiques. Le CNDD-FDD, parti incriminé, en est parfaitement au courant. Mais pour tuer dans l’œuf toute velléité de rébellion, le parti présidentiel a juré d’en découdre systématiquement avec tous les éléments rebelles qui s’inscrivent dans cette logique. Comme pour joindre l’acte à la parole, le pouvoir qui cristallise cette politique de la terreur actionne sa machine de la terreur dont le fer de lance est le service national de renseignement. Dans pareilles circonstances, le président burundais ne lésine pas sur les moyens. Il vient de signer un décret qui accorde des avantages financiers multiples et inouïs, à tout le personnel du Service National Financier. Et nombreux sont aujourd’hui les anciens combattants du CNDD-FDD (démobilisés) qui commettent des bavures innommables avec la bénédiction de ce service. Dans la réserve naturelle de la Rukoko, plusieurs dizaines de personnes soupçonnées de rouler pour le parti FNL d’Agathon Rwasa ont été fauchées, incognito. Selon des indiscrétions de certains caciques du parti CNDD-FDD, toute démarche rebelle ne peut être que suicidaire aujourd’hui au Burundi. « Nous les tuerons un par un jusqu’à annihiler définitivement cette idée de relancer la guerre, et cette tache sera d’autant plus facile qu’ils n’ont de pays de repli comme avant ; la Tanzanie et le Rwanda qui sont dans la East African Community ne pourront plus leur servir de base arrière, il ne leur reste que la République Démocratique du Congo, or, c’est un pays que nous maîtrisons parfaitement, nous allons les y cueillir et les anéantir », affirment-ils, non sans orgueil.

 



 
     
     
     
     
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