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Actualité du 23 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Tout baigne, selon le ministre Alain Guillaume Bunyoni
Bujumbura le 23 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Côté sécurité, le Burundi n’a
rien à envier aux autres pays avancés sur le double
plan de la paix et démocratie, a déclaré le
général Alain Guillaume Bunyoni, ministre burundais
de la sécurité publique au cours d’une conférence
de presse organisée à Bujumbura pour exposer son
bilan annuel. Le ministre étaie ses propos par les nombreuses
récompenses qui ont été accordées au
Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, en guise de reconnaissance
pour son engagement personnel à pacifier le pays. Mais au-delà de
ce sentiment exagéré d’autosatisfaction, il
y a les faits. Ces derniers sont plutôt accablants, de bout
en bout. Et c’est précisément sur les faits
que portent les questions des journalistes : la hiérarchie
de la police est souvent de mèche avec les fauteurs de trouble.
Quatre officiers supérieurs sont soupçonnés
d’avoir participé à l’assassinat de l’ancien
vice-président de l’OLUCOME, Ernest Manirumva, le
service national des renseignement vient d’être épinglé par
un rapport onusien comme ayant des rapports douteux avec les FDLR
qui sèment la terreur à l’est du Congo Démocratique.
Mais le général Bunyoni défend toujours sa
cathédrale : les policiers impliqués dans tous ces
coups seront poursuivis personnellement sans que tout le corps
de police soit entaché pour autant, je dois vous dire d’ailleurs
que près de 300 policiers sont au noirs en raison des bavures
qui leur sont imputées et s’agissant des officiers
présumés impliqués dans l’assassinat
de l’ancien vice-président de l’OLUCOME, j’invite
les médias et la société civile à aider
la police à les identifier, personne n’est au dessus
de la loi et tous les suspects devront se mettre à la disposition
des enquêteurs », explique le ministre.
Burundi – coopération
Les intimes sont triés sur le volet
Bujumbura le 23 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Le Président burundais, Pierre Nkurunziza, a mis les petits
plats dans les grands pour accueillir en grandes pompes son hôte
de marque, en l’occurrence le Président djiboutien
Ismaïl Omar Guelleh. Il était en visite au Burundi
du 19 au 21 décembre 2009. Comme à l’époque
de la visite du président Tanzanien Jakaya Kikwete Morisho,
les jeunes femmes des communes urbaines et quartiers populaires
de Kinama, Kamenge et Cibitoke (nord de Bujumbura) sont descendus
dans les rues pour applaudir cet hôte de marque au rythme
du yoyo. Les traditionnels travaux communautaires de samedi ont été annulés
pour la circonstance. Le temps de laisser Ismaïl Omar Guelleh
contempler les beaux paysages du Burundi. « J’ai trouvé un
Burundi complètement métamorphosé. Je souhaite
au peuple frère burundais beaucoup le développement,
plus d’unité, plus de démocratie et plus de
joie de vivre. Les Burundais sont apaisés et décidés à reconstruire
leur pays. L’avenir est devant nous », dira-t-il au
bout de son séjour de trois jours. Malgré l’importance
que le pouvoir a voulu accorder à cette visite, le Burundais
Lambda est plutôt resté indifférent. Seul le
Président burundais, Pierre Nkurunziza, tressaillait de
joie et d’allégresse, promettant de lui rendre la
discipline en visitant son pays, Djibouti, avant l’expiration
de son mandat, donc très prochainement. Et pour cause. L’année
dernière, le Chef de l’Etat burundais s’était
aussi rendu à Djibouti. Son ami Ismaïl Omar Guelleh
lui a fait cadeau d’une villa côtière. Il entend
certainement en faire un éventuel point de chute au cas
où, demain, la justice lui chercherait noise en raison des
nombreux dossiers tordus qui lui sont fatalement comptables. Et
le président burundais sait mieux que quiconque qu’il
vaut toujours mieux avoir deux fers ay feu. C’est ainsi qu’en
plus de ses contacts perso avec le Djiboutien, il a des relations
privilégiées avec l’équato-guinéen
Theodoro Obiang Nguema qui, selon « Reporters sans frontières »,
fait partie des « prédateurs » de la liberté de
la presse…et entretient des rapports tendus envers l'ancienne
puissance coloniale qui l'empêche d'exécuter les opposants.
Burundi-réconciliation
Tout passera immanquablement par la vérité
Bujumbura le 23 décembre 09 (SurviT-Banguka)
L’ONG suisse « Initiatives et Changement International » s’investit
dans le rapprochement des Burundais par la thérapie de la
vérité. Cette organisation axée sur le principe
de réarmement moral et du changement de l’individu
est plutôt artisan d’une diplomatie souterraine. Depuis
peu, elle est déjà représentée à Bujumbura.
Mais les différents protagonistes dans le vieux conflit
burundais en ont déjà eu écho, notamment dans
des ateliers organisés subrepticement à Caux, en
Suisse ou à l’occasion d’autres contacts informels
mais vachement efficace. Elle vient donc d’organiser à Bujumbura
un atelier d’échange sur le rôle de la vérité dans
le processus de guérison des blessures du passé.
Le message s’adressait essentiellement aux leaders des partis
politiques, de la société civile et des autorités
publiques. Histoire d’amener les participants à échanger
sur les événements tragiques dont le Burundi a été théâtre
en se disant la vérité. « Notre pays a beaucoup
souffert des tensions et conflits internes qui ont causé des
blessures profondes dans les cœurs de nombreux compatriotes
et la responsabilité en tant que peuple et nation est d’œuvrer
pour panser ces blessures en engageant le Burundi sur la
voie d’une
paix durable…nous devons assumer notre passé commun
et nous dire la vérité de manière absolue »,
a dit, à cette même occasion, Martin Nivyabandi, ministre à la
présidence chargé de la Bonne gouvernance et de la
Privatisation.
De son côté, Louis-Marie Nindorera, consultant, a
indiqué que les blessures du passé créent
de la haine et des ressentiments et débouchent généralement
sur des conflits et des violences. La guérison des mémoires
requiert le pardon et la justice. Or, dire la vérité exige
un environnement sûr et respectueux de la réalité sociale
et culturelle. La vérité rend à chacun sa
propre personnalité.
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