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Actualité du 24 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-réconciliation
Cap sur l’extrémisme pur jus du Président de la Commission Nationale Terres et Autres.
Bujumbura le 24 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Plus extrémiste radical que Monseigneur Sérapion Bambonanire, président de la Commission nationale
Terres et Autres Biens (CNTB), on meurt. Quasiment silencieux depuis qu’il a été nommé à ce juteux et délicat poste
en avril 2011, en remplacement de l’Abbé Kana Aster (décédé), il semble désormais avoir décidé de cracher son concentré
de haine envers une certaine communauté ethnique, symboliquement représentée par les résidants, dans la dialectique
rapatriés/résidents.
En déterrant des décrets présidentiels datant de l’ère Michel Micombero, ce prélat qui se refuse d’évoluer vient en
effet de défrayer la chronique en déclarant que la CNTB est là pour plancher uniquement sur les questions que posent
les « rapatriés ». « En tant que CNTB, nous sommes là pour plancher sur les questions des rapatriés, nous n’avons pas
la mission de nous occuper des questions des résidant qui sont restés sur place et qui ont exploité pendant des longues
périodes les terres des fils du pays qui l’avaient fui parce que le régime politique d’alors les avait contraints à
l’exil ou à la mort », a étonné et détonné Sérapion Bambonanire.
Plusieurs acteurs sociopolitiques se disent navrés par ces propos déconcertants et tranchant curieusement
avec l’esprit et la lettre de la loi fondamentale (constitution) et de l’Accord d’Arusha. «C’est un extrémiste qui n’est
pas à sa place : il veut faire reculer le Burundi qui marquait déjà des points sur le terrain de la réconciliation, nous
pensons que le Chef de l’Etat devrait le démettre s’il ne gaffe pas sur sa commande», a réagi le Délégué Général du Forum
pour le Renforcement de la Société civile, FORSC.
Selon Zénon Nicayenzi de l’Institution des Bashingantahe, ce religieux devrait rapidement retirer ses
propos : «En réalité cette Commission a la mission de jouer de médiation entre les deux parties, dans le seul souci de
satisfaire les rapatriés et les résidants », explique-t-il.
Comme pour prouver qu’il torpille le processus sur commande, Monseigneur Sérapio en rajoute une autre couche en indiquant
que les décisions de la CNTB ont force de loi et que la partie qui se sent lésée ne s’en remet qu’au Président de la
République. « La justice burundaise n’a pas le droit de nous contredire dans nos décisions », a encore déclaré le
Président de la CNTB.
A ce niveau, il est en contradiction avec les textes instituant les missions et le fonctionnement de la Commission.
« Si une des parties en conflit n’est pas satisfaite par les décisions de la Commission, elle peut saisir des instances
judiciaires ; c’est prescrit noir sur blanc dans les textes régissant la CNTB, je pense que le président de cette structure
a perdu les pédales », conclut Zénon Nicayenzi.
Actualité du 24 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le Ministre de l’Intérieur en guerre contre les partis politiques.
Bujumbura le 24 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Le Chef de l’Etat burundais a promulgué la nouvelle loi sur les partis politiques en septembre 2011.
Les concernés ne l’ont su que la semaine dernière. Ils espéraient encore discuter avec le Gouvernement pour arriver à
changer quelque chose dans le souci d’écarter tout risque du retour quasi certain au monopartisme de fait.
En effet, ils disent qu’ils avaient encore des questions à poser, notamment au sujet des listes des membres fondateurs
qui doivent être actualisés et présentés de nouveau au Ministère de l’Intérieur. Au moment de l’adoption du projet de
loi y relatif, les députés avaient rassuré les leaders des partis de l’opposition en indiquant que la disposition en
rapport avec les membres fondateurs ne concerne pas les partis déjà agréés depuis longtemps. Mais le Ministre de
l’Intérieur tient à avoir toutes les listes actualisées avant le 5 mars. Il demande aux responsables des parts
politiques de montrer tous leurs biens avant le 25 mars 2012.
Pour nombre d’acteurs politiques, autres que ceux du CNDD-FDD, le Ministre de l’Intérieur a été missionné
par le pouvoir pour détruire l’opposition. « Au niveau du FRODEBU, je dois dire que la plupart des membres fondateurs ont
été emportés par la crise, à commencer par Melchior Ndadaye, Pontien Karibwami, etc. nous ne pouvons donc pas trouver leurs
dossiers et nous n’avons rien à prouver au Ministre de l’Intérieur, nous savons simplement qu’il veut se débarrasser des
leaders des partis qui sont en exil comme Agathon Rwasa, Léonard Nyangoma, etc. », a fait remarquer Léonce Ngendakumana,
président du parti SAHWANYA-FRODEBU.
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